LIEUX DK FABRICATION. LONGUEUR. LARGEUR. ÉPAISSEUR. POIDS LE MILLE
Bourgogne 0™220 0™107 0'"055 2260 kilogr.
Montereau 0“220 0'»107 0'»048 à 0"'050 2063 »
Paris 0'“220 O"1 107 0°>044 à 0'»045 1804 »
Sarcelles 0'"210 0">095 0"'050 1760 »
SolillS O'“220 0‘" 1 07 0'"048 à 0“>050 2063 »
Il y a des briques qui résistent au feu ; on s’en sert pour la construction des appareils métallurgiques et des fours; ces briques, nommées réfractaires , sont composées d’argile pure, sans chaux et sans fer.
Il y a aussi des briques creuses qu’on emploie pour les légers ouvrages ; elles ont la forme prismatique des autres briques ordinaires, mais elles ne sont pas entièrement creuses, elles ont des cavités selon leur longueur, formées par des cloisons longitudinales (voyez fig. 38, page 74).
Pour former les conduits de cheminée dans les murs , les tuyaux de fosse d’aisances, etc., on se sert de poteries de formes et de dimensions diverses , qu’on place en les ajoutant les unes sur les autres jusqu’à la hauteur voulue.
Enfin, il y a des murs isolés, qui n’ont rien à supporter audessus d’eux et qui n’enceignent que de très-vastes espaces, comme parcs, jardins, cours, etc. Ces murs doivent surtout être construits en matériaux de qualité durable, inattaquables à la gelée et à la pluie. Dans certains pays de l’Europe, et surtout dans le sud', on élève ces murs d’enceinte pleins jusqu’à une hauteur de 1 à 2 mètres : au-dessus de cette élévation on les construit à jour en formant diverses combinaisons au moyen de la brique ordinaire.
Ces murs isolés d’enceinte doivent toujours recevoir une couverture pour préserver leur sommet des eaux pluviales et de la gelée; cette couverture s’appelle couronnement, mot qui s’applique aussi à la terminaison de tout mur qui n’est pas couvert par le toit d’un bâtiment. Ces couronnements peuvent être
DE l’éfaisseür des murs.
en pierres de taille, en briques, en poteries , en tuiles, en ardoises, etc. Quand un mur est mitoyen, e’est-à-dire quand une moitié du mur, en longueur et en hauteur, appartient à un propriétaire, et l’autre moitié à un autre propriétaire, on fait le couronnement en forme de toit à deux pans ou deux rampants (lig. 30), afin que l’eau qui tombe sur le mur soit partagée de moitié entre les deux propriétaires.
Fig. 41. Fig. 42.
La couverture d’un mur se nomme aussi chaperon quand ce mur, comme nous venons de le dire, a deux
Kig. 29. Fig. 40.
égouts ou larmiers à l’extrémité inférieure de chacun des petits
rampants. Quand le mur n’a qu’un propriétaire, il n’a qu’un égout et un rampant dont la chute est du côté de la propriété (fig. 40). Plus les matériaux employés au couronnement d’un mur d’enceinte sont durs, moins on est obligé de leur donner de pente; plus ils sont tendres, plus aussi leur pente doit être rapide.
La forme et le volume des murs dépendent de leur destination et de l’usage qu’ils doivent faire ainsi que de leurs rapports avec l’ensemble de la construction.
De l'épaisseur des murs.
Il n’y a pas de lois absolues pour l’épaisseur des murs et des piliers, parce que ces lois sont soumises à diverses exigences et conditions qui varient à l’infini selon les circonstances.
Nous n’appellerons donc l’attention du constructeur que sur les conditions essentielles qui régissent cette question, et que nous ne lui indiquerons que comme jalons qui pourront le guider dans certains cas.
