‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 245 sur 377 · Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme). Coupe sur l.i nef · texte numérisé non relu

Saint-Saturnin (Puy-de-Dôme). Coupe sur l.i nef

diocèse du Pu)', correspondant au Velay que tant de liens rattachaient à l'Auvergne, n'en; possède^ pas davantage '.

Par contre il en existe en Limousin, à Beaulieu (fig. 470) et à Saint-Robert ', et c'est à Saint-Martial de Limoges que paraît avoir pris naissance une variété du même type, dont l'ordonnance générale repose sur les mêmes principes, mais appliqués avec beaucoup plus de hardiesse.

1. Rochemonteix, Les églises loinanes de la 3. La transformation dont l'église de Saint- Haute-Auvergne, passim. Robert a été l'objet, il y a peu d'années, a fait

2. N. ThioUier, L'archit. romane dans l'ancien disparaître en grande partie les restes qui perdiocèse du Puy, p. 10 et s. mettaient de la ranger dans cette catégorie.

ÉCOLES d'architecture A l'ÉPOQUE ROMANE

Mais encore une fois, ce type d'éditice était exceptionnel, il pouvait répondre aux besoins des abbayes ou des collégiales d'une importance particulière, il ne pouvait convenir aux églises secondaires, surtout dans une région dont certaines parties ont toujours été pauvres et ont dû se contenter d'édifices religieux très modestes. Ces petites églises, où l'on visait à l'économie, comme celles de Culhat (fig. 241) ou de Bourg-Lastic (fig. 45e), sont néanmoins voûtées, et beaucoup ont des collatéraux malgré le surcroît de dépense qui devait en résulter et devant lequel

Briiyerre del.

Fig. 455. — Saiiit-Saturiiin (Puy-de-Dôme).

on n'a pas reculé à cause, sans doute, des avantages sérieux que présentaient ces collatéraux avec leurs voûtes en demi-berceau, pour combattre la poussée de la maîtresse voûte et assurer la durée des édifices.

J'ai déjà dit qu'avec des voûtes épaulées par celles des collatéraux il n'y avait pas place pour ouvrir dans la nef des jours directs ; les grandes églises auvergnates s'éclairaient donc par les bas-côtés et par l'abside. Celles qui ont des tribunes ont habituellement un second rang de fenêtres, mais qui ne procure pas toujours une lumière bien abondante, car sauf dans les édifices du type de Saint-Martial, le triforium est réduit ordinairement à deux ou trois baies accolées, amorties en plein cintre et de dimensions assez réduites. Au xii'= siècle toutefois on a, dans certains monu-

liCOLE AUVERGNATE

ments, donné au triforium des proportions plus amples en augmentant sensiblement la liautcur de ses baies ; on a même cherché à lui donner plus d'élégance en remplaçant l'arc en plein cintre par un amortissement en trèfle '. Malgré cela, la nef des églises auvergnates est assez sombre, surtout quand la présence d'un clocher sur la façade - n'a pas permis de les éclairer de ce côté.

Rien de plus sobre, on pourrait dire de plus sévère que l'intérieur de ces églises. La nef surtout paraît nue avec ses piliers dont la face principale ne porte souvent ni colonnes, ni pilastres, avec ses arcades dont le cintre n'est pas doublé, avec sa voûte tout unie dont la naissance n'est même pas marquée par un modeste bandeau.

Fig. 4>6. — Bourg-Lastic.

IMiin d'aprcs Mallet.

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