LIVRE Il. —CHAPITRE PREMIER. §t
Micon retracent sur les murs des temples les exploits des héros et les victoires des ancétres de la patrie.
Avec de tels artistes, les villes s’embellissent des édifices les plus magnifiques. On construit des agoras entourées de colonnades oui les citoyens discutent des affaires du pays, des théatres ot on représentait les tragédies d’Eschyle, d’Euripide et de Sophocle, des palestres, des gymnases ou lon enseignait la littérature et o& Anaxagore, Socrate et Platon développaient, devant un auditoire nombreux, les préceptes de leur philosophie.
Athénes était le centre de ce grand élan artistique et littéraire, et sous le gouvernement de Périclés elle était devenue le rendez-vous de tous les grands hommes, artistes, savants, poetes, littérateurs ou philosophes, qui ont illustré la Gréce.
Les villes ioniennes de l’Asie Mineure suivaient le mouvement artistique de la métropole, se relevaient de leurs ruines avec ardeur et déployaient dans leurs nouvelles constructions autant de perfection et de gout que les villes de la Gréce; nous ne pourrons cependant entreprendre de citer et de décrire tous les temples et tous les édifices dont on admire les ruines majestueuses.
La guerre du Péloponése ne parait pas avoir interrompu le grand mouvement des arts et les différentes villes continuent a s’agrandir et a s’embellir; Athénes reconstruit les «longs murs » qui la relient au Pirée; Thebes devient florissante avec Epaminondas; les Messéniens batissent les magnifiques remparts flanqués de tours, dont il reste aujourd’hui des vestiges si imposants, et élévent des temples consacrés a Poseidon, a Aphrodite et a Héraclés.
so L’ARCHITECTURE GRECQUE.
Scopas restaure le sanctuaire d’Athéna a Tégée; cette restauration est faite avec tant de magnificence que le temple d’Athéna était, au dire de Pausanias, le plus beau de toute la Gréce. On y avait employé les trois ordres d’architecture : le péristyle était d’ordre ionique et dans la cella un premier ordre dorique supportait un second ordre corinthien.
Pythios travaille au célébre mausolée et construit a Pri¢ne un temple d’Athéna qui était considéré comme un chef-d’ceuvre. Poeonios d’Ephése et Daphnis de Milet élévent le temple d’Apollon 4 Didymes et reconstruisent 2 Ephése le sanctuaire d’Artémis détruit par Vincendie. On éléve partout des stades, des gymnases et des palestres. Les nombreuses peintures murales decette époque sont dues aux célébres peintres Apelles, Protogéne, Parrhasios, et les sculpteurs Polyclés, Praxitéle, Scopas, Léocharés, Briaris, Euphranor, Lysippe produisent des oeuvres encore dignes du siécle de Périclés.
A ce moment les architectes sont en possession de toutes les ressources de leur art. Les ordres ont acquis les plus belles proportions qw’ils aient jamais recues ; les moulures sont profilées avec hardiesse, la décoration en est sobre et les ornements qui les couvrent, étant traités avec le plus grand soin, n’en altérent pas ~ le caractére. Enfin les différentes parties de l’édifice sont exécutées avec un gout si irréprochable que la critique la plus sévére ne trouve aucun reproche a faire ni au point de vue de ensemble ni A-celui du — détail. |