‹ L'architecture grecqueChapitre 72 sur 189 · LIVRE IIT. — CHAPITRE II. i · texte numérisé non relu

LIVRE IIT. — CHAPITRE II. i

colonnes et beaucoup d’autres membres de I’architecture, et qu’une coloration moins compliquée des éléments du temple était plus d’accord avec le ponte des Grecs.

Au reste, les exemples d’ornements polychromés -

appliqués sur des moulures blanches sont assez fré- quents : a Olympie, la cimaise du grand temple de Zeus était couverte de palmettes se détachant en couleur sur le blanc méme du marbre, et si les tétes de

‘lion de cette cimaise étaient rehaussées de couleur, le

marbre restait apparent dans la plus grande partie. Les moulures couronnant les larmiers étaient gé-

néralement couvertes de peintures; le larmier restait -

blanc ou était décoré de grecques dessinées sur fond

blanc.

Nous tenons a bien faire remarquer que les rensei-

‘gnements pié-édents ne sont pas applicables a tous les .

temples, car, excepté le bleu sombre qu’on trouve toujours sur les triglyphes, et le rouge sous le larmier et sur le tenia de larchitrave, les autres colorations que nous venons de citer sont spéciales 4 certains temples doriques. Peut-étre les ors dont nous ne trouvons

plus aucune trace ont-ils été employés par les Grecs’

pour décorer les tympans des frontons, les gouttes des

~ triglyphes et des mutules, et aussi pour servir de fond

ity

a la décoration sculptée ou peinte des métopes. Quelquefois la polychromie était obtenue par I’al-

liance de mati¢res de tons différents, comme, par

exemple, l’alliance de lor et de l'ivoire dans les statues chryséléphantines, ie bronze semble avoir été lui-méme d’un emploi

Meo

fréquent dans la décoration des temples; c’est ainsi que les bas-reliefs des métopes étaient rehaussés d’ornements en bronze doré; les statues des frontons présenteat fréqguemment de nombreux trous de scellement, attestant que certains détails des costumes, les boucliers, les javelots, etc., avaient été exécutés en métal; des acrotéres en bronze brillaient aux angles des frontons, et des boucliers dorés étaient appliqués sur les architraves. Mais toutes les parties en métal qui décoraient les temples ont depuis longtemps disparu et sont devenues la proie des populations; le bronze ne révéle plus son existence que par les traces laissées aux endroits ot il avait été employé.

Ce que nous venons de dire sur la peinture de lextérieur du temple peut s’appliquer a la décoration

de l'intérieur : les armes accrochées aux architraves et

aux plafonds, les nombreuses statues en marbre ou en métal, les tables, les trépieds, les vases dorés et les riches tapisseries venaient encore ajouter a l’éclat des couleurs qui accompagnaient l’architecture. On peut se faire une idée de la magnificence de la cella de certains temples par la profusion des chefs-d’ceuvre qui, au dire de Pausanias1, y- étaient entassés : des statues, des portraits, un mobilier de la plus grande richesse déco-

raient l’intérieur, et sur les murs étaient représentés des

faits mythologiques ou des événements dans lesquels la divinité avait rempli un rdle important (fig. 102).

Temples ioniques. — Les monuments ioniques ont

. Voir Pausanias, Description du temple de Jupiter a Olympie ue du temple d’Apollon a Delphes.

(TD AEE

Sa

a7) [goenct. SE. 5

p&CORATION DE LA CELLA D’UN TEMPLE DORIQUE,

été moins étudiés; mais ils portent, eux aussi, de nom-

‘breuses traces de peinture. Dans les édifices de l’école de Pythios, 4 Priéne, a Halicarnasse, a Ephése, a Didyme, deux teintes seulement semblent avoir été admises : le bleu d’apparence un peu poudreux et le rouge sombre et sans éclat. Ces deux couleurs re sont pas mises au hasard; le bleu est réservé aux moulures

en pleine lumiére, tandis que le rouge se trouve de’

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