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FONDEMENTS DANS L’EAU

nerie supérieure. Un moyen meilleur pour l’emploi des cailloux , c’est de les concasser d’une grosseur moyenne, et de les placer dans les tranchées à sec, c’est-à-dire mm mortier ; alors ils forment un fond solide et inflexible. Si les matériaux ne con-

sistaient qu’en petits cailloux, il faudrait employer du mortier déciment, en sorte que le tout formerait une masse compacte et solide, et dans ce cas la grandeur, la forme et la taille des matériaux importeraient peu.

Kig. 50.

Dans la construction en brique, éloignez autant que possible les joints intérieurs des faces de la maçonnerie; on établit ordinairement les empâtements par de simples assises de briques; il faut ensuite que les faces d[empatement ne présentent que des lar-

geurs de briques, c’est-à-dire unedemibrique à plat, et qu’elles n’aient en saillie les unes sous les autres qu’un quart de brique, excepté dans les cas où les murs n’auraient que 22 centimètres d'épaisseur.

Si l’on désirait étendre longitudinalement l’empâtement et y introduire une liaison dans ce sens, il faut alors que les assises aient double rang de

•briques, dans lesquels les boutisses doivent être placées au-dessus des panneresses, lesquelles formeront le rang inférieur. Voyez les fig. 50, 51, 52 et 53.

11 semble presque superflu d’ajouter

que les briques employées dans les

empâtements doivent être aussi dures que possible et avoir un son clair et sonore. Quant à l'assise de fond de l’empâtement de briques, il est convenable de toujours la construire en

Fig. 53.

un double rang de briques.

LA SCIENCE DES CONSTKUCTIONS

On ne saurait apporter assez de soins à l’établissement des assises formant empâtement d’un bâtiment quelconque , car c’est de cet établissement que dépend la solidité de l’œuvre. Si les rangs inférieurs ne sont point solidement fondés , régulièrement posés, si des fentes ou des vides sont baissés dans les assises de la maçonnerie , am si les matériaux eux- mêmes sont de mauvaise qualité et mal liés, tôt ou tard les funestes effets d’une mauvaise construction se feront sentir, et souvent tous les efforts pour y remédier seront inutiles.

Avant de terminer ces observations sur les empalements, il faut signaler un système imprudent dans l’emploi d’arcs renversés établis sous des baies ou de grands espaces vides, système vicieux qui conduit souvent à de sérieux accidents. L’arc renversé ne devrait être employé que lorsqu’on peut lui donner deux points d’appui ou deux culées, une de chaque côté. S’il est pratiqué â l’angle d’un bâtiment, comme l’indique la fig. 54 l’effet d’un tassement quelconque fera dévier l’encoignure de la verticale, comme l’indique la même figure dans laquelle on a un peu exagéré les lignes ponctuées alin de mieux faire comprendre l’effet qui se produit.

Dans les cas où le terrain est mou, où une grande étendue de base est utile et nécessaire, la dépense pour le développement des travaux de maçonnerie étant considérable , appelle une méthode moins dispendieuse; il y en a de trois sortes : 1°on établit un large empâtement en charpente, lequel, par la nature de la matière dont il est formé, peut sans danger être prolongé à une distance assez considérable en avant de la maçonnerie supérieure, sans crainte d’être rompu par des chocs ou accidents extérieurs. — 2° On étend une couche de béton, qui peut être considérée comme un empâtement formé de pierre artificielfe, n’ayant à la vérité que peu de solidité dans le sens transversal ou largeur, ce qui oblige d’étendre cette couche d’une certaine épaisseur et proportionnelle à sa saillie sur la maçonnerie. — 3° Enfin on peut bâtir sur une couche de sable ou autres matériaux semblables qui , s’appuyant contre les côtés verticaux et le fond des tranchées, ré-

PE l’emploi des madriers pour fondements. 163

partissent le poids de la construction supérieure sur une surface étendue et opposant résistance.

I»c l'emploi dea madriers pour fondements.

