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QU'EST-CE QUE LA TYPOLOGIE DES SOURCES DU MOYEN AGE OCCIDENTAL

Tout problème historique est éclairé par des sources de divers types et le chercheur est rigoureusement tenu de les interroger toutes. Mais, s’il veut ne pas se fourvoyer dans leur exploitation, il ne peut se contenter des principes généraux de la critique. Il doit connaître les caractères spécifiques de chaque genre. Il a besoin d’un guide qui en définisse les traits et les règles d’interprétation : bref, il a besoin d’une typologie des sources médiévales.

Objet et but

La Typologie, telle qu'on l'entend ici, doit établir la nature propre de chaque genre de sources (Gattungsgeschichte) et arrêter les règles spéciales de critique valables pour chacun.

Elle classe d’abord les sources selon leur genre, décrit les caractères propres à chacun, retrace son origine et son évolution, dans la stricte mesure où ces données ont une répercussion sur la manière dont l’historien doit utiliser les sources pour en dégager toute la réalité qu’elles reflètent et rien que cette réalité.

Elle formule ensuite les règles spéciales de critique historique permettant à l’historien d’exploiter de manière correcte et exhaustive les sources dont il dispose pour reconstituer le passé sous toutes ses formes : événements, institutions, économie, structures sociales, mentalité, idées, activité désintéressée.

Il suit de cette définition que la Typologie se bornera au genre, sans pousser jusqu’au document individuel (sauf à titre d'exemple); elle formulera des méthodes, mais n’alignera pas des faits. Par exemple, elle fixera les traits de la chronique monastique, elle ne présentera pas chaque chronique et n’analysera le contenu d’aucune.

Il ne s’agit pas non plus de répéter ce que les traités et manuels de critique historique ont déjà établi, mais de les compléter soit par l’apport d’un point de vue nouveau, soit par la formulation de règles spéciales de critique, découlant de caractères jusqu'ici plus ou moins négligés.

Limites

Comme celles de n’importe quel travail historique, les limites de la Typologie prêtent à discussion. Elles ont été choisies dans le souci de ne pas étendre démesurément des horizons qu’il faut de toute façon ouvrir largement. Chronologiquement, on a retenu les dates de 500 et 1500. Géographiquement, on s’est borné à l’Occident latin et à l'Espagne arabe ainsi qu’aux documents produits sur leur sol.

Structure

Inventorier les sources de l’histoire médiévale et les répartir en catégories et en genres représente un travail considérable et délicat. Les critères de classement retenus sont, en ordre principal, le but pour lequel un document a été créé; à titre subsidiaire, la forme et le contenu.

La classification générale a soulevé des problèmes épineux :

1) Bon nombre de sources peuvent être placées et présentées dans plusieurs catégories. Un certain nombre de renvois et surtout une table alphabétique des genres et une table systématique par domaines de recherche permettront de tourner l'obstacle.

2) Les œuvres composites sont nombreuses au moyen âge. Leurs composantes seront étudiées en même temps que les autres documents du genre. Mais le groupement de ces composantes, qui est un élément historique précieux sera étudié en lui-même, en annexe à la partie de la Typologie consacrée aux composantes.

3) Que faire des données éparses dans les sources les plus diverses, mais qui ne font l’objet d’aucune catégorie et qui risquent ainsi d’être oubliées, alors que la recherche savante en révèle de plus en plus le prix : les noms de personne et de lieux, l’écriture par exemple? Leur intérêt comme les écueils de leur emploi ne sont pas les mêmes pour l’histoire médiévale que pour celle d’autres époques. La Typologie devra donc les envisager sous ce double angle.

4) Il y a enfin toutes les caractéristiques communes aux sources médiévales ou à plusieurs catégories d’entre elles. Il s’agit de problèmes généraux tels que le respect des autorités, les faux, l’origine cléricale, la conscience médiévale des genres, la langue, etc., qui auraient dû être touchés au début de la Typologie, mais qui ne pourront être traités correctement que lorsque celle-ci aura atteint son terme, lorsque la revue des sources sera achevée.

Publication

L’envergure et le caractère collectif de l’entreprise empêchent d’envisage. une publication systématique, dans l’ordre des matières. Les notices consacréer à chaque genre sortiront donc de presse au fur et à mesure de leur achèvements

L'ensemble des notices se complètera de tables, notamment d’une table

par domaines de recherches, qui dira à tout historien quels genres de sources il peut et doit consulter.

TYPOLOGIE DES SOURCES

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