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EGLISES RONDES ET POLYGONALES

par un vicomte de Bourges « iid formam Sancti Sepulcri lerosolimitani » (fig. 269). Le plus remarquable monument de cette catégorie était la grande rotonde élevée, en l'an looi, par l'abbé Guillaume, au chevet de Saint-Bénigne de Dijon. Sa partie centrale était entourée d'un double collatéral (fig. 270) surmonté de deux étages de tribunes (fig. 271). Il n'en reste plus que le rez-de-chaussée, mais les gravures très fidèles qu'en a fait faire dont Plancher au wiii^ siècle ' permettent

Fig. 270. — Dijon. Rotonde de Saint-Bénigne, d';iprés Dom Planclier.

de bien apprécier l'aspect et l'importance de cette construction vraiment étonnante pour l'époque. Le xi"" siècle en vit élever une autre non moins remarquable à Charroux en Poitou. C'était aussi une rotonde à plusieurs étages et qui pouvait soutenir la comparaison avec celle de Saint-Bénigne, car elle avait trois collatéraux au lieu de deux. Une grande nef et un chœur à chapelles rayonnantes se greffèrent au xii'' siècle sur la partie ronde (fig. 272). Mais ici encore le vandalisme a

I. Hisl.de Bourgogne, 1. I, pL I. — Les parties construction de la rotonde. J'en ai parlé ci-desplus foncées du plan sont de date antérieure à la sus, p. 86 et 156.

PLAN DES EGLISES ROi\L\NES

exercé son œuvre funeste. De cette vaste église il ne reste qu'une des absidioles du chœur et le centre de la rotonde ', surmonté d'une grande tour qui se dresse encore à plus de trente-cinq mètres au-dessus du sol. En voyant ce débris garder son équilibre malgré la destruction de tout ce qui l'entourait, on est obligé de

Fig. 271. — Dijon. Rotonde de Saint-Bénigne, d'après Dom Plancher.

reconnaître que l'inexpérience des architectes et la maladresse des ouvriers du xi" siècle n'étaient pas aussi générales qu'on le croit d'habitude.

C'est sans doute à la même famille qu'il faut rattacher la rotonde de Rieux- Mérinville (Aude) -, l'église Sainte-Croix à Quimperlé ', dont les quatre saillies en croix font penser à certains édifices orientaux, comme l'église de Viranscher +, enfin l'église octogone de Saint-Michel-Entraigues près d'Angoulême (fig. 273). Cette dernière, qui date de 1137 >, .se distingue des précédentes par deux particu-

1. Les parties en noir sur le plan ci-joint existent encore. Elles ont permis à M. Fomiigé de rectifier sur des points importants le plan que donnent tous les manuels. Mais des fouilles seraient indispensables pour vérifier certains détails.

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