L’épaisseur d’un mur dépend de la charge qu’il doit supporter ainsi que du poids des matériaux dont il est formé. Quant à la charge verticale, il y a à considérer la stabilité compressive des diverses assises horizontales du mur par rapport à leurs sections transversales. Tantôt c’est l’assise inférieure qui a à supporter proportionnellement la plus forte
LA SCIENCE UES CONSTRUCTIONS
charge, tantôt c’est une assise plus élevée qui supporte cette charge, quand par exemple le mur contient des baies de porte, de fenêtres, etc. La résistance d’un mur à la charge qu’il porte dépend des matériaux principaux dont il est construit, de la bonne liaison ou appareil des pierres naturelles ou artificielles dont il est formé, et enfin du mortier destiné à faire de cette agglomération de substances un tout compact. Le cas se présente très-rarement où l’épaisseur d’un mur est déterminé par sa seule stabilité, parce que généralement d’autres exigences commandent une épaisseur plus forte et autre que celle requise par la stabilité naturelle , tandis que les dimensions des piliers isolés, qui ne sont assujettis qu’à une pression verticale peuvent facilement se déterminer. Nous ferons remarquer que ces piliers ne doivent avoir qu’une hauteur proportionnelle à leur superficie horizontale pour les empêcher do se rompre. Dans aucune construction on ne rencontre de piliers en pierre qui aient au delà de onze fois leur épaisseur pour élévation. Les murs qui sont montés à une hauteur plus considérable que onze fois leur épaisseur doivent être retenus dans leur à-plomb ou position normale par des chaînes et des annexes.
L’épaisseur des murs est encore déterminée d'après l’assiette suffisante qu’ils doivent avoir pour résister à la pression oblique effectuée par le vent et les ouragans, la poussée des voûtes ou celle d’autres parties de la construction, telles que poutres, solives, etc. Quant à ce qui concerne la stabilité pour les cas ordinaires de murs isolés ou de piliers, ils sont réputés solides et fermes quand ils ont pour épaisseur de 1/6 à 1/8 de leur élévation, d’une solidité moyenne quand ils ont 1/10 d’épaisseur de leur hauteur et enfin d’une solidité douteuse s’ils n’ont qu’un douzième dé leur élévation pour épaisseur.
Indépendamment de l’élévation des murs et de son rapport à l’épaisseur, la longueur des murs isolés influe aussi sur l’épaisseur qu'on doit leur donner. Un mur d’une longueur considérable, par exemple, est sujet à des oscillations pendant de fortes tempêtes , et ces oscillations longtemps continuées compromettent l’aplomb des murs. Quand leur longueur est infiniment plus considérable que leur élévation , il est d’usage de les renforcer par leur épaisseur elle-même, ou par des piliers
de l’épaisseur des murs.
ou des contreforts élevés à des distances égales les uns des autres. Si les matériaux sont rares et par conséquent coûteux, il sera convenable d’employer le dernier moyen pour la consolidation des murs isolés ou d’enceinte. Ce que nous venons de dire s’applique non-seulement aux murs de clôture ou autres murs isolés, mais encore à des murs de pourtour ou de face qui ne sont point reliés et consolidés par des murs transversaux ou de refend, ou maintenus dans leur aplomb par des couvertures sans poussée. Ordinairement les murs des bâtiments sont consolidés et reliés entre eux par des murs transversaux ou de refend et ces derniers contribuent puissamment à la stabilité des murs de pourtour.
L’épaisseur des murs peut encore être modifiée par la dimension des matériaux à employer. Des murs en brique, par exemple, peuvent être construits en une demi , ou en une brique entière , en une brique et demie et en deux briques. On peut élever des murs en pierres de taille de toutes épaisseurs, tandis qu’on ne donne qu’une épaisseur déterminée aux murs en moellons, qui ne dépasse guère 0"’, 48 ù O"1, 50, à cause des parpaings qu’ils nécessitent , et qui dans leur langueur ne dépassent pas ces mesures ordinairement. Quant aux mursen pisé, ondoitleurdonner une épaisseur de O"1, 3a et mieux encore deOm,48, lorsque le pisé est à la chaux. Dans le cas ou le pisé serait à la chaux hydraulique, comme on le pratique dans quelques parties de l’Allemagne , on peut ne donner à ces murs que 0m,15 à 0m,17 d’épaisseur.