Quand on élève des bâtiments sur un sol mou, et lorsqu’une surface grande est nécessaire pour les supporter convenablement, on a très-souvent recours à l’emploi de madriers, mais alors seulement que le bois n’est pas exposé de pourrir. Si le sol est humide et si le bois est sec, il y a peu de danger; mais si le terrain est sec, ou bien s’il est exposé à l’alternance de l’humidité et de la sépheresse, il ne faut pas employer de bois sans auparavant lui avoir fait subir une opération pour assurer sa conservation. On trouvera dans ce livre quels sont les moyens de conservation des bois, et nous renvoyons à l’article qui en fait mention, page 92 et suivantes.

Le grand avantage du bois, c’est qu’il résiste à des actions transversales, c’est-à-dire d’équerre sur sa longueur, soit verticales, soit horizontales : il cède d’une manière presque insensible, et pour cette raison on peut le faire servir à un empâtement très-étendu, sans pour cela augmenter à l’excès les assises fondamentales de la maçonnerie. La meilleure manière d’employer le bois en dessous des murs, c’est de les couper en petites longueurs, et de les placer en travers de la fondation, c’est-à-dire d’équerre sur les murs et reliés en longueur par des bois longitudinaux, ayant pour épaisseur celle de la première assise de maçonnerie, et solidement chevillé et cloué sur les

On pose souvent les madriers sur des traverses ou supports, et l’espace vide entre les traverses est rempli de terre fortement damée ou pilonnée. Mais ce système exige de grandes précautions : il n’est pas sansdangers’iln’estqu’imparfaitement exécuté. Il vaut donc mieux combler le vide

madriers de fond ( fig. 53).

LA SCIENCE DES CONSTRCCTIONS

de béton jusqu’à la face supérieure des traverses, afin que les madriers soient appuyés entièrement sur une surface solide et bien de niveau.

I»c l'emploi du «aille et du béton pour fondementa.

Depuis des siècles on s’est servi de sable comme moyen de répartition du poids en construction. Il peut sembler paradoxal au premier abord qu’une matière pour ainsi dire liquide, sans cohésion de ses particules, proverbiale à cause de son instabilité, puisse être d’une utilité quelconque dans les fondements des constructions, et surtout quand on réfléchit que le sable ressemble beaucoup à un fluide et que non retenu il peut à peine être maintenu sur une pente quelconque. C’est toutefois à ces propriétés que le sable doit sa valeur et son importance, qui consistent à répartir le poids placé dessus non-seulement dans une direction verticale , mais encore dans un sens horizontal , la pression latérale exercée sur les côtés des tranchées de fouille allégeant considérablement la pression qui s’opère sur le fond. Il est presque inutile de faire observer, pensons-nous, que le système de fondation au moyen du sable est impraticable dans un terrain très-mou ; car le sable tend à s’abaisser et s’enfoncerait peu à peu. Dans tous les cas où le sol serait mou mais cependant d’une consistance moyenne ou passable, en sorte que le sable se maintiendrait nous dirons emprisonné, l’usage du sable offre plusieurs avantages quant à la dépense et à la solidité de l’œuvre.

Il va deux manières d’employer le sable, en couches ou en piles. — Si on veut en former un tapis ou plate-forme , il faut commencer par enlever le sol mou à 60 ou 90 centimètres de profondeur : on y jette alors le sable, qu’on a soin de bien pilonner par couches et par parties à mesure qu’il y est introduit : celle opération est nécessaire pour forcer le sable à se loger contre les parois verticales de la fouille. Si ce travail est bien fait, tout le tassement, s’il y en a, se fera uniformément. La surface supérieure de la couche de sable peut être protégée de différentes manières, soit en employant des matériaux, soit en la pavant, soit autrement, suivant les matériaux qu’on a

DE l’emploi DU BÉTON DANS LES FONDEMENTS. lfi”

à sa disposition. Il faut avoir soin que le fond de la maçonnerie à élever sur les fondements soit à une profondeur telle qu’il se trouve à l’abri de toutes eaux venant de la superficie supérieure du sol ou de toute autre cause de ruine.

