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CHAPITRE III

Maçonnerie. — Construction en brique.

Les murs en brique sont formés d’abord par les briques et ensuite par le mortier. Les briques constituent la masse des murs , le mortier est destine à combler les interstices qui sont formés par l’assemblage des briques, et le mortier est encore destiné à lier les briques entre elles pour en faire un tout homogène et compacte. Il va de soi que pour faire de bons murs en brique il faut que les matériaux soient d’une bonne qualité. Il importe donc beaucoup que le constructeur apporte un grand soin dans le choix de ces matériaux. Ensuite il faut avoir encore soin que les joints formés par le mortier ou par toute autre espèce de matière pour former liaison, ne soient pas trop épais; il faut en outre que la liaison soit appropriée au but que les murs doivent remplir, et entin il faut prévoir les inconvénients auxquels les diverses liaisons seront exposées dans la suite.

Les dimensions des briques donnent ordinairement l’épaisseur des murs. Cependant cette épaisseur peut varier et faire exception à la règle. Toute brique a une épaisseur déterminée, que nous indiquerons par la lettre e; cette épaisseur est de O”, 045 à ,ü“'055; elle a ensuite une largeur, que nous indique, rons par la lettre l : celte largeur est double de l’épaisseur; elle a enfin une longueur, que nous indiquerons par la lettre L, longueur qui est double de sa largeur. La mesure de la brique prismatique sera donc dans la proportion suivante :

La déviation de la forme mathématique rigoureuse dans la cuisson de la brique fait que tout en posant les briques les unes à côté des autres, il y aura toujours des intervalles; ces irrégularités sont compensées par la liaison ou mortier employé. Afin que la pression d’en haut se fasse également sentir sur les pierres ou briques inférieures, il faut veiller à ce que chaque brique ait un lit égal de mortier, c’est-à-dire que la mince couche de mor-

lier sur laquelle on pose la brique, soit étendue sur la superficie inférieure qui doit recevoir la brique supérieure. En thèse générale, l’épaisseur des joints dépend du plus ou moins de régularité des briques, et ensuite de la nature plus ou moins graveleuse du sable avec lequel est formé le mortier.

L’épaisseur des joints dans une maçonnerie soignée peut être 0m, 01 et ne doit pas dépasser 0m, 013.

Il faut commencer par étendre avec la truelle une couche de mortier sur le lit de pose, y poser ensuite la brique qu’on frotte sur le mortier ou qu’on frappe avec la truelle jusqu’à ce qu’elle ait pris une position stable.

Il fautque les murs en brique soient élevés par assises horizontales qui s’alignent au cordeau et qui prennent le nom de las. Les joints verticaux seront remplis de mortier au moyen de la truelle; l’exacte juxtaposition des matériaux est obtenue par le choc ou le frottement de la brique dans le mortier ou toute autre espèce de liaison.

Pour bien lier et consolider les briques entre elles, il faut avoir soin que les joints verticaux ne tombent pas l’un sur l’autre, mais qu’ils alternent.

Quand la brique est de bonne qualité on peut l’employer pour élever des cloisons portant charpente. La brique se pose alors à plat , et brute ; elle donnera une épaisseur de cloison égale à sa largeur (de 0m, 107), ou demi-brique, sans enduit des deux côtés, bien entendu.

la» LA SCIENCE DES CONSTRUCTIONS.

Voici comment se fait ce genre de construction en brique :

Pour des cloisons qui n’ont point de charpentes à porter, on peut employer la brique sur champ, c’est-à-dire placée sur son épaisseur, ainsi que le montre la fig. 77.

Lafig. 76. donnera des assises de 0,D,045 à 0m,035 de hauteur et la fig. 77 en donnera de0m,t07 environ, sans compter l’épaisseur des joints.

La fig‘ 78 offre ^a ma”

' j |||[|, ■ nière de poser

Pi® -J lljiiiillil! H en briques

i1 I HT — ™ pour former

un mur nommé d’épaisseur

Dans ce cas c’est la longueur de la brique qui forme l’épaisseur du

Un mur d’épaisseur de brique peut aussi être formé par des briques en travers comme celles de la fig. 79, alternant avec deux briques à plat , formant la largeur du mur au moyen de leurs deux largeurs réunies.

On élève des murs en brique et demie d’épaisseur : dans ce cas on place en travers une longueur de brique contre la-

quelle s’appuie une brique en largeur fig. 80. A est une assise et B en est une autre ; elles doivent ainsi alterner afin de contrarier les joints et former une bonne liaison.

Un système compliqué de croisement de joints et qui offre la meilleure de toutes les liaisons dans la maçonnerie en brique , est ce

qu’on nomme liaison en croix, ou liaison cruciforme, ou en losange , parce que effectivement dans cet appareil on voit paraître de distance en distance des croix de Saint-André.

Supposons un mur d’une brique d’épaisseur; admettons que la première assise soit formée des briques dont la plus petite face se présente a nous ; au-dessus de cette première assise s’en élevera une autre de briques qui nous font voir leur plus longue face; une troisième assise sera la répétition de la première : mais (fig. 81) la quatrième assise ne sera pas la répétition de la seconde. Les briques seront posées dans la môme direction que celles de la seconde assise, c’est-à-dire en longueur, mais non comme nous l’indiquons par l’assise ponctuée , et non les joints aaa perpendiculaires sur les joints AAA de la seconde assise. Ces joints au contraire devront tomber au milieu des briques oooo de la seconde assise, ainsi que le

régulièrement les croix de St-André dont nous avons parlé.

Fig. 84.

Fig. 15.

La figure 84, fait voir un mur en liaison cruciforme de deux briques d’épaisseur.

Les bons ouvriers briqueleurs construisent en liaison cruci forme, les médiocres se contentent du système où toujours les assises 1, 3,5, etc.; 2, 4,6, etc. (lig. 83) se ressemblent, comme Je montre la ligure

Nous avons main-

Plg. sa.;

tenant à nous occuper des tètes de mur ou angles de maçonnerie de brique et des retours d’angle.

Nous commencerons par un angle d’après le système de liaison

en croix.

Supposons qu’il s’agisse d’arrêter l’appareil en question dans un plan vertical en AB

Fig. «T.

(fig.85),pas-

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