‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 196 sur 377 · ABSIDE ET ABSIDIOLES · texte numérisé non relu

ABSIDE ET ABSIDIOLES

qui Li soutiennent, les artistes de l'époque romiuie apportent un sentiment décoratif et un esprit d'invention que l'on ne peut trop admirer.

Dans beaucoup de régions une arcature aveugle garnit le soubassement de l'abside (fig. 365, 366) et quelquefois aussi des absidioles. Ailleurs cette arcature en

Fig. 562. — Rivières (Indre-et-Loire). Vue du clievet.

couronne les murs (fig. 367). Dans les belles églises d'Auvergne, l'arcature de couronnement est remplacée, en tout ou en partie, par de petits compartiments rectangulaires surmontés d'un linteau porté sur de gracieuses colonnettes ; des combinaisons géométriques de pierres de diverses couleurs accompagnent ces compartiments et forment une frise du plus riche effet (fig. 368).

L'imagination des décorateurs s'est souvent exercée sur les fenêtres de l'abside. Chaque montant est ordinairement orné d'une colonnette (fig. 363, 364, 365, etc.), quelquefois de deux (fîg. 370). On les a même parfois, mais rarement, ornés comme à Aulnaj' en Saintonge de larges bandeaux couverts de rinceaux. Leur cintre est entouré de tores vigoureusement dessinés qui correspondent aux colonnettes des montants. Souvent une élégante archivolte les couronne et fournit une nouvelle occasion d'admirer l'habileté des sculpteurs romans. On trouve de ces fenêtres richement ornées dans toutes les parties de la France, depuis le Roussillon jusqu'aux pays au nord de la Loire, mais c'est principalement en Poitou et en Sain-

tonge que les exemples en sont nombreux et remarquables. Les absidioles qui garnissent les bras du transept sont ordinairement bien moins ornées. On en trouve cependant qui ont reçu leur part de la riche décoration de l'abside principale (fig. 364). Sauf dans les chapiteaux, il est rare que les sculpteurs romans aient employé la figure pour la décoration de leurs absides. Les bas-reliefs que l'on voit encastrés dans les murs de quelques-unes sont des morceaux rapportés qui n'avaient pas été faits pour la place qu'ils occupent. C'est le cas à Saint-Paul-les-Dax, où l'on voit à hauteur des fenêtres de l'abside une sorte de frise formée par des panneaux sculptés provenant de quelque édifice de la fin de l'époque carolingienne (fig. 365). Il en est de même à Selles-sur-Cher, où l'on a encastré sous la corniche de l'abside une suite de bas-reliefs plus anciens dont on a utilisé l'excédent pour orner les montants d'une des fenêtres latérales du chœur. Mais ce qui constitue surtout la haute valeur architecturale du chevet de beaucoup d'églises romanes.

ABSIDE l'T ABSIIÎlOl.KS

Fig. ;6|. — Mcllc (l)ciix-Sèvres). Chevet de l'église Saim-Pi

Fig. ;6;. — Saint-Paul-les-Dnx. Exte-rieur de l'abside

c'est l'heureuse disposition des absidioles autour du sanctuaire, l'harmonie des lignes formées par les murs et les toitures dont les masses s'étagent autour de l'abside principale, en accusant d'une façon pittoresque l'ordonnance intérieure du monument; c'est enfin, dans les édifices bien complets, la haute tour élevée sur le carré du transept et qui donne à ce bel ensemble un incomparable caractère de grandeur. A cet égard, les chevets de Saint-Sernin de Toulouse (fig. 310), de

Fig. 566. — Jazencuil (Vienne). Abside.

Saint-Nectaire (fig. 368), de Paray-le-Monial (fig. 369), de la Charité-sur-Lolre, etc. sont de vrais chefs-d'œuvre, et l'on ne saurait trop admirer les artistes inconnus qui en ont tracé les plans et dirigé l'exécution.

Les parties latérales de l'église sont traitées beaucoup plus simplement. Les longues lignes horizontales formées par les murs et les toits de la nef et de ses bascôtés ne sont interrompues que par les ouvertures des fenêtres ou par les contreforts correspondant aux piliers et aux doubleaux qui séparent intérieurement les travées de l'édifice.

Les extrémités du transept peuvent être arrondies, comme l'abside dont elles" répètent en ce cas la décoration ; mais le plus souvent elles sont terminées par un

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