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Le temple du Nouvel Empire

L ARCHITECTURE EllYI'ITEXXE

Tant que celle-ci ne fut qu'un misérable abri et que les rites restèrent rudimentaires, les dieux — nous le savons par la représentation que les signes hiéroglyphiques donnent du sanctuaire primitif — se contentèrent de modestes chapelles à l'image, selon les époques, de la butte en clayonnage lu té, avec de la boue ou de la case en briques et en bois, qui suffisaient aux hommes : l'édicule occupa il le centre d'un enclos palissade et, devant sa porte, se dressaient deux mâts (28. i).

Quand le progrès de la civilisation eut entraîné un agrandissement et une distribution du louis égyptien, aussitôt les dieux en bénéficièrent.

Et d'abord le Soleil obtint de la piété des Pharaons ses fils, l'hommage d'édifices imposants, dont nous possédons un spécimen dans le temple d'Abou-Gourab, près d'Abousir (28, n). Sur la plate-forme d'un haut soubassement artificiel, une cour rectangulaire '1011 m. X 75 m.) dont le grand axe était orienté d'est en ouest, était délimitée par une suite de chambres et de magasins. Sa partie orientale, au voisinage de l'entrée, était aménagée en abattoir pour les sacrifices; vers le centre, elle portait un autel massif, long de 5m,50, large de 6 mètres, haut de lm,20; à l'ouest, enfin, se dressait, culminant à une trentaine de mètres, un tronc de pyramide que surmontait un obélisque, symbole du dieu.

Cependant, dès les temps lointains de l'Ancien Empire — témoin les temples funéraires de Képhren à Gizeh (temple de Granit ou du Sphinx) et de Néouserré à Abousir — existait en puissance le temple égyptien normal, que devait mettre au point la grande époque thébaine (2H,

Le temple de l'époqui ptolémaïque.

I. Temple d'Halhor, à Dendérah. — II. Temple d'Horus. ;» Edfou. (1. Vestibule. 2. Salle hypostyle. 3. Saint des Saints.) — III. Deuxième étage îles cryptes dans l'épaisseur des murs à Dendérah.

31. — Restauration de la nef centrale de la salle hypostyle du temple d'Amon,

à Karnak, avec perspective de la cour, du grand portail et de l'avenue de béliers.

(D'après Descr. de l'Eg.)

m). Aussi bien, son ordonnance était-elle strictement déterminée par l'attribution à la divinité de besoins humains et par les exigences d'un culte à la fois très secret et très pompeux. Celui-ci comportait deux services, l'un intime, l'autre public. Le premier consistait en hommages et en soins proprement domestiques rendus au Maître journellement, en ses appartements privés, par les prêtres ses serviteurs et, extraordinairement, à l'intérieur de sa chambre, par Pharaon ou son lieutenant ecclésiastique. Le second était constitué, aux jours de fêtes, par une exhibition du tabernacle, offert à l'admiration des fidèles et promené processionnellement. Du programme qui en résultait, l'architecture religieuse de l'Egypte sut faire une réalité grandiose autant que convenable (28,20,30, 33).

A la mode des habitations égyptiennes, la « Maison du Dieu » tournait le dos au dehors. Et d'abord, des murs hauts d'une dizaine de mètres isolaient un vaste terrain en forme de rectangle. On n'y pénétrai qu'après avoir suivi plus ou moins longtemps une avenue de statues de sphinx ou de béliers couchés (11, 31) ' et franchi une porte ouverte dans la masse d'une grosse tour carrée ou plutôt dans un massif entre deux tours, autrement dit dans un « pylône » (11, 32). Le caractère défensif de cette entrée, en accord avec l'idée incluse dans la dénomination sus-mentionnée de « Château du Dieu », s'accuse notamment au temple de Ramsès III, à Médinet-Habou, où elle est constituée par un chàtelet à la mode de Syrie, commémoratif des campagnes du prince en ce pays (100). An milieu de jardins, qu'agrémentaient des kiosques et des pièces d'eau et où s'étalait un lac sacré, s'élevait le divin palais. Autant que celle de l'aire sainte, sa clôture était absolue. De ses quatre faces dressées sur les côtés d'un rectangle2 et orientées théoriquement selon les points cardinaux, pratiquement par rapport au cours du .Nil considéré comme coulant exactement du nord au sud, trois étaient aveugles — les deux longues et une des courtes, et la quatrième opposait au visiteur la majestueuse sévérité d'un pylône altier ? gardien jaloux d'un portail relativement bas et étroit. En avant se dressaient, telles des enseignes, deux obélisques; souvent aussi des colosses pareils à des gardes et, contre

1 A Karnak, la principale avenue reliant le temple d'Arnon à Louxor mesurait 2 kilomètres,! avec une largeur de 23 mètres, l'intervalle entre les sphinx étant de 4 mètres en moyenne.

2 Voici quelques dimensions : temple d'Amon, à Karnak 365 m. x 100 à 115 m. ; temple de Louxor 260 m. X 37 à 63 m. ; Ramesséum 160 m. X 50 m. ; temple de Medinet-Habou 150 m. x 48 m. : temple de Khons à Karnak 74 m. x 28 m.

3 Celui du temple d'Amon, à Karnak, mesurait en longueur 113 mètres et en hauteur 43*\50.

PROGRAMMES RELIGIEUX

le front même, de hauts mâts porte-banderoles retenus par des pinces de bois saillant de meurtrières (32, 12, 13).

Passé la porte, on se trouvait dans une vaste cour1 bordée tantôt sur les côtés latéraux seulement tantôt sur l'antérieur aussi, de portiques généralement simples, parfois doubles, comme c'est le cas au temple de Khons et au Ramesséum (51, 54, 65) : un autel en occupait le centre. Au fond et à un niveau supérieur à celui de la cour, se développait un vestibule accessible par une rampe ou par un perron : d'abord, ce ne fut

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