‹ L'Architecture (volume 2)Chapitre 6 sur 97 · AUTEL, A ASTI · texte numérisé non relu

AUTEL, A ASTI

En suivant la série des différentes variétés d'autels romans qui furent composée par les artistes pour la célébration de la messe, on arrive à la catégorie de ces monuments, de forme cubique, dont la face antérieure reçut, comme ornementation , cette richesse de sculpture qu’on appliquait aux parties les plus importantes des édifices religieux, richesse qui convenait surtout à la plus vénérable, h l’autel des saints mystères. Or, la décoration de ce meuble se développa en raison même des progrès de l’art; aussi, plus on s'éloigne de Son origine, et plus on le voit s'enrichir et s’orner, suivant le génie des artistes et selon les ressources du donataire. C’est, au reste, ce dont on acquiert la preuve lorsqu’on regarde le devant de l’autel d’Asti. Ici, l’art roman, après avoir parcouru la plus grande partie de sa carrière, semble atteindre presque les dernières limites; car, la sculpture, qui en constitue exclusivement la décoration, parait sortir enfin de cette lourdeur qui la caractérisait à son enfance. Mais, indépendamment de cette circonstance tont artistique, le meuble, dont il est ici question, présente encore cette autre particularité remarquable, qu'il nous fait connaître une de ses transformations, c'est-à-dire, Celle qui, ayant admis , dans le décor de la paroi antérieure, l'introduction des compositions à figures , doit nous conduire & la otassc de ces riches ttroanls-iT autels métalliques , dont le travail exigea . quelquefois les talents, réunis ou isolés, do l'orfèvre, de rémaillouret du mosaïste.

L’autel que reproduit notre planche se troavo à l’intérieur d’un baptistère, situé dans l’un des faubourgs d'Asti et sur la routo même de cetta ville à Alexandrie. — Sous la. rapport des formes, ce monument vient prendre sa place dans la série des autels cubiques. Eu effet, son ’ ensendde est composé de deux pierres, qui, par leur superposition, affectent la figure d’un reclanglo allongé, dont l’aspect ressemble à ceux qu’on voit reproduits sur les sculptures, les peintures ils cette époque. — Sa hauteur est de 1 mètre, et sa largeur de t mètre 51 centimètres.

Bien que ce monument se présente à nous comme un exemple d’autels, On ne peut nier que son principal mérite ne consiste dans sa décoration, qui est tonte sculpturale. Or, et à ce' point de vue, il nous a semblé utile do nous étendre nn peu sur cette partie de l’œuvre, de même que nous avons jugé convenable d’entrer dans quelques détails à propos de son examon.

On doit reconnaître d’abord que, si le sujet, représenté par les sculptures, n’est point complet eu lui-même, cetto composition n'eu est pas moins, comme art et comme exécution, une deè œuvres les plus importantes parmi celles de la sculpture italienne à la fin du XII’. siècle. Trois parties distinctes constituent son ensemble : la ligure médiane, celles des niches, et la bande d’encadrement. Au coutro de cette décoration, nno auréole télralobée renferme la figure du Christ, assis snr son Irène ; il love la main droit» ilaos l’attitndo do la bénédiction, tandis que, de la gauche, il lient, sur ses genoux, le livre de la loi ou des Évangiles; sa tête est ornée du nimbe crucifère, et nne large tunique ainsi qu’un ample manteau couvrent, de leurs plis nombreux, les diverses parties de son corps. Suivant l’usage, l’artiste disposa, aux angles do l’auréole, les animaux personnificatcurs des Evangélistes. On remarque ensuite, distribuées sur deux zoues superposées, huit niches dans lesquelles sont de petites figures qni , autant qu’on peut en

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