‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 33 sur 120 · Càrtulaira B de Clufiy^ in flne · texte numérisé non relu

Càrtulaira B de Clufiy^ in flne

M. Tabbé U. Chevalier, nous voyons figurer le curé de Massy : « Curatus Maciaci » ; sa cure dépendait de Tarehiprêtré du Rousset. Dans le Fouillé du seizième siècle, on constate que la nomination du titulaire était réservée à Tévêque de Mâcon ; toutefois Tabbé de Cluny y avait conservé la. justice.

L*église de Massy, bâtie par les moines de Cluny, est à une seule nef plafonnée, éclairée de chaque côté par trois petites fenêtres, très étroites, en plein cintre, non remaniées ; elles sont ébrasées à Textérieur et à Tintérieur. La nef se continue par une travée voûtée en berceau plein cintre qui supporte le clocher; les exemples de voûtes en berceau sous le clocher sont rares dans la région, et parmi toutes les églises de l'ancien diocèse de Mâcon, celle de Massy est la seule qui ait à cet endroit un berceau en plein cintre. Après cette travée, établie sur plan carré, vient l'abside en hémicycle, voûtée en cul-de-four plein cintre. Trois fenêtres éclairent Tabside : celle placée dans l'axe, restée intacte, est fortement ébrasée à l'intérieur et à l'extérieur. Les fenêtres de la nef sont d'un aspect barbare ; elles n'ont pas d'encadrement en maçonnerie : ce sont simplement des ouvertures pratiquées dans le mur, sans appareil spécial : elles ont à peine 0"15 d'ouverture.

A l'extérieur, la façude se présente dans une simplicité complète ; son mur se termine à la partie supérieure en forme de pignon. La porte percée au milieu de la façade est amortie en plein cintre; au dessus est une petite fenêtre également en plein cintre qui éclaire la nef.

Il n'y a pas de contreforts sur les flancs de l'église à l'extérieur; on n'y voit que les ouvertures des fenêtres. La travée qui soutient le clocher est munie de chaque côté de deux contreforts assez puissants qui montent pour étayer le clocher, grosse construction massive qui rappelle dans ses détails l'ornementation des tours de la façade de Saint- Philibert de Tournus.

Le clocher de l'église de Massy est élevé sur plan carré ; il se compose de deux étages de baies. En partant du bas, nous trouvons, avant d'arriver à l'étage inférieur des fenêtres (les quatre faces sont semblables), un soubassement plein, encadré par des bandes et arcatures lombardes, système de décoration que nous retrouvons si souvent dans la description de nos églises et particulièrement de nos clochers, et qui forme un des caractères les plus constants de Tarchitecture de cette partie de la Bourgogne. Au-dessus de cet encadrement on trouve un cordon de pierres en en forme de carreaux, posées à plat, de biais, de façon à se présenter par leur angle et formant ainsi des saillies et des creux où vient se jouer la lumière; nous retrouvons ce motif employé à Saint-Philibert de Tournus, ainsi qu'au clocher et à l'abside de l'église de Chazelles. Au-dessus de cette ligne est une bande horizontale de pierres ne faisant pas saillie sur le parement du mur. Au-dessus de cette bande est un zigzag formé de pierres ou de briques posées obliquement, s'arc-boutant les unes contre les autres, genre de décoration fréquent aussi dans notre région, et que l'on rencontre à Saint-Philibert de Tournus, à l'église de Blanot, etc.

Au-dessus de ce zigzag est une autre bande de pierres, horizontale, formant l'appui d'une double fenêtre en plein cintre, à pieds-droits massifs, sans ornements autres qu'une sorte d'encadrement des deux fenêtres formé par un léger retrait de ces fenêtres sur le parement du mur. Au-dessus de ces ouvertures, le mur se retire légèrement, excepté aux angles, pour laisser monter de larges bandes lombardes, sorte de contreforts reliés l'un à l'autre sous la toiture; à l'étage supérieur, ce sont des baies géminées, dont les pieds-droits sont cantonnés de colonnