PARIS: < MAISON QUANTIN
A Vépoque de la Renaissance, les monuments de intiquité classique avaient été étudiés par de grands | stes francais comme Du Cerceau, Pierre Lescot; ean Goujon, et leurs dimensions avaient été mesues en Italie par d’illustres architectes tels que Scanozzi, Serlio, Alberti, Bramante, Piranesi, Palladio, ‘ignole, etc. Mais les édifices romains, mieux conserés, furent surtout ee. d’ études comp ess et, malgré
gré les admirables dessins qui expliquérent ses. riptions, les ‘monuments de Vart grec resterent ns connus.
A la fin du siécle dernier, le plus vif enthousiasme 7 a connaissance de Vantiquité grecque se déve- ‘tout a coup; oh Sor tee ets et ae artistes de
a Sicile, et recueillirent, ine les coins ies Bre lés, au prix des plus grands efforts, les vestiges | nt ques dont ils firent des descriptions, des relevés et. essins.
Jusqu’a nos jours, les recherches ont continué avec ardeur. Des architectes passionnément épris de Vart grec ont fait, dans ce domaine encore nouveau, les plus glorieuses découvertes. Blouet, Paccard, Tétaz, Hittorf, Thomas, Ballu, pour ne parler que des morts, ont répandu la plus éclatante lumiére sur la voie déja tracée. L’art grec, interprété dans des restaurations du plus incontestable talent, se montra le plus complet, le
plus pur et le plus beau que nous connaissions. La.
polychromie de la plupart des éléments de l’architecture était dés lors révélée et acceptée par tous. En méme temps, de savants archéologues entreprenaient des fouilles importantes dont ils décrivaient avec €motion les surprenantes richesses artistiques.
Plusieurs sanctuaires fameux dans Vhistoire de la
Gréce, Delphes entre autres, attendent toujours l’heure.
dela résurrection; ils nous ménagent sans doute encore
bien des surprises; mais de nombreux travaux ont Clee
publiés sur chaque ruine interessante, et on peut dire qwil serait difficile de trouver un monument déblayé
dont les. dimensions, les détails de construction, la. décoration architecturale n’aient pas été consignés avec
soin dans quelque ouvrage de longue halcine.
Le format de ce petit traité et le but qu’on s'est proposé en Pinsérant dans la BrstiorHzQuE DE L’ENSEIGNE- MENT DES BEAUX-ARTS nous obligeront a écarter les déve-
loppements. considérables que comporterait la grosse ~
question de larchitecture grecque. I] ne peut s’agir ici que d’une étude sommaire, d’une sorte d’abrégé et comme une préparation a la lecture des ouvrages spéciaux. -
Se
A ceux de nos lecteurs plus avides de détails, nous conseillerons de recourir aux consciencieuses et brillantes restaurations entreprises par nos devanciers a Académie de France 4 Rome, et aux principales publications dont nous avons réuni ici la nomenclature.
Par le choix des matériaux et leur mise en ceuvre soignée, tout autant que par la délicatesse de la forme et les nobles dispositions de l’ensemble, les Grecs ont marqué leur architecture d’une empreinte trés personnelle; nous devrons faire comprendre, méme dans un
examen rapide, les progrés successifs des Grecs dans
Dart de batir et dans Dart de décorer leurs monuments. C’est en comparant les divers fragments que le lecteur pourra juger lui-méme combien les progrés de la construction et ceux de la décoration marchent parallélement: 4 mesure que la construction devient plus savante, les proportions s’épurent, les lignes sont plus harmonieuses, et les décorations plus artistiques et plus habiles.
L’étude des « ordres » démontrera clairement qu’aucune régle fixe ne guidait les architectes, et que, contrairement au dire de Vitruve dont l’opinion a si longtemps prévalu, les rapports entre les dimensions des divers éléments de Varchitecture étaient extrémement variables et enticrement soumis au caprice des constructeurs. Cependant nous emploierons le mode de comparaison ordinaire, et nous conserverons les mesures de Vitruve; c’est encore le meilleur moyen de fixer les idées dans une longue énumération de monuments dont les proportions sont si différentes; ajoutons
que les rapports assignés par !’auteur latin sont sensiblement d’accord avec ceux des quelques édifices considérés, par tous les artistes, comme les chefs-d’ccuvre de l’architecture grecque.
a Nous décrirons succinctement les temples, les stades | ct les hippodromes, les gymnases, les enceintes sacrées, les agoras, les théatres et les odéons, les maisons helléniques et les monuments funéraires. Nous nous bor- -nerons a l’étude des plus beaux exemples; mais nous donnerons, dans le corps méme de ce petit volume, | quelques-unes des restaurations d’ensemble entreprises a la suite des plus récentes découvertes. C’est qu’en effet il nous semble indispensable de montrer en méme temps ce qu’étaient les édifices grecs pris isolément, et l’effet pittoresque et grandiose qu’ils produisaient 3 lorsque, sans recherche d'une inutile symétrie, ils se groupaient comme al’acropole d’Athénes au sommet dune roche aride, en silhouette sur le ciel, ou lorsqu’ils oes s’élevaient comme a Olympie au milieu des bois sacrés
d’une plaine fertile.
Nous aurions atteint notre but si, en fournissant au lecteur les éléments des connaissances techniques, nous le mettions A méme de s’intéresser plus vivement. aux merveilles connues de l’art grec ct aux découvertes que lon fait chaque jour, sur la terre classique de Gréce, dans le domaine de architecture.