L.iSTcyRiE. — Architecini
ACCESSOIRES DES EGLISES
en est donnée, je crois, dans une phrase de Pierre le Vénérable', un des plus grands abbés de Cluny au xii"' siècle. C'était un hommage rendu aux chrétiens qui dormaient leur dernier sommeil dans la terre bénie du cimetière. Les lanternes des morts ne semblent point réparties en nombre égal dans toutes les parties de la France. Elles sont infiniment plus nombreuses en Limousin, en Poitou, en
Saintonge, que partout ailleurs, et c'est dans ces mêmes provinces qu'on en trouve les types les plus variés et les plus élégants. Presque toutes datent du xi'^ ou du xii'^ siècle. Elles deviennent rares dès le début du xiii^ La plupart avaient un petit autel à la base; il servait à certains jours, comme à la fête des Morts, quand on venait en commun prier pour les Trépassés.
La plupart de ces monuments sont tort simples, sur un petit tertre entouré de marches, se dresse un soubassement carré auquel s'appuie l'autel; au-dessus s'élève la colonne creuse, sans autre ornement qu'une base moulurée. Au sommet quatre baies pour laisser passer la lumière, puis un petit couronnement formé de deux ou trois pierres posées à plat, comme dans la lanterne de Journet^, ou une petite pyramide conique, comme dans celle de Château- Larcher (fig. 729). Dans l'Ouest on leur a parfois donné des formes plus recherchées; ainsi à Cellefrouin (Charente) on en conserve une fort belle dont la colonne représente un faisceau de colonnettes couronnées par d'élégants chapiteaux et c'est dans l'amortissement conique qui les surmonte à la mode des clochers du pays, que sont percés les quatre trous par lesquels se répandait la lumière du fanal. Il v en a une plus belle encore à Fenioux (Charente-Infé-
Fresnoy (.Son