‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 1 sur 120 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

ALPHONSE PICARD, ÉDITEUR, LIBRAIRE DBS ARCHIVES NATIONALES ET DE LA SOCIÉTÉ

DE l'École des chartes

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extrait des mémoires db la société éduenne

(nouvelle série)

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Cette étude doit comprendre trois parties : dans la première, nous jetterons un coup d'œil rapide sur le diocèse et ses divisions ; dans la seconde, nous procéderons à Texamen des caractères généraux de l'architecture romane tels qu'ils ressortent de Tétude de nos monuments; dans la troisième partie nous réunirons les monographies ou notices consacrées spécialement à chaque édifice.

ï. — LIMITES ET DIVISIONS DU DIOCÈSE DE MACON.^

L'évêché de Mâcon, fondé au cinquième siècle, fut supprimé en 1790; son titulaire était le quatrième suffragant de Tarchevêque de Lyon.

Le diocèse de Mâcon était borné au nord par celui de Ghalon, au sud par le diocèse de Lyon, à Test par ceux de

1. Notre étude étant purement archéologique, nous nou« contentons d'indiquer briôvement les limites et les divisions du diocèse de MAcon tel qu'il était ù, la fin du dix-huitième siècle ; pour tous les renseignements concernant l'histoire ou la description géographique, on peut consulter les ouvrages suivants :

Poiiillé du diocèse de Mâcon au quatorzième siècle y publié par U. Chevalier d'après le ms. lat. 10031 de la Bib. nat. dans Pouillés des diocèses de la province ecclésiastique de Lyorif Lyon, 1869, ln-8*, p. 19-30.

Pouillé rédigé vers l'an 1500, publié par Âug. Bernard, en appendice aux Cartulaires de Savigny et d'Ainay^ 2 vol. in-4* de la Collect. des documents inédilSj t. II, p. 1043-1050.

Lyon et de Besançon, et à l'ouest par ceux de Lyon et d*Autun. Sa configuration était fort irrégnlière : il se composait de deux territoires assez considérables, Tun, le Maçonnais, situé au nord-est par rapport à l'autre, le Brionnais. Une bande étroite de terrain emprunté au Beaujolais réunissait ces deux territoires. Il est utile de remarquer cette forme bizarre, analogue à celle du chifïre 8, car, au point de vue monumental, nous constaterons que les édifices du Brionnais sont très différents par le genre de construction et l'ornementation de ceux qui ont été construits à la même époque dans le Maçonnais.

L'irrégularité des limites du diocèse de Mâcon est causée surtout par une forte enclave du diocèse d'Autun à l'ouest. Les limites respectives des deux diocèses sont restées longtemps indécises* : au dixième siècle, il y avait encore de l'hésitation dans le classement des localités : quelquesunes appartiennent tantôt à l'évêché d'Autun, tantôt à celui de Mâcon. Il est diflicile de préciser l'époque à laquelle la limite se fixa.

La ligne qui séparait au sud l'évêché de Mâcon de celui de Lyon, partait de la rive droite de la Saône d'un point situé en face du port de Thoissey (ch.-l. de c. de l'arrondis.

Pouillé de i5i3, rédigé par Thomaa Seyvertj officiai de l'évêché de Mâcon; publié dans le Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon, par C. Ragut, M&con, 1864, ln-4* 'y préface, p. <îclxv-ccxcii.

Courtépée, Description générale et particulière du duché de Bourgogne^i* éàii., Dijon, 1848, 4 vol. in-8*. — Pour le diocèse de M&con et les paroisses qui en dépendent, cf. t. IV.

Th. Cbavot, préface du Cartulaire de Saint'Vincent de itfâcon, publié par C. Ragut, Màcon, 1864, in-4*. — Étude du diocèse et de ses divisions, p. xviixLVii ; p. CLxrxiv-cxciv.

Th. Chavot, le Maçonnais, géographie historique Paris et M&con, 1884,

in-16.

De la Rochette, Histoire des évéques de Mâcon, M&con, 1866, 2 vol. in-8*, t. I, p. 21-36.

Aug. Bernard, Carte des diocèses de Lyon, Mâcon et Saint-^Haude. Cette carte se trouve & la fln du tome II des Cartulaires de Savigny et d'Ainay.

