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ÉCOLE AUVERGNATE

Il paraît probable qu'une école d'architecture déjà florissante existait en Auvergne dès le début du xi= siècle, car le roi Robert, voulant faire reconstruire l'église Saint- Aignan d'Orléans, prit modèle sur la cathédrale de Clermont '.

I. Chron. d'Helgaud, dans le Kiu-. îles Hist. Je In fuiii-e, t. X, p. iro.

436 ÉCOLES d'architecture A l'ÉPOQUE ROMANE

L'Auvergne comptait d'ailleurs à cette époque de riches abbayes qui contribuèrent à répandre au loin la réputation de ses architectes. Parmi les principales, il faut citer celle de la Chaise-Dieu, qui possédait des prieurés jusqu'en Poitou et à qui on doit la construction de l'église de Sainte-Gemme, bâtie vers 1079, et celle de Parthenay-le-Vieux, plus jeune d'une cinquantaine d'années '.

La précocité de l'école auvergnate paraît encore démontrée par une considération d'un autre ordre. Certaines églises de l'ancien diocèse de Clermont, même parmi les plus importantes, ont des voûtes en berceau sans doubleaux (fig. 230); on en peut conclure que l'école dont elles relèvent s'est constituée à une époque où l'usage du doubleau n'était pas encore généralisé.

On est peu d'accord sur les limites qu'il convient d'attribuer à l'école auvergnate. Viollet-le-Duc les étendait au nord jusqu'à Nevers et au sud jusqu'à Toulouse et à Saint-Papoul \ Quicherat, au contraire, réduisait son domaine à l'Auvergne proprement dite et faisait de Toulouse le centre d'une école distincte'. M. Anthyme Saint-Paul a été plus loin encore, et aux deux écoles admises par Quicherat il en a ajouté deux autres, celle du Bourbonnais et celle du Limousin +. Mais il n'existe point entre les monuments de ces régions des différences assez tranchées pour justifier ces distinctions. En fait, le trait qui constitue la principale caractéristique de l'école auvergnate, et qui consiste à contrebuter la voûte de la nef à l'aide des voûtes en demi-berceau des bas-côtés ou des tribunes, se retrouve dans la grande majorité des églises de l'Auvergne, du Limousin, du Quercy, du Rouergue, de l'Albigeois et de la région toulousaine. Il me paraît donc plus rationnel et plus simple de rattacher tous ces édifices à une même grande famille. Je lui conserverai, pour la commodité du langage, le nom d'école auvergnate, quoique ce nom soit loin de donner une idée exacte de son importance et de l'étendue du territoire sur lequel elle a exercé son action.

Les principales églises relevant de cette; école et appartenant à l'Auvergne proprement dite sont : Notre-Dame-du-Port à Clermont (fig. 230), Saint-Paul d'Issoire (fig. 351), Saint-Nectaire (fig. 338, 368), Saint-Saturnin (fig. 454, 455), Mozat, Orcival (fig. 458, 462), Saint-Amable de Riom, Saint-Julien de Brioude, etc. Sauf la dernière, elles sont toutes situées dans le Puy-de-Dôme et présentent ce trait commun qu'elles ont des tribunes sur les bas-côtés et que ce sont les voûtes en demi-berceau de ces tribunes qui contrebutent celle de la nef. Cette disposition a permis de donner des proportions très élancées à la net, tout en assurant à l'ensemble de la construction une stabilité remarquable. Elle a permis d'éclairer l'édifice, non pas seulement par les fenêtres des bas-côtés, mais aussi par un second étage de fenêtres ouvertes dans le mur extérieur des tribunes (fig. 454).

I. Berthelé, Recherches sur Thistoire des arts en 2. Dict. d'archit., t. V, p. 165.

Poitou, p. 72 et 75. Ainsi s'explique l'influence 5. Mélanges d'airhèologie, p. 484.

auvergnate qui est manifeste dans la disposition 4. Histoire monumentale de la France, p. 114

des voûtes de l'ériise de Parthenav-le-Vieux. et s.

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