LIVRE III, — CHAPITRE II
Phe Eclairage des temples, éclairage hypéthre.
La lumiére pénétrant par la porte suffisait 4 éclairer les temples d’une dimension restreinte, temples pro-
styles ou a antes, et en général ceux qui avaient peu de oe profondeur; mais ce mode d’éclairage etit été insufhisant pour les sanctuaires plus importants.
Les ruines jusqu’a présent étudi¢es ne portent point de traces d’ouvertures latérales par lesquelles aurait pu pénétrer le jour a travers les murs du naos; et il faudrait admettre que le mot hypéthre, par lequel les Grecs
désignaient les plus grands temples, indiquait une - large ouverture pratiquée dans la toiture méme, lais-
sant pénétrer la lumiére destinée 4 éclairer la cella. Vitruve, en parlant du temple hypéethre, en donne la description suivante : « Il a dans lintérieur de la
cella, éloignés des murs, deux rangs de colonnes su- perposées, laissant un espace pour la circulation, comme
sous les portiques du péristyle. L’espéce intermédiaire est a ciel ouvert et sans toiture. »
Les différents systémes d’éclairage hypethre. — On a proposé beaucoup de combinaisons ingénieuses pour mettre d’accord les textes et les idées modernes sur Phypothése d’un éclairage aussi incommode, qui aurait permis 4 la pluie de tomber 4 Vintérieur de la
cella; d’autant qu’on n’a pas encore découvert les cani-
veaux qui devaient permettre 4 ces eaux de s’écouler. Ace sujet, il serait intéressant de savoir a quoi servaient les petites ouvertures, malheureusement bou-
chées, qui se trouvent au niveau du dallage, sous deux colonnes opposéesdelacelladutemple de Zeus d’Olympie en avant de la statue. Peut-étre les savants allemands, chargés d’une mission spéciale sur les ruines d’Olympie, nous diront-ils si c’étaient 1a les entrées des canaux destinés a recueillir les eaux de pluie passant a travers
Pouverture hypéthre. Mais il faudrait encore quelque |
chose de plus concluant pour trancher complétement la question relative & léclairage intérieur des grands temples, et nous devrons attendre, longtemps peut-étre,
que des fouilles heureuses aient donné d’une maniére
indiscutable la solution de ce probléme intéressant.
Les dessins que nous donnons ici sont destings a montrer les principaux systémes imaginés par divers architectest. La figure 105 montre Pouverture hypéthrale pratiquée sur tout ou partie de la nef centrale de la cella, laissant tomber la pluie directement sur le sol. Dans les deux exemples, fig. 106 et fig. 107, l’ouverture est ménagée au-dessus des portiques latéraux, au niveau de la base ou de l’entablement de l’ordre supérieur : Peau tombant sur les toits était rejetée dans la cella, et ces deux dernicres solutions présentent a peu prés les mémes inconvénients que la premiére.
On pourrait encore proposer une autre maniére d’expliquer la description de Vitruve, en supposant sans toitures les galeries latérales de la cella; mais il
faudrait encore repousser ce syst¢éme, puisqu’il est prouvé que, dans plusieurs grands temples, ces. galerieg
avaient un étage. Au reste, certaines observations faites