1. Cf. le très bon ouvrage de M. Th. Chavot, le Méconnais, géographie histo^ riquef p. 7 et sqq., auquel nous avons fait plusieurs emprunts.

de Trévoux, Ain). Les paroisses limitrophes appartenant au diocèse de Mâcon étaient : Lancié (canton de Belleville-s.- Saône), Villié (canton de Beaujeu), Rcgnié, Durette, Beaujeu (ch.-l. de c. de Tarrond. de Villefranche), Claveisolles (canton de Lamure), Lamure (ch.-l. de c. de l'arrond. de Villefranche), Grandris (canton do Lamure), Cublize (canton d'Amplepuis), Saint-Jean-la-Bussière (canton de Thizy), toutes ces localités appartenant à l'arrondissement de Villefranche et au département du Rhône. La rivière du Rhins qui a son embouchure dans la Loire, au-dessous et près de Roanne, continuait la délimitation du midi, et laissait dans le diocèse de Mâcon : Saint-Victor (canton de Saint-Symphorien de Lay, arrond. de Roanne, Loire), Regny, Pradines, Notre-Dame de Boisset (canton de Ferreux), Saint- Vincent de Boisset et Ferreux.

A Touest, la ligne séparative, partant de Tembouchure du Rhins, suivait la rive droite de la Loire. Les paroisses limitrophes étaient de ce côté : Vougy, Fouilly-sous-Charlieu, Saint-Nizier, Saint-Pierre-la-Noaille (canton de Charlieu, arrond. de Roanne, Loire), et Iguerande (canton de Semur-en-Brionnais, arrond. de Charolles, Saône-et-Loire). A partir d'Iguerande, la limite était des plus irrégulières : elle montait d'abord au nord-est, en laissant sur le diocèse de, Mâcon les paroisses suivantes : Jonzy, Saint- Julien-de- Jonzy, Ligny (canton de Semur-en-Brionnais), Vauban, Saint-Laurent-en-Brionnais, Baudemont (canton de la Clayette, arrond. de Charolles, Saône-et-Loire), Varennessous-Dun (canton de la Clayette), puis descendait à Chassigny (canton de Chauffailles, arrond. de Charolles), Mussy, Chauffailles ; à Chauffailles elle tournait à l'est, englobant Azolette (canton de Monsols, arrond. de Villefranche, Rhône), Chênelette (canton de Lamure), les Ardillats (canton de Beaujeu), et remontait par Ouroux-Saint-Antoine (canton de Monsols), Saint- Jacqucs-des-Arrets, Germollcs (canton de Tramayes, arrond. do Mâcon, Saôno-ct-Loirc), Saint-

Picrre-lc-Vieux, Tramayes, Trambly (canton de Matour, arrond. de Mâcon, S.-et-L.), Montagny, la Chapelle-du- Mont-de-Francc, Curtil-sous-Buffières (canton de Cluny, arrond. de Mâcon, S.-et-L.\ Buflîères, Chides (canton de Saint-Bonnet-de-Joux , arrond. de CharoUes, S.-et-L.), Pressy-soiis-Dondin, le Rousset (canton de la Guiche, arrond. de Charolles), Mary (canton de Mont-Saint-Vincent, arrondissement de Chalon-sur-Saône, S.-et-L.\ et CoUoncrecn-Charollais (canton de la Guiche, arrond. de Charolles).

C*est ainsi que le diocèse d'Autun formait une enclave profonde, et divisait le diocèse de Mâcon en deux parties presque égales. Tune au sud-ouest, Tautre au nord-est, reliées ensemble par Tespace étroit qui s'étend de Durettc (canton de Beaujeu) aux Ardillats, par Beaujeu.

Au nord, le diocèse de Mâcon était limité par celui de Chalon. La ligne séparative partait de Genouilly (canton de Mont-Saint-Vincent, arrond. de Chalon-sur-Saône, S.-et-L.( à Touest, et aboutissait un peu au-dessous de Toumus (ch.-l. de c. de Tarrond. de Mâcon), laissante Tévêque de Mâcon les paroisses de : Genouilly, Vaux-en-Pré (canton de Mont-Saint-Vincent), Saint-Clément-sur-Guye, Saint-Martinde-Croix, Savigny-sur-Grosno (canton de Saint-Gengouxle-National), Bissy-sous-Uxelles, Chapaize, Prayes, Cruzille (canton de Lugny), Chardonnay, Flottes (canton de Toumus), et le Villars.

A Test, la ligne qui séparait les diocèses do Mâcon et de Lyon, après avoir traversé la Saône presque en face du Villars, descendait la rive gauche de cette rivière en s'écartant légèrement de manière à englober les deux villages d'Asnières (canton de Bâgé-le-Châtel, arrond. de Bourg, Ain), et d'Aisne ou Vésine (canton do Bâgé-Ie-Châtel), rejoignait la rive de la Saône, s'en écartait encore pour enfermer la paroisse de Saint-Laurent-lès-Mâcon (canton de Bâgé-lc-Châtcl, Ain), et suivait ensuite la rivière jusqu'à

Thoissey. Là, elle traversait la Saône, et rejoignait la limite méridionale que nous avons indiquée.

