I. Voir chapitre xt, Sculpture, statuaire et ornements
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der les colonnes isolées supportant les clefs des arcsboutants, sur des encorbel- r i lements latéraux qui por- !
tent à faux, ainsi que l’indique la. ligne ponctuée X, sur les piles; la hardiesse ou plutôt l’imprudence de cette combinaison est évidente, car l’écrasement d’une assise ou l'affaissement d’une partie de la pile, sur laquelle sont basés ces encorbellements, entraînerait inévitablement la rupture des arcs-boutants, qui sont les étais suprêmes des voûtes intérieures et, comme conséquence logi-
que, le désé-
P'ê- 4S- — Cathédrale de Rclm».
Coupe sur la nef.
quilibrement, pour ainsi di^e, de tout l’ouvrage et fata-
pig. +6. — CaihcJrult de Reim-! — Arc*-bouiaiiis du chœur.
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lement la ruine totale de l’édifice. Les dangers de ces combinaisons ou, plus exactement, de ces tours de force d’équilibre se sont manifestés et prouvés à Beauvais. Les architectes qui construisirent, vers 1225, le chœurde la cathédrale, tout en s’inspirant de celle d’Amiens, avaient marqué l’inteniion d’elevcr un monument dépassant en plan et en élévation toutes les grandes églises en construction à cette époque. Ils augmentèrent la largeur du chœur et des travées qui le composent en élevant, sur les clefs des archivoltes inférieures, des piles intermédiaires, afin de
Fig. 47.
— Cathédrale d’Amicn»
Plan.
diviser, au-dessus, les
travées et de soulager la voûte par des arcs-doublet. ux de secours. Ils don' nèrent une hauteur exagérée aux archivoltes et aux grandes fenêtres en diminuant leurs épaisseurs, afin d’obtenir plus de légèreté, et la voûte de la nef centrale s’éleva à plus de cinquante mètres au-dessus du sol.
Cette hauteur énorme et dont l’exagération, par rapport à la largeur du vaisseau, est évidente, nécessita un système compliqué d’arcs-boutants, dépassant en hardiesse tout ce qui avait été fait jusqu’alors. La coupe (fig. 5i) peut donner une idée exacte de ce qu'on a appelé, justement, une folie, et ce qui doit
étonner, c’est que
. * cette construction
ait duré, étant don-
Fig. 48. — Cathédrale d’Amiens.
née la disposition Coupe sur la nef. — Arcs-boutants,
des piles intermé-
diaires portant à faux, indiquée par la ligne ponc
Fig. 49. — Cathédrale de Beauvais. — Abside.
piles inférieures qui se sont déformées sous la charge, qui ont dû être étrésillonnées et qui devront être
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tuée X (fig. 5 1), de moitié de leur épaisseur sur les
consolidées.
Cependant, le chœur fut achevé vers 1270 et se maintint pendant quelques années; mais des désordres s e prod u i sirent dans ces constructions , si légèrement établies qu'elles semblaient être un échafaudage de pierres, et les voûtes s’écroulèrent le 29 novembre 1284, entra inant dans leurchute une partie des arcs-boutants, disloquant et ébranlant le reste de l’édifice. 11 fallut alors, en reconstruisant les voûtes, doubler les points d'appui
Fig. 50. — Cathédrale de Beauvaia.
Façade nord.
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dons les travées du chœur et des bas côtés et relier les arcs-boutants par des chaînages
en fer.
Pendant le xiu9 siècle, un grand nombre de cathédrales s’élevèrent dans toute l’Europe, à l’exemple des grands édifices du nord de la France et particulièrement d’Amiens, qui paraît avoir excité, vers le milieu du xiii* siècle, un grand enthousiasme, mais sur des dimensions plus modestes; ils ne présentent pas d’ailleurs les dimensions exagérées, ni les hardiesses de construction de leur modèle.
Ces églises et ces cathédrales, dont la reconstruction suivant les nouvelles méthodes commençait généralement par le chœur, qui venait se joindre à une nef plus ancienne, étaient loin d’être terminées; les plus
Fig. ;i. — Cathédrale de Beauvais.
Coupe transversale.
7+ L'ARCHITF.CTURK GOTHIQUE.
favorisées s’achevèrent dans le courant du xiv* siècle.
mais, pour la plupart, les travaux furent continués péniblement et ne prirent tin que deu„ siècles plus
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tard. Dans un grand nombre d’édifices, les travaux de recon struction furent interrompus par suite des guerres ou des convulsions sociales, diminuant ou supprimant les resso urces des constructeurs, évêques et architectes, circonstances favorables aux études archéologiques modernes, parcequ’elles permettent de constater les transforma — tions qui se sont accomplies sans in- I;ig. jj. — Cathédrale du Mans. — Plan,
terruption de
l’époque dite romane jusqu’à celle dite gothique.
Ces grands édifices, qui portent les traces des diverses fortunes qu’ils ont suivies, se ressemblent et ne
présentent que des particularités de détails variant selon l'habileté des constructeurs.
Indépendamment de sa remarquable statuaire *,