‹ L'architecture. Le passé.--Le présentChapitre 5 sur 24 · ET EN PERSE · texte numérisé non relu

ET EN PERSE

Afin de saisir comment l'art s'est introduit dans le domaine ^ de la construction, c'est vers les pre-

mières civilisations de l'Egypte et de l'Asie qu'il faut diriger nos vues.

Les Egyptiens avaient à leur disposition la pierre et l'argile : les calcaires et le granit pour les temples et les tombeaux, la matière arsfileuse réservée aux

### #®(i)| habitations. Ces dernières offrent assuré- ®(i (i) ®® ® J • r . 1 . • , -,

ment un mteret de curiosité, mais c est

dans la réalisation des temples qu'il faut chercher la méthode de composition qui a guidé ces premiers constructeurs, dont le sentiment artistique a atteint une si haute et si impressionnante puissance.

Résumons tout d'abord (voir fig. i) la composition générale des temples, dont l'étendue et certains caractères de détails ont varié suivant les dynasties, mais qui ont tous obéi à un

Fig. I,

- Plan d'un temple égyptien.

T;AR( IIiri'CTCKH KN KOVrTK, KN ( IIALI)I'':H KT KN PERSF 15

incmc programme. (a\s ûdificcs se composent de trois parties : une première cour entourée de portiques, destinée à la loule et dans laquelle on pénétre par une seule porte, flanquée de deux pvlones; à la suite inie grande salle réservée aux initiés; enfin le sanctuaire, où séjourne l'Idole et ou nul ne peut pénétrer.. L'en-

Fig. 2. — Perspective d'une 'galerie de temple égyptien.

semble est fermé par un mur continu qui n'est percé d'aucune ouverture. Ces trois parties distinctes sont closes, dans leur partie supérieure, par des plafonds formés de dalles de granit que soutiennent des points d'appui verticaux, grâce à l'intermédiaire de plates-bandes ou architraves dont la disposition correspond aux dimensions des dalles qui sont parfois très étendues (voir

i6 L'ARCHITECTURE

fig. 2). L'éclairage et l'aération de l'intérieur des temples sont obtenus par des ouvertures établies sur certains points, grâce à la surélévation du plafond. Les points d'appui correspondants devenant plus hauts sont logiquement augmentés dans leur section horizontale. Rien de plus simple qu'un tel système de construction et cependant rien de plus caractéristique de plus monumental qu'une telle combinaison dont l'effet est dû, avant tout, à la franchise des moyens employés et à la répétition des ordonnances. Ici, tout point d'appui a son utilité ; il en est de même de chaque élément horizontal. Aussi quand par la pensée on se reporte à tant d'édifices beaucoup moins anciens et qu'on y constate une profusion de colonnes et de pilastres inutiles qui ne sont là que pour l'aspect, on est pris d'un certain découragement à observer combien, dans une société affinée, les artistes deviennent étrangers, dans leurs ambitions, à tout esprit de bon sens et de logique.

On objectera peut-être, pour justifier l'incohérence et l'inconséquence des édifices modernes, que la façon de procéder dans les premiers temps de l'architecture résultait de la simplicité des programmes, et qu'elle n'est pas appHcable à des problèmes plus étendus. Ce serait une erreur que rectifient amplement certaines époques intermédiaires qui, dans les solutions les plus complexes, ont su servir et appUquer les principes les plus rigoureux, comme nous le verrons par la suite. Ce qui a pu faciliter la simplicité et en même temps la beauté expressive de l'œuvre égyptienne, c'est l'unité de structure suivant laquelle tout y est exécuté. Pour des raisons diverses qu'il convient d'envisager et qui s'expliquent plus ou moins, des matières de nature différente ont été introduites dans les édifices modernes ; mais il est tou-

Page 1