‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 191 sur 377 · J'ai discuté la question avec assez de tecture gothique · texte numérisé non relu

J'ai discuté la question avec assez de tecture gothique

l'arc: en plein cjn'I're et larc hrlse 325

rappeler ;\ ceux qui s'étoniieniient de l'eniplcii que j'ai toujours lait du luol

\'W. 3io. — Ncs'crs. Église Saiiit-Litienue.

« Ogive » et du soin que j'ai toujours mis à en proscrire l'usage pour désigner l'arc brisé '.

I. Viollet-le-Duc, tout en reconnaissant que n'a pas osé rompre complètement avec l'usage le mot ogive est impropre à désigner l'arc brisé, moderne. Il emploie le mot tantôt dans l'accep-

32é INTÉRIEUR DES ÉGLISES ROMANES

Beaucoup d'églises carolingiennes avaient des tribunes au-dessus des collatéraux de la nef; il n'est donc pas étonnant qu'on en rencontre également dans beaucoup d'églises du xi'= et du xii" siècle.

Les dimensions de ces tribunes \arient suivant les provinces, suivant les époques, et surtout suivant que les architectes qui les ont bâties ont eu ou non rintention d'élever des voûtes sur la nef. Ainsi à Jumièges, à Saint-Remi de Reims, à Saint-Etienne de Caen (fig. 349), et dans la plupart des grandes églises romanes de la Normandie ou de l'Angleterre dont la nef n'était pas N'oûtée, on n'a pas craint de construire des tribunes spacieuses, prenant jour sur l'extérieur par de nombreuses fenêtres et ouvrant sur la net par de larges baies. On s'est habituellement montré moins hardi dans les églises entièrement couvertes de \'oûtes. Un grand nombre sont dépourvues de tribunes, même parmi les plus belles et les plus vastes, comme celles de Vézelay (fig. 445), de Cluny (fig. 446), de Saint-Gilles, etc. Cependant, dès le xi' siècle, on trouve des tribunes dans des nefs voûtées en berceau, mais, dans ce cas, la nécessité de contrebuter la voûte et la crainte de donner à l'édifice une élévation trop grande ont conduit généralement à supprimer les fenêtres de la nef. Il est donc rare, avant le milieu du xir' siècle, de rencontrer des monuments voûtés en berceau où les tribunes sont surmontées d'un étage de fenêtres. L'église Saint-Etienne à Nevers (fig. 350), si elle date réellement de la fin du xi'^ siècle, comme on le croit communément, fournit un des plus anciens exemples que la France possède de cette belle ordonnance.

Les tribunes, dans les anciennes basiliques, communiquaient avec la nef par une série d'arcades portées sur des colonnes et correspondant aux arcades du rez-dechaussée. Une telle disposition ofi'rait trop peu de résistance pour être conservée dans les églises voûtées, mais ce n'est point le seul motif qui l'ait fait abandonner, car bien avant l'époque où l'usage des voûtes commença à se répandre, on l'avait délaissée pour d'autres moins élégantes. La plus simple consiste à ouvrir dans l'axe de chaque travée une grande baie en plein cintre portée sur de puissants piliers, comme on l'a fait à Saint-Etienne de Caen (fig. 349) et dans d'autres églises non voûtées du XII' siècle. Dans les édifices voûtés on se montrait plus timide. Au lieu d'une grande arcade unique, qui risquait d'affaiblir les murs, on construisait deux petites baies géminées, séparées par deux courtes colonnettes accouplées, ou par une seule colonnette (fig. 338), mais surmontée d'un chapiteau assez massif ou assez évasé pour que les dimensions de son tailloir pussent correspondre à la

tion ancienne, tantôt dans la nouvelle, ce qui ment, il a en architecture un sens tout différent,

rend certains passages de son Dictioniuiirc assez c'est une pièce de charpente inclinée qu'on place

difficiles à suivre. Souvent il se sert du mot ner- aux angles saillants des combles; Viollet-le-Duc

vures pour désigner les arcs diagonaux de la le savait si bien que c'est dans cette acception

voûte d'ogives; or c'est un terme générique seule qu'il a fait figurer ce mot à son ordre

qui pourrait tout aussi bien s'appliquer à des alphabétique dans le Dictionnaire d'architecture,

doubleaux ; le sens en est donc beaucoup trop et que c'est au mot « ogive ■■ qu'il a rassemblé

vague. Quant au mot uri'lier qu'il emploie égale- ce qu'il avait à dire des ogives des voûtes.

