Otte, ibid., p. 88, fig
5. EUeaété refondue en 1845. Aimai. iiniieoL, t. XXII, p. 216, pi.
TOURS ET CLOCHERS
L'art du fondeur fut surtout cultivé dans l'est de la France, en Lorraine, dans le Bassigny, le Barrois. De cette région sont sortis la plupart des fondeurs dont on a pu déterminer l'origine et dont les noms sont inscrits sur les cloches de nos églises gothiques et de nos beffrois municipaux. Ils allaient de ville en ville opérant sur place, et il est étonnant qu'avec des installations et un outillage fort imparfaits ils aient réussi à produire des oeuvres aussi remarquables et de dimensions aussi grandes que les deux fameuses cloches de la cathédrale de Sens, que celle du beffroi de Rouen,
Fig. 400. — Cloche de Fonte d'après Caumont.
ille,
401. — Cloche de Moissac, d'après les « Annales Archéologiques ».
ou que le bourdon de Notre-Dame de Paris, la plus grosse cloche de France jusqu'au jour où l'église du Sacré-Cœur à Montmartre s'est enrichie de la Savoyarde. Mais ces cloches de très fortes dimensions ont toujours .été rares. A l'époque romane surtout, on tenait plutôt au nombre qu'à la grosseur des cloches, ce qui permettait maintes combinaisons dans les sonneries. Aussi y avait-il plusieurs cloches même dans les petites églises de campagne, et leur dimension était souvent assez faible pour qu'on pût les installer sans faire les frais d'un clocher. La disposition la plus simple et la plus répandue consistait à donner au mur de façade de l'église un exhaussement dans lequel on pratiquait le nombre de baies nécessaire pour loger les cloches. La forme de cet exhaussement et le nombre des baies sont très variables. Tantôt c'est un mur terminé horizontalement et percé de deux, trois ou même quatre baies rangées sur une ou deux lignes. Tantôt ce mur s'amortit en pignon et les baies sont disposées sur deux rangs. Plus i-arement il y a un pignon au-dessus de chaque'baie. Il est très probable que cette façon de loger les cloches a été imaginée dès les temps les plus reculés ; les exemples en sont innombrables.