‹ L'architecture religieuse en France à l'époque romaneChapitre 314 sur 377 · CHAPITEAUX INSPIRES DU TYPK CORINTHIEN · texte numérisé non relu

CHAPITEAUX INSPIRES DU TYPK CORINTHIEN

vent les palmettes sont de longues teuilles plus ou moins protondément digitées,

Fig. 627. — S.iint-Aignan (Loir-et-Cher). Cliapi

déformation évidente de la feuille d'acanthe, et qu'il me paraît préférable à cause de cela de ranger dans la famille des feuilles de refend. La même église de Châtel- Censoir nous en fournit un exemple bien caractérisé '. Les palmettes peuvent encore affecter la forme de petites feuilles triangulaires dont les découpures forment cinq ou six lobes, et que l'on pose côte à côte, quelquefois tête bêche, sur un ou deux rangs. Cette variété est commune dans l'Ouest et la belle église d'Aulnay en peut fournir un excellent exemple.

Enfin il existe une dernière variété de palmettes beaucoup plus inté-

XeiirJcin pli.

Fig. 628. — Saint-Aignan (Loir-et-Cher) , Chapiteati du xi= siècle.

I. C'est le plus grand des quatre chapiteau.^ figurés dans la figure 629.

624 LES CHAPITEAUX

ressante que les autres, car elle a été fort à la mode au 'xii" siècle pendant la plus

t:hàtul-Censoir (Yonne).

brillante péi

de la sculpture romane

elle consiste en grandes feuilles ordinairement à quatre ou cinq lobes profondément découpés d'où sort souvent une espèce de fruit comparable à une grappe de raisin, à une pomme de pin, ou à des graines d'arum. De fortes tiges, très souvent perlées, portent ces palmettes et dessinent autour d'elles des enroulements symétriques, qui se divisent et se ramifient de la façon la plus gracieuse. Presque toujours aux points de départ de ces ramifications ou aux points de contact de ces enroulements il y a des nœuds perlés qui semblent copiés sur quelque modèle d'orfèvrerie. Ce type de palmettes a été fort goûté dans l'Ilede-France et nous en avons à Paris dans la charmante église de Saint- Martin -des -Champs un des plus riches spécimens que l'on puisse citer (fig. 630).

Les rinceaux de feuillage n'ont pas eu moins de vogue que les palmettes. Les

Fig. 630.

Paris. Saint-Martin-de d'après A. de Baudot.

CHAPITEAUX ORNKS DlC RINCEAUX

se prêtent aumir;uilement a ces

1 IL,. h,l

longues tiges qui en dessinent les enroulements

jeux d'entrelacs dont le goût resta

fort répandu jusqu'au milieu du xii'^

siècle. On en trouve de magnifiques

exemples dans toutes les parties de

la France, et les églises de Saint-

Menoux ', de Saint-Aignan, de Sou-

vigny -, le cloître de Moissac, en

offrent les spécimens les plus Variés.

Les rinceaux peuvent s'employer

de façons très diverses. Ainsi parfois

ils viennent s'enrouler aux angles

du chapiteau et remplacent les volutes. C'est ainsi que les ont traités

les sculpteurs de l'église de Charlieu

qui ont su en accuser le relief et en contourner les folioles avec une verve étonnante (fig. 631).

Le plus souvent les rinceaux se pressent en nombre sur toutes les faces de la

corbeille, comme on peut le voir dans ce délicieux chapiteau qui couronne un

des couples de colonnes du cloître de Moissac (fig. 632), et qui est visiblement

inspiré de cette sculpture byzantine imitant la broderie dont on a de si beaux exemples à Ravenne et à Saint-Marc de Venise. Il peut arriver aussi que la décoration consiste en un grand et unique rinceau occupant la tace la plus en vue du chapiteau. Ce type, qui semble inspiré d'un des motifs les pltis usités pour la décoration

Hg. 652. — Moissac (Tarii-et-G.ironnej, dapiès A. Je Baudot. des h'îses dans les mO-

munents antiques, se rencontre plus particulièrement dans le Midi. Il y en a des exemples au musée d'Arles (fig. 633), à la façade de Saint-Trophime, à Saint-Gilles, et, chose curieuse, on en retrouve un tout semblable à Vermanton (Yonne), dans un portail de la

I. Raguenet, Petits édifices hisL, pi. 371. Lasteyrie. — Architecture romane.

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