partie, chap. vin
grande nef et de ses collatéraux. D’autres chapelles s’ouvrirent plus tard le long des nefs latérales et sur les côtés est des deux transsepts.
Sur le jranssept principal s’élevaient trois clochers couverts en ardoises; celui du milieu, clocher ou tourlanterne, était désigné : clocher des lampes, parce que l’on disposait aux voûtes de la croisée, de la nef et des transsepts des lampes ou des couronnes de lumières qui brûlaient nuit et jour au-dessus du maître-autel.
Au sud de l’abbaye se trouvait un grand cloître, en F, entouré des bâtiments claustraux, dont il reste quelques vestiges; en K et L sont les bâtiments abbatiaux reconstruits aux xve et xvie siècles; en M et N, les édifices construits au siècle dernier sur les bâtiments primitifs. A l’est s’étendaient les jardins avec les grands viviers qui existent encore avec une partie des clôtures, ainsi qu’un bâtiment du xm° siècle, dit la boulangerie, en O.
Les abbés successeurs de saint Hugues ne purent maintenir l’abbaye dans l’observance de la règle primitive. Le luxe excessif résultant d’une trop grande prospérité amena un relâchement profond, et dès la fin du xi° siècle la discorde s’était introduite à Cluny.
Pierre le Vénérable, élu abbé en 1112, rétablit l’ordre pour un temps et réunit à Cluny un chapitre général qui comptait deux cents prieurs et plus de douze cents autres religieux. En 1 1 58, lors de la mort de Pierre, l’abbaye comptait encore plus de quatre cents moines, et l’ordre avait fondé des monastères en terre sainte et à Constantinople.
L'abbaye de Cîteaux. — La réforme des ordres béné-
ARCH. GOTHIQUE
dictins s'imposait, et saint Robert, abbé de Solesmes, la commença vers 1098. Après avoir quitté son abbaye et s’dtre réfugié avec vingt et un religieux dans la foret de Cîteaux, qui lui avait été donnée par don Reynard, vicomte de Beaune, saint Bernard la continua et surtout lui donna l’organisation nécessaire pour régénérer les abbayes bénédictines qui déclinaient de plus en plus et dont les religieux n’avaient plus l’esprit monastique.
« En allant fréquemment dans le monde, les moines en prenaient la dissipation, et quand ils rentraient dans leurs cloîtres, ils y retrouvaient la foule des curieux, des hôtes et des pèlerins qu’eux-mèmes attiraient. Bâtis jusqu’au xi° siècle dans les villes, ou devenus, à la suite des invasions sarrasinc ou normande, des centres de population, les monastères ne pouvaient rester l'asile du recueillement que pour un certain nombre de religieux occupés de travaux intellectuels. Les moines étaient en outre propriétaires féodaux, ayant des juridictions à côte de celles des évêques, et Saint-Germain-dcs- Prés, Saint-Denis, Saint-Martin, Vendôme, Moissac ne relevaient que du pape; de là des soucis temporels, des discussions et jusqu’à des luttes à main armée... La cupidité et la vanité, sinondes religieux, tout au moins de leurs abbés, s’étendaient jusqu’au culte lui-même et aux édifices qui lui étaient consacrés *. »
Saint Bernard, s’adressant aux moines de son temps, res réprimande sur leur relâchement, en blâmant les dimensions exagérées des églises abbatiales, la richesse