DANS L’ÉGLISE DE SAINT-JEAN-1N-F0NTE, A VÉRONE
Aux piscines, vraisemblablement créées aux catacombes et pratiquées ensuite dans les baptistères, succéda la cuve où i'on administrait à la fois le baptême par immersion et par infusion, ce que prouvent les textes, les miniatures et les sculptures. Ces cuves reçurent, de l’art, plusieurs formes dont il ne nous est provisoirement permis que d’en faire connaître une seule.
C’est celle que l’on établit, à Vérone, probablement vers le XII' siècle pour les besoins religieux de la cité. Le monument occupe, encore aujourd’hui, sa place primitive; mais, il n’eu a plus conservé les fonctions exclusives; car, alors, il n’y avait, dans chaque ville, qu’un seul baptistère et qu’une seule cuve, où, à certaines époques, on administrait le baptême. Notre monument doit donc être reporté à cette ancienne date. Du reste, tout, dans cette œuvre, accuse l’antiquité et surtout la fonction auguste qu’elle remplit naguère. Ainsi, sa disposition, les sujets des bas-reliefs et jusqu’au caractère particulier de son art , tout dénote une antique et vénérable origine.
Pour élucider chacune de nos deux planches, nous eu dirons ici quelques mots. Je commence par la disposition. Elle résulte d’une pratique qui avait lieu à celte époque; une place était établie au centre pour l'officiant, qui, ainsi disposé, pouvait plus facilement administrer le baptême aux eufants qu’on lui présentait sur les diverses faces de l’octogone. — On com-, prend , par la richesse des sculptures dont cette cuve est oruée, toute l'importance qu’avait , aux yeux de l’Eglise, le monument où s’accomplissait l’œuvre de la régénération. Les sujets reproduits étaient, en général, empruntés aux actes du Nouveau-Testament, parmi lesquels se trouvait, presque toujours, le baptême dans le Jourdain. Ici encore , nous reconnaissons aisément toutes les scènes tirées des saintes Écritures. Ce sont : l’Annonce aux bergers, la Naissance de Jésus-Christ, la Visitation, le Baptême par saint Jean, etc., etc.; en un mot, la réu- •
nion et la reproduction de tous les grands faits du christianisme , traduits par l'art afin de servir è la fois de décor et d’enseignement.
L’auteur de ces sculptures est complètement inconnu; mais, il s’était, sans aucun doute, inspiré des travaux grecs; car, on retrouve, dans la proportion de ses figures, cette longueur qui caractérise, à une certaine époque, les travaux de cette école. Notre opinion est encore confirmée par l’analogie dans le système de disposition des plis pour les vêtements, et, surtout, par le lit et la pose de la Vierge, ainsi que par ces détails de femmes accoucheuses lavant