Le diocèse de Mâcon s'étendait ainsi sur un territoire aujourd'hui réparti entre quatre départements : Saône-et- Loire, Rhône, Loire, Ain. Dans le département de Saôneet-Loire, il comprenait la plus grande partie de l'arrondissement de Mâcon, un tiers environ de l'arrondissement de GharoUes, et entamait à peine celui de Chalon-sur-Saône; dans le département du Rhône, une partie de l'arrondissement de Villefranche lui appartenait. II occupait dans le département de la Loire toute la partie nord-est de l'arrondissement de Roanne comprise entre la rivière du Rhins d'une part, et la Loire de l'autre ; dans l'Ain, une hande étroite de terrain le long de la Saône, et la paroisse de Saint-Laurent-Iès-Mâcon.

De très bonne heure, le diocèse fut divisé en archiprêtrés à la tête desquels était un archiprêtre ou doyen rural : les archiprêtres résidaient au chef-lieu de leur circonscription, et non comme les archidiacres au siège de l'évêché. Les fonctions attachées à ces deux titres n'étaient d'ailleurs pas les mêmes ^ Il y eut très anciennement quatre archiprêtres : au nord-est celui de Vérizet (canton de Lugny, arrond. de Mâcon, S.-et-L.); au nord-ouest celui du Rousset (canton de la Guiche, arrond. de CharoUes, S.-et-L.) ; au sud, ceux de Vauxrenard (canton de Beaujeu, arrondis, de Villefranche, Rhône), et de Beaujeu (ch.-l. de c. de l'arrond. de Villefranche). Quand l'abbaye de Cluny se soumit, en 1746, à la juridiction ordinaire de l'évêque de Mâcon, Cluny (ch.-l. de c. de l'arrond. de Mâcon, S.-et-L.), devint le siège d'un nouvel archiprêtre ; un sixième fut créé à Gharlieu (ch.-l. de c. de l'arrond. de Roanne, Loire), lorsque le prieuré fut sécularisé (1788).

\. Cf. préface da Cariulaire de S«in(-VtRcen£ de Mâcortf p. xxvii et sqq.

Les monastères établis sur le territoire du diocèse, et qui, à leur origine avaient le titre d'abbaye, indépendants d'ailleurs de la juridiction épiscopale, étaient les suivants : l'abbaye de Saint-Laurent, près Mâcon; les abbayes de Saint-Martin et de Saint-Jean, situées dans les faubourgs de la même ville ; les abbayes de Saint-Clément et de Saint- Étienne, bâties aussi près des portes de Mâcon ; l'abbaye de Saint-Pierre de Mâcon; l'abbaye de Charlieu; l'abbaye de Saint-Rigaud (commune de Ligny, canton de Semur-en- Brionnais, arrond. de CharoUes, S.-et-L.), et l'abbaye de Cluny, chef d'ordre. En i728, date à laquelle parut le t. IV du Gallia christiana qui contient l'Église de Mâcon, deux seulement avaient conservé leur titre d'abbaye : Cluny et Saint-Rigaud *, L'abbaye de Saint-Pierre de Mâcon avait été convertie en collégiale dès 1557; une deuxième collégiale était établie à l'église Notre-Dame de Beaujeu. ^

Le nombre des paroisses du diocèse a varié à différentes époques : dans le Fouillé du quatorzième siècle^ publié par M. l'abbé U. Chevalier, on compte 235 églises.

En 1513, Thomas Seyvert, officiai de l'Église de Mâcon sous l'évêque Claude de Longw^y, en indique 231, plus 7 qui ne sont pas comprises dans les archiprêtrés, et qui sont appelées cathédrantes^ et en outre 12 prieurés.

Au début du dix-septième siècle, l'évêque Gaspard Dinet visita 260 paroisses, 11 prieurés, 504 chapelles, ainsi que l'abbaye de Saint-Rigaud. ^

D'après les renseignements fournis vers 1727 par l'évêque Michel II Cassagnet de Tilladet, on comptait dans le dio-

1. Gallia christiana^ t. IV, col. 1109 : c De veteribus monasteriis diœcesis Matisconensis », et ool. 1117 : • Abbatiœ diœcesU Malisconensis quae hactenas In sua dignitate persévérant. »

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