MOYEN ACE. — XE ET XIE SIEOI.ES. — PORTA 1 I.S DES ÉCLISES
1)11 rcvini aux travaux du la sculpture. Ce dernier mode, qui so continua pondant le moyen ilpe, est précisément celui au([uel je m'arrête et dont il faut dire ici quelques mots. Vers le milieu ou le dernier tiers du Xllt siècle, l'on ne .se contenta plus, pour la décoration dit portail, de l'ageucemeut des motifs usités d'aljord, motifs qui consistaient un colonnes et pilastres ornés, en brillantes frises, en tympans à eompositions plus ou moins bizarres, etc. 1 ,'ctal de la civilisation et les propres de l'art avaient, sans aucun doute, considéré tout cela comme insunisanli on voulut une décoration ou un système de décoration qui produisit ])lus d'effet , et , ce système , l'examen des monuments prouve qu'on le trouva dans l'introduction de grandes figures représentant des personnages de l'histoire sainte ou autres, que l'un établit à l'endroit même où s'élevaient des l'olonnes dont elles prirent la place, .\insi disposées à droite et à gauche de la porte d’entrée, ces ligttrcs ont l’air des gardiens de l’église, et elles semblent même en imposer au transgre.sseur, sur l’esprit duquel leitr vue dut exercer une certaine action; tel nous paraît, ilu moins, leur but. I.’Kglise, en les pbu.-ant au seuil de la basilique et sur ce point ince.ssammeiit fréquenté, eut vraisemblablement une intention, et cette intention se devine. En ces siècles |>eu avancés et où les seieiices étaient si peu répandues, on sentit la nécessité d'instruire et d'instruire le plus profondément. Or, le moyen de l’instruction par les yeux parut très- convenable, et, dès ce moment, on le développa par degrés et ù tel point qu’un jour, toute grande église ou cathédrale devint un livre oit chaque Tidèle trouvait, rendus par lu pierre ou par la couleur, tous les principaux faits dont se com(H)se reiisembic tle la religion. De ce jour, la décoration sculpturale des façades, des portes, des porches, etc., fut, pour le catholique, comme une espèce île memento où chaque bas-relief, chaque personnage avait sa signilication, et l'on comprend alors que tout fidèle, en passant sur ce point, faisait ù la fois son cours d'histoire, de morale et de religion; car, pour les hoinines du moyen âge, on peut dire que c’était lit le grand livre de la science et l'encyclopédie populaire de ces temps peu lettrés. Mais, on se tromperait fort si l’on croyait que l'art de la décoration arriva, tout d'abord, à la composition de ces portails tels qu’on les établit au XIII' siècle. Le XII' , qui ouvrit la voie, fut beaucoup plus modeste. Dans les premiers moments, on se contenta ilc certaines statues; puis, à mesure que l’art et les connaissances se développèrent, on y ajouta d'autres personnages et d'autres figures. Elles étaient, le plus généralement, prises dans toutes les époques de l’histoire sainte ou de l'histoire profane, et cette réunion pnuluisit bientôt tout un vaste ensemble oITraut les principaux traits de rAiicioii et du .Nouveau Testament, auxquels ou joignit parfois les actes ilu genre humain depuis la crénlion de l'homme et sa chute dans le jardin d'Ièden. — Comme on le voit, l'idée générale est encore la ujén>e, et, dans l’église des chrétiens comme aux temples de l’Egypte, de la GK'cc et de Uome, c’est toujours la même pensée; la ilécoration extérieure de l’édifice semble avoir été un vaste livre déroulant les plus belles pages de rhi.sloirc de la religion ; aussi, nul doute que celles-ci n'aient été destinées au même but : rinlluence sur les masses et l'instruction par les yeux!...
I.es deux planches que nous publions se rattachent à une monographie qui paraîtra dans notre supplément; je n’en dirai donc rien. Nous nous bornons à indiquer la date que l'on pourrait, avec quelque vraisemblance, attribuer au milieu ou au dernier tiers du XII; siècle; mais, je réserve, pour la suite, tout ce qui est relatif à l'appréciation de la sculpture, il l’histoire du dessin, ù la pose des figures, au système des draperies, au faire, etc., enfin, à la décoration des supports et à cette réminiscence anti(pie qui aura frappé quelques-uns de nos lecteurs.