Canton de la Clayette, arrond. de CharoUes
— aide n'avoir pas de rivale, il ne peut pas être comparé à ceux que aouB venons de décrire. Tout le monde sait que ce monument magniûque est presque entièrement détruit : il ne subsiste que le croisillon méridional du grand transept, la partie inférieure des murs de l'élévation latérale au midi, et quelques débris du croisillon méridional du petit transept, précieux restes qui nous donnent l'échelle de l'édifice, et qui permettent à l'imagination de se représenter l'ensemble. Nous avons d'ailleurs des données très précises qui permettent de restituer Gluny : le plan, nous le trouvons dans Mabillon. ^
Si nous ne tenons pas compte du narthex élevé vers 1 220 par l'abbé Rolland, qui, bien gothique par ses voûtes établies sur croisées d'ogives, olOTre cependant un exemple de la persistance du style en usage au siècle précédent par l'emploi des pilastres cannelés accompagnés d'une ornementation purement romane ^, nous trouvons une nef principale flanquée à droite et à gauche d'un double collatéral ; après la onzième travée, la nef est coupée par un premier transept, le plus grand, dans le mur oriental des croisillons duquel s'ouvrent de chaque côté deux chapelles en hémicycle puis viennent deux travées à cinq nefs qui commencent le chœur; puis le deuxième transept, puis le chœur proprement dit ou sanctuaire entouré d'un déambulatoire avec lequel communiquent cinq chapelles rayonnantes.
On comprend qu'un tel plan suppose un monument tout à fait gigantesque et exceptionnel.
Si de l'examen du plan nous passons à celui des voûtes, nous constaterons que la plus grande partie des églises à une seule nef sont plafonnées dans toute la longueur de la
1. Uàbiïloïky Annales ordinis sancti Bsnedicti, Paris, niS.ia-fi t. V, p. 251-253.
2. Eog. Lefëvre-Pontalis, Étude hUtorique et archéologique $ur l'égliee de Paray-le'Monial (extrait des Mémoireê de la Société Éduenne, t. XIV, nouv. série^ Auton, 1886, ln-8*], p. 10-11 du tirage à part.
nef, ot ne présentent de voûtes qu'au chœur : c'est générament une coupole octogonale ou ovoïde sur trompes en cul de four qui couvre la travée au-dessus de laquelle s'élève le clocher : c'est toujours un cul de four plein-cintre ou brisé que l'on trouve au-dessus de l'abside et des absidioles.
A Chissey *, à Taizé, à Ameugny, on a affaire cependant à des églises à une seule nef voûtée en berceau brisé, renforcé par des doubleaux en cintre brisé, mais ce sont des exceptions. A Massy, Blanot, Donzy-le-Pertuis, Cote, Chidde, Lys, Flagy, Donzy-le-Royal , Vinzelles, Sancé, Pcronne, Chânes, Chardonnay, Saint-Oycn, Montbellet, Burgy, Domange, Clessé, Sologny, Beaujeu, Avenas, le Villars, Ligny, Saint-Bonnet-de-Cray, Saint - Georges de Thizy, Saint-Marcel de Cluny, etc., la nef est plafonnée et l'a toujours été.
Dans les églises à trois nefs, la nef et les collatéraux sont toujours voûtés. La nef est constamment voûtée en berceau brisé renforcé par des doubleaux ; à Farges seulement on ne trouve pas de doubleaux, mais les dimensions de la nef y sont restreintes et les supports assez solides pour résister à la poussée de la voûte. C'est un caractère distinctif de la région que nous avons étudiée, du diocèse de Mâcon par opposition au diocèse d'Autun, que la présence constante de voûtes en berceau au-dessus de la nef principale; dans des paroisses voisines ou pas très éloignées des limites de l'ancien diocèse do Mâcon, à Anzy-le- Duc2j à Gourdon^, à l'ancienne église de Toulon-sur- Arroux *, à Bragny-en-CharoUais ^, la nef est voûtée par des
1. Pour éviter des redites fastidieuses, nous n'indiquerons dorénavant que la situation géographique des localités n'appartenant pas & notre diocèse; il est facile de se renseigner sur les autres en se reportant à la troisième partie de cette étude, où un article spécial est consacré à cliacune des églises que nous avons étudiées.
2. Canton de Marcigny, arrond. de Charolies (Sa6ne-et-Loire).
3. Canton de Mont-Salnt-Vincent, arrond. de Chalon-sur-Saône (S.-el-L.).