CHAPITEAUX INSPIRES DU TYPK CORINTHIEN
vent les palmettes sont de longues teuilles plus ou moins protondément digitées,
Fig. 627. — S.iint-Aignan (Loir-et-Cher). Cliapi
déformation évidente de la feuille d'acanthe, et qu'il me paraît préférable à cause de cela de ranger dans la famille des feuilles de refend. La même église de Châtel- Censoir nous en fournit un exemple bien caractérisé '. Les palmettes peuvent encore affecter la forme de petites feuilles triangulaires dont les découpures forment cinq ou six lobes, et que l'on pose côte à côte, quelquefois tête bêche, sur un ou deux rangs. Cette variété est commune dans l'Ouest et la belle église d'Aulnay en peut fournir un excellent exemple.
Enfin il existe une dernière variété de palmettes beaucoup plus inté-
XeiirJcin pli.
Fig. 628. — Saint-Aignan (Loir-et-Cher) , Chapiteati du xi= siècle.
I. C'est le plus grand des quatre chapiteau.^ figurés dans la figure 629.
624 LES CHAPITEAUX
ressante que les autres, car elle a été fort à la mode au 'xii" siècle pendant la plus
t:hàtul-Censoir (Yonne).
brillante péi
de la sculpture romane
elle consiste en grandes feuilles ordinairement à quatre ou cinq lobes profondément découpés d'où sort souvent une espèce de fruit comparable à une grappe de raisin, à une pomme de pin, ou à des graines d'arum. De fortes tiges, très souvent perlées, portent ces palmettes et dessinent autour d'elles des enroulements symétriques, qui se divisent et se ramifient de la façon la plus gracieuse. Presque toujours aux points de départ de ces ramifications ou aux points de contact de ces enroulements il y a des nœuds perlés qui semblent copiés sur quelque modèle d'orfèvrerie. Ce type de palmettes a été fort goûté dans l'Ilede-France et nous en avons à Paris dans la charmante église de Saint- Martin -des -Champs un des plus riches spécimens que l'on puisse citer (fig. 630).
Les rinceaux de feuillage n'ont pas eu moins de vogue que les palmettes. Les
Fig. 630.
Paris. Saint-Martin-de d'après A. de Baudot.
CHAPITEAUX ORNKS DlC RINCEAUX
se prêtent aumir;uilement a ces
1 IL,. h,l
longues tiges qui en dessinent les enroulements
jeux d'entrelacs dont le goût resta
fort répandu jusqu'au milieu du xii'^
siècle. On en trouve de magnifiques
exemples dans toutes les parties de
la France, et les églises de Saint-
Menoux ', de Saint-Aignan, de Sou-
vigny -, le cloître de Moissac, en
offrent les spécimens les plus Variés.
Les rinceaux peuvent s'employer
de façons très diverses. Ainsi parfois
ils viennent s'enrouler aux angles
du chapiteau et remplacent les volutes. C'est ainsi que les ont traités
les sculpteurs de l'église de Charlieu
qui ont su en accuser le relief et en contourner les folioles avec une verve étonnante (fig. 631).
Le plus souvent les rinceaux se pressent en nombre sur toutes les faces de la
corbeille, comme on peut le voir dans ce délicieux chapiteau qui couronne un
des couples de colonnes du cloître de Moissac (fig. 632), et qui est visiblement
inspiré de cette sculpture byzantine imitant la broderie dont on a de si beaux exemples à Ravenne et à Saint-Marc de Venise. Il peut arriver aussi que la décoration consiste en un grand et unique rinceau occupant la tace la plus en vue du chapiteau. Ce type, qui semble inspiré d'un des motifs les pltis usités pour la décoration
Hg. 652. — Moissac (Tarii-et-G.ironnej, dapiès A. Je Baudot. des h'îses dans les mO-
munents antiques, se rencontre plus particulièrement dans le Midi. Il y en a des exemples au musée d'Arles (fig. 633), à la façade de Saint-Trophime, à Saint-Gilles, et, chose curieuse, on en retrouve un tout semblable à Vermanton (Yonne), dans un portail de la
I. Raguenet, Petits édifices hisL, pi. 371. Lasteyrie. — Architecture romane.