grande épaisseur des murs de la nef'. Quelquefois au lieu de deux baies ainsi aGCQ«plé&s-€>-H-eft4rGU\'e trois, et parfois au lieu d'être en plein cintre, les arcs qui couronnent ces baies sont à trois lobes. L'église Saint-Pierre à Issoire offre, côte à côte, des exemples de chacune de ces dispositions (fig. 351).

Les archéologues désignent sous le nom de triforiiim ces ouvertures à deux ou

trois baies qui font communiquer les tribunes avec la nef. C'est un vieux mot du moyen âge, qui désignait tout ouvrage percé d'une série de jours -.

Les baies du triforium, qu'elles soient groupées par deux ou par trois, sont souvent surmontées d'une voussure qui joue le rôle d'arc de décharge et permet de réduire l'épaisseur des maçonneries qu'elle soulage. Cet artifice de construction, qui unit l'élégance à la solidité, était employé de longue date dans l'architecture byzantine. Nous en avons vu des exemples à Saint-Serge-et-Saint-Bacchus de Constantinople et à Saint-Vital de Ravciine (fig. 123). Les architectes carolingiens l'adoptèrent, assez

1. Ainsi ;i Saint-Nect.iire (hg. 538), à Saint- Etienne de Nevers (tîg. 550), à Beaulieu en Limousin, dans les .travées anciennes de Notre- Dame-du-Port, etc.

2. Du Cange, dans son Glossaire, prétend que Il iforhitii signifie : avant trois haies, In'iias fores

habeiis. C'est, je crois, une erreur. Triforium est la traduction latine du vieux vocable français Irifoire, qui s'appliquait à toute chose percée de jours ou d'arcades, par exemple à la monture des pierres précieuses (Chron. de S. Denys, dans les Hisl. île lu Fr.', t. III, p. 183).

TRIBUNES ET TKIl-OKIUM

gauclienient d'ailleurs, à Aix-la-ChapelIt (h|;. 167) et dans les autres édifices qu'ils élevèrent à l'imitation de Saint-Vital (fig. 131 et 168). Dès le xr' siècle les architectes romans usèrent de ces arcs de décharge qui leur inspirèrent assez de confiance pour qu'ils aient osé introduire dans des églises voûtées, comme Saint-Martial de Limoges, un très beau type de triforium à deux baies (fig. 467), bâti sur ce

Rupr Jl Kolut Ji

Fig. 353. — Mont baim-Michel. I ravees de la net.

principe, et qui fiit imité à Conques (fig. 352), à Saint-Sernin de Toulouse (fig. 466) et jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle.

L'habitude qui s'introduisit, vers la fin du xi" siècle, de couvrir de moulures les arcades et les voussures du triforium et de garnir ses piédroits de colonnettes correspondant à chaque groupe de moulures, fait de ce membre de construction un des principaux ornements de la nef. Pour en augmenter l'effet décoratif, on a parfois doublé dans chaque travée le nombre de ces baies géminées, c'est ce qu'on voit à l'église du Mont-Saint-Michel (fig. 353).

Les architectes sentirent si bien le parti qu'on pouvait tirer du triforium pour orner la nef, qu'ils l'ont parfois conservé dans des églises construites sans tribunes, ou dont les tribunes ont été supprimées pour donner plus d'élévation aux bascôtés. C'est le cas à Vignory ' et dans la curieuse église de Châtel-Montagne (iîg. 354), construite au début du xii*-' siècle et remaniée vers la fin de l'époque romane '. Souvent encore, dans les églises dénuées de tribunes, on a simulé un

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