‹ L'architecture hindoue en Extrême-Orient;Chapitre 1 sur 96 · HISTOIRE DE L'INDE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE L'INDE

L'histoire de l'Inde est inconnue jusqu'au vi e siècle avant notre ère. À cette époque l'Inde du Nord est divisée en petits états indépendants, — royaumes ou républiques, — dont les plus importants sont : le Magadha (Behar) ; le Koçala au nord-ouest du Magadha, entre le Gange et l'Himalaya; Kauçambi au sud du Koçala, sur la ^amunà. Du royaume de Koçala dépendait le clan vassal des Çàkyas, où naquit le Bouddha, mort vers /i8o av. J.-C.

A la suite de l'expédition navale de Scylax, vers 5oo av. J.-C, le Panjab fut conquis par Darius.

A partir du V siècle, nous trouvons les provinces de l'Indus organisées en satrapies payant tribut à la Perse ; c'est même cette vassalité qui détermina l'incursion d'Alexandre en 827 ; mais le grand conquérant ne dépassa pas la vallée de l'Indus et sa conquête éphémère, malgré les garnisons laissées et la forte organisation de l'administration grecque, n'eut d'autre résultat que de faire connaître de nouveaux territoires au vieux monde et de déterminer un fort courant

A INDE

d'émigration d'aventuriers grecs et perses par la Bactriane et la vallée de Caboul, vers les fabuleux pays de l'or et des pierreries.

Aussitôt après le départ des armées grecques.. Ghandragupta le Maurya, originaire du Magadha, organisa les provinces de l'Indus et du Gange en état indépendant ; il imposa son alliance à Séleucus, épousa la fille de ce roi et accepta à sa cour, comme ambassadeur permanent, le Grec Mégastbène, dont les fragments de mémoires ont un si grand intérêt bistorique.

Deux cent cinquante ans avant notre ère, le petit-fils de Chandragupta, le célèbre Açoka, réunit sous son sceptre l'Inde tout entière, propagea la religion bouddhique, dont il était un fervent adepte, parmi son peuple, et envoya des missionnaires dans les diverses contrées de l'Asie et du bassin oriental de la Méditerranée.

C'est à ce grand monarque que l'on doit les premiers monuments et édifices en pierre de l'Inde, lesquels n'étaient, du reste, que la stricte copie des édifices antérieurs de date indéterminée, construits uniquement, au dire de Mégastbène, en bois et en brique. Il éleva également dans toute la péninsule des colonnes de pierre, chargées d'inscriptions pieuses, qui subsistent encore, et permettent de fixer à peu près l'histoire de cette époque.

Après la mort d' Açoka, l'empire se désagrège, les principicules grecs reprennent le dessus dans l'Ouest et forment une multitude de petits états en Bactriane et dans le Panjab. La Perse elle-même change de maîtres, et passe aux mains des Parthcs Arsacides plus ou moins hellénisés. L'art, la langue et la science grecs, — je ne dis pas la civilisation grecque qui était aux antipodes de la civilisation indienne — , pénètrent alors à (lots dans l'Inde du Nord-Ouest. C'est à partir de cette époque que les ateliers grecs se mirent a produire à profusion, et pendant plusieurs centaines d'années, ces curieuses et souvent très remarquables sculptures gréco-bouddhiques que Ion peut admirer dans les Musées de Lahore, de Calcutta et de Londres.

Carte i.

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Beaucoup de ces roitelets grecs se tirent bouddhistes, et l'un d'eux, Ménandre, a même pris place parmi les saints de celte religion.

Vers le premier siècle de notre ère, des tribus scythes, — ou plus exactement turques, car la dénomination de Scythe dans l'antiquité s'appliquait indifféremment à tous les peuples situés au Nord de la Perse et de la mer Noire, — envahirent la Bactriane et les plaines de l'Indus, mais adoptèrentla civilisation relative de leurs prédécesseurs, la langue grecque, dans les rapports officiels, et la monnaie grecque. Le roi turc Kanishka, bouddhiste fervent, parvint a grouper toutes ces principautés, y compris la Bactriane, sous son autorité ; son nom domine toute cette période qui s'achève historiquement au u r siècle de notre ère, bien que l'influence grecque ait laissé des traces dans les chantiers et ateliers locaux jusqu'au vi° siècle.

Le 111 e siècle est une période obscure. Au iv° commence la dynastie des Guptas, qui réunit sous son sceptre tout l'IIindoustan et l'ut renversée par l'invasion des Huns à la (in du v' siècle. Au vn c , l'hégémonie de l'Inde du Nord fut rétablie encore une fois par Harsha Çîlàditya, roi de ïhanesar ; après lui elle se brisa de nouveau en une foule de petits royaumes. Les mémoires des pèlerins chinois Fahian, Song-yun, lliuan-tsang, ^ i-tsing (V-vu siècles) nous donnent sur cette époque de précieuses informations.

Au vni e siècle, un grand changement se produit aux Indes. Le bouddhisme, qui n'avait cessé de perdre de son influence depuis le vi e siècle, disparait à peu près complètement et fait place au brahmanisme, sauf au Népal et à Ceylan ; il subsista cependant au Bengale et au Bihar jusqu'à l'invasion musulmane a la l\\\ du \u° siècle, et dans le Konkan jusqu'au xi°. Ce changement de religion se lit, du reste, sans à-coup et n'eut qu'une action modérée sur l'architecture et les arts.

Les temples bouddhiques et brahmaniques ne différaient en général à cette époque que par les attributs et parfois par l'adjonction aux sanctuaires bouddhiques de stupas, sorle de tumuli en maçonnerie

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