DES PIEDX OU PILOTIS
Ion à 4 mètres : chaque sonnette battait 48 pieux; dont celle à tirandes mit 28 jours et l’autre seulement 18 à faire cet ouvrage. Il s’ensuit donc que la sonnette à tirandes nécessitait pour un même travail huit fois plus d’ouvriers et qu’elle employait plus d’un tiers de temps de plus que la sonnette à déclic et à détente. Si l’on considère encore que quatre ouvriers employés aux manivelles d’un treuil convenablement établi sont capables d’élever un mouton pesant de 5 à 600 kilogrammes à 3m, 75 jusqu’à 7™, 50, on verra l’avantage qu’il y aura à se servir de la sonnette à déclic et à détente pour des fondements de quelque étendue.
La tête ou couronne de tout pieu ou pilotis doit être armée d’un cercle de fer pour l’empêcher d’éclater. Quand le battage s’est prolongé sur un pieu , ses fibres sont comprimés et deviennent spongieux; cet état forme un lit mou, qui nuit à l’effet du mouton. Il est convenable de couper alors le pieu jusqu’au bois ferme, et de le fretter de nouveau avec grand soin avant de continuer le battage.
De* pieux ou piloti*.
Il résulte de nombreuses expériences sur la résistance des bois, que des cubes en bois posés debout, c’est-à-dire dont la direction des fibres est verticale , ne sont écrasés que lorsqu’on charge le centimètre carré
pour le chêne, de 384 à 461 kilogrammes, id. sapin, de 438 à 461 id.
La compression qui précède l’écrasement est de 1/3 pour le bois de chêne et de la 1/2 pour le bois de sapin, de leur hauteur. Or comme la résistance des bois debout ou des pieux diminue dès qu’ils commencent à plier et qu’ils plient d’autant plus qu’ils ont de longueur, cette diminution dépend de la hauteur et de la surface transversale. Rondelet donne la progression suivante de la force des bois dans le rapport de leur hauteur ou longueur avec leur surface :
LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS
Rapport (le la liauteur k la
superficie horizontale 1
Rapport de leur résistance. . 1
Force du bois de chêne et du
bois de sapin en kilogrammes par centimètre carré. 420
Pour que cependant ces expériences puissent trouver leur application dans la pratique, llondelet donne pour règle, en supposant qu’il se trouve une infinité de circonstances qui peuvent doubler ou tripler l’effort d’un poids ou d’une charge, qu’il est prudent de ne compter la force d’un poteau dont la hauteur n’excède pas dix fois la longueur de sa base, qu’à raison de 48 kilogrammes par centimètre carré , et pour un poteau dont la hauteur serait de quinze fois la longueur de la base seulement 38 kilogrammes par centimètre carré.
Si l’on admet pour la stabilité d’un pieu 1/7 du poids qu’il faut pour l’écraser, on aura les nombres du tableau suivant, que Rondelet indique comme poids pour les bois selon le rapport de leur hauteur à la plus petite superficie de leur face transversale.
Rapport de la longueuràla plus petite super, transversale ....
Charge en kilogrammespar cent, carré.
Quant aux pieux, en s’aidant du résultat des expériences faites par Rondelet, on pourrait trouver un guide dans les essais faits par Hodgkinson sur la résistance des bois de forme cylindrique posés verticalement dans la direction longitudinale de leurs fibres. Hodgkinson a trouvé par des expériences faites sur des bois de forme cylindrique de 25,4 millimètres de diamètre et 50,8 millimètres de hauteur, dont la hauteur était par conséquent double du diamètre de la surface transversale, les résistances des bois comme il suit :