‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 109 sur 377 · MOSAÏQUES. — AUTELS. — AMBONS. — EXTÉRIEUR DES ÉGLISES · texte numérisé non relu

MOSAÏQUES. — AUTELS. — AMBONS. — EXTÉRIEUR DES ÉGLISES

J'ai énuméré dans le chapitre précédent les principaux monuments construits du viii= au x^ siècle dans les pays dépendant de l'empire des Francs, il me reste à décrire les caractères que présentent ces édifices et à mettre en relief tout ce qui peut aider à en restituer la physionomie.

Les édifices religieux bâtis pendant cette période sont encore, à part quelques exceptions, construits sur le plan des basiliques. Les textes ne laissent aucun doute à cet égard, et les monuments subsistant tant en France que dans les provinces italiennes ou germaniques de l'empire de Charlemagne sont sur ce point pleinement d'accord avec les textes.

Les monuments qui s'écartent de ce plan sont trop peu nombreux pour nous arrêter longuement. Ce sont des édifices polygonaux à coupole centrale, imités de Saint- Vital de Ravenne, ou des constructions carrées flanquées d'absidioles, dérivées d'un type assez commun chez les Romains et dont on a retrouvé des spécimens dans les points les plus éloignés de l'Empire, comme le praetorium de Mousmieh en Syrie ' ou la construction grandiose qui forme le noyau principal de la cathédrale de Trêves ^.

A la première de ces variétés appartiennent les églises d'Aix-la-Chapelle (fig. 129), d'Ottmarsheim (fig. 130), de Nimègue, etc. ; à la seconde, celles de Germigny-des- Prés (fig. 128) et de Saint-Satyr de Milan (fig. 159).

Les exemples du plan basilical sont infiniment plus nombreux, mais la plupart s'éloignent du type primitif par certains détails. Ainsi, sauf à Rome ' et dans quelques villes où l'on trouvait encore des ruines antiques à exploiter, on renonce

1. Vogué, Syrie centrale, pi. 74. cardinal Quirini en 1744. — Basilique des Saints-

2. Wilmowski, Der Dom ^u Trier, pL i. Nérée-et-Achillée, reconstruite « a fundamentis

3. Basilique de Saint-Marc reconstruite « a in loco superiore » par le pape Léon III (795fundamentis » par Grégoire IV (827-844). L'ab- 816). Elle parait avoir conservé son plan primiside a conservé la mosaïque dont ce pape l'avait tif. L'arc triomphal a encore une mosaïque qui ornée (Lih. pontif., t. II, p. 74). Le reste du remonte au temps de Léon III (Duchesne, Lib. monument a été défiguré au xvii' siècle et par le pontif., t. II, p. 48).

CARACTÈRES PARTICULIERS DES ÉGLISES CAROLINGIENNES

généralement à porter les arcades des nefs sur des colonnes. On se sert de piliers plus ou moins puissants '.

L'abside est toujours en hémicycle, à l'intérieur du moins, car extérieurement elle est parfois engagée dans un massif carré (fig. i6i), suivant un usage fréquent chez les Byzantins ^. L'extrémité orientale des collatéraux se termine souvent par deux absidioles semblables, comme forme et comme système de construction, à celle qui se dresse à l'extrémité de la nef. Cette innovation vient probablement d'Orient, car dès le v" ou le vi'' siècle l'église de Soueideh, en Syrie, avait deux absidioles flanquant l'abside principale '. Il ne semble pas qu'il y ait eu rien d'analogue en Occident avant le viii'' siècle. Les plus anciens exemples à date certaine que Rome nous offre de cette particularité se sont conservés à Santa Maria in Cosmedin (fig. 155) et à Santa Maria in Domnica (fig. 162), qui datent d'Adrien I" (772-795) et de Pascal I" (817-824). Nous en avons d'autres en Italie, à Saint- Ambroise de Milan + et à Alliate (fig. 160); en France, à Saint-Généroux (fig. 135), à Gourgé et peutêtre plus anciennement encore à la cathédrale de Vaison (fig. 161) et à Valcabrère. Nul doute qu'elle n'ait été très répandue en Italie et en Gaule depuis le ix'= siècle.

Dans le nord de la Gaule et dans les provinces germaniques de l'empire franc on rencontre une autre forme de basilique qui s'éloigne davantage du type primitif et sur laquelle il est nécessaire d'insister un peu longuement, car elle a eu une influence considérable sur le développement ultérieur du plan des grandes églises.

J'ai dit plus haut que, dès le iV^ siècle, on séparait parfois l'abside du corps de l'église par un transept. Cette disposition, assez rare avant l'époque [carolingienne, devient au contraire très fréquente depuis >. Elle donne à l'église'un

- Vaison, cathédrale.

Fig. 162.

Santa Maria

Rome.

Domnica.

1. Seligenstadt, Michelstadt, Saint-Philbertde-Grandlieu, Saint-Pierre de Vienne, Montiérerider, cathédrales de Beauvais et d'Orléans.

2. Il en était ainsi à la primitive église de Notre-Dame-du-Pré au Mans, à la cathédrale de Vaison (fig. 161), à l'église de Reichenau (Hùbsch, pi. 49, fig. 6), à Saint-Just de Valcabrère (VioUet-le-Duc, Dict., t. II, p. 38, fig. 12). Mais la date exacte de ces absides est assez incertaine. La première était peut-être du vi^ siècle

(Lasteyrie, L'église Saint-Martin de Tours, p. 24) ; la seconde pourrait être presque aussi ancienne, mais le massif carré qui l'englobe est probablement dû à une restauration antérieure au XF siècle. Quant à Valcabrère, voir ci-dessus, p. 154, n. 2.

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