L’emploi du sable en piles verticales est un moyen peu dispendieux et très-efficace d’établir des fondements dans des cas où l’on ne pourrait et où l’on ne voudrait pas, pour une cause ou une autre, faire usage de madriers. Cependant le sable en piles ne serait pas suffisant dans un terrain meuble ou humide, car le sable se ferait jour à travers le sol avoisinant.

On fait les piles de sable en chassant en terre des pieux en bois de moyenne longueur; on les en retire ensuite et les trous qu’ils laissent sont remplis de sable , qu’on a soin de bien pilonner, afin qu’il remplisse et garnisse entièrement le vide. Dans les cas où la solidité des piles ou pieux est due à la pression du sol qui les entoure, les piles en sable sont préférables aux pieux en bois par les raisons suivantes : un pieux en bois n’effectue la pression que dans le sens vertical; il n'exerce aucun effet latéral sur le sol à travers lequel il passe, excepté dans le moment où il est chassé; mais la pile verticale de sable agit d’une autre manière; elle communique la pression non-seulement au fond du trou qu’elle fait, mais encore aux côtés du trou qu’elle remplit. Elle agit donc par conséquent sur une forte étendue de surface qui doit supporter.

La disposition à donner au sol au-dessus de la tète des piles de sable est très-simple. On peut le couvrir de madriers , de béton, de maçonnerie, afin d’empêcher le sable de monter et de s’échapper, ce qui résulterait infailliblement de la compression latérale exercée par les piles. Sur la plate-forme ainsi formée , on élève la maçonnerie comme d’habitude.

Il est bon d’étendre une couche de cailloux concassés, de gravier, de glaise cuite ou de toute autre matière dure semblable, au dessus delà superficie des fondements.

Me l’emploi du béton dam les fondements.

Le béton est une agglomération, un amas artificiel ou poudingue, dont les cailloux ou éclats de pierre qui en forment le

LA SCIENCE DES C(lNSf UUCTIONS.

plus grand volume sont mélangés avec le mortier, fait en chaux hydraulique. Le béton est principalement employé dans des ouvrages sous-marins, et sert de maçonnerie ordinaire dans les endroits où le sol ne peut être desséché.

Pour pouvoir donner aux terrains compressibles un certain degré de résistance, on y enfonce de distance en distance, dans les tranchées de fouille, un pieu en bois, qu’on retire aussitôt pour remplir l’alvéole qu’il laisse avec du béton fortement pilonné au fur et il mesure de la pose. On fait autant de res pieux en béton que cela est nécessaire pour rendre le sol résistant, puis on recouvre ce sol d’une couche de béton bien pilonnée.

Le pieu qu’on enfonce doit avoir de 1 mètre à 1"',60 de longueur, et de 0n‘,18 à 0”',2a de diamètre à la partie supérieure; sa tête doit être garnie d’une frette en fer, pour résister au choc du mouton ou du maillet, et il est percé d’un trou dans lequel on passe une pince ou une barre de fer, qui sert, pendant Ië battage, il remuer et à tourner le pieu au fur et à mesure qu’on l’enfonce, de manière à lisser les parois de l’alvéole et à leur donner une certaine consistance, qui permet la pose du béton sans qu'elles s’éboulent; ce mouvement imprimé au pieu le rend facile à retirer quand il est entièrement enfoncé.

On conçoit que sur un sol consolidé par des pieux en béton on peut encore faire usage d’une plate-forme en bois pour bien répartir la pression ; mais le plus souvent on emploie une couche de béton assez forte pour qu’elle ne puisse se briser.

Il n’y a pas de difficulté comme on voit dans l’emploi du béton hors de l’eau ; mais il n’en est point ainsi quand il doit être utilisé dans le grand élément liquide. Quoique le cadre de cet ouvrage soit restreint, et qu’il ne doive pas entrer dans des détails qui ne se rapportent pas directement à la construction ordinaire, nous croyons cependant convenable de consacrer quelques paragraphes à l'emploi du béton dans l’eau. Un propriétaire peut avoir une construction à élever au bord d’un lac , d’un ruisseau ou d’un fleuve; il peut vouloir faire un pont dans son parc. Nous allons donc l’aider dans ses opérations et le mettre à même d’exécuter ses projets.

Dans les localités où la pierre est rare, on a substitué avec

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