Il sera prudent de n’élever les murs en pisé de terre argileuse qu’à une hauteur de 5 à 6 mètres, les murs en pisé à chaux qu’à deux étages. Les murs en briques et en pierres peuvent être montés à des hauteurs indéterminées quand on leur donne une épaisseur en rapport avec leur élévation.
Il résulte d’une infinité d’observations faites par l’architecte Rondelet et consignées dans son grand ouvrage intitulé : Traité théorique et pratique de l'art de bâtir, qu’on peut se servir des calculs suivants pour déterminer les épaisseurs à donner aux murs.
Supposez le rectangle ABCD, fig. 43, la face d’un des grands murs qui doivent renfermer l’espace rectangulaire EFGH. Tirez la diagonale BD et portez dessus de B en «/la huitième partie de
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
la hauteur AB, si l’on veut lui donner beaucoup de solidité, la neuvième ou dixième partie pour une solidité moyenne, et la onzième ou douzième pour une construction légère. Si par le point don mène une parallèle à AB, l’intervalle compris entre cette parallèle et la ligne AB indiquera l’épaisseur à donner aux grands murs EF, GH, dont la longueur est égale à AD. '
Fis. 43.
On aura l’épaisseur des murs EG, FH, en portant leur longueur de A en D', et, après avoir tiré la tiré la diagonale BD', on opérera comme pour les premiers.
On peut encore déterminer par le calcul l’épaisseur des murs que nous avons trouvée géométriquement. Faites une figure en proportion comme pour les exemples précédents et une simple règle de trois. La figure étant faite sur une échelle assez grande pour indiquer les centimètres, on mesurera avec cette échelle la longueur de la diagonale; connaissant par ce moyen les trois côtés du triangle ABD semblable au petit triangle B de, on aura BD est à Bd comme AD est à ed. Exemple :
Supposons que la longueur du mur désigné par AD soit de 20 mètres et sa hauteur AB de 10 mètres, on trouvera la longueur de la diagonale de22"’,50; en prenant la neuvième partie de la hauteur AB, ou 4"', 44 pour l’épaisseur à porter sur la diagonale de B en d, on dira : si 22m,50 donnent t-,44, combien donneront 20 mètres, et on trouvera pour la valeur de ed 4 mètre.
Autre exemple : supposons la longueur du mur AD de 9m ,09 et sa hauteur 3m .89, on trouvera la longueur de la diagonale de 9m,90; en prenant la neuvième partie de la hauteur, ou
de l’épaisseur des murs. 437
O1”,^ pour l’épaisseur à porter sur la diagonale, on dira : 9m,90 : 9m,09 :: 43 : X, et l’on trouvera 0,n39.
Cependant , nous le répétons, comme dans la composition des édifices et des maisons les murs se combinent les uns avec les autres, il en résulte qu’avec une moindre épaisseur que celle trouvée parla règle précédente, ils peuvent quelquefois avoir une stabilité suffisante.
11 est facile de concevoir aussi que la résistance d’un mur placé entre deux autres murs sera d’autant plus grande que ces deux murs seront plus près l’un de l’autre; de manière que dans un rapprochement extrême le déchirement serait impossible, et que dans un grand éloignement la partie du milieu ne résisterait guère plus qu’un mur isolé.
Les murs qui renferment un espace sont dans le cas du mur précédent, parce qu’ils se soutiennent mutuellement par leurs extrémités : ainsi leur épaisseur doit augmenter en raison de leur longueur.
Dans les maisons ordinaires, où la hauteur des planchers ne dépasse pas 3'", 90 à 4m,90, pour trouver l’épaisseur des murs intérieurs ou de refend, il ne faut avoir égard qu’à la largeur de l’espace qu’ils divisent et au nombre de planchers qu’ils ont à soutenir. Quant aux murs de face, qui sont isolés d’un côté dans tpute leur hauteur, il faut avoir égard à l’épaisseur du bâtiment et à son élévation. Ainsi un corps de logis simple exige des murs de face plus épais qu’un corps de logis double de même genre et de même hauteur, parce que leur stabilité est en raison inverse de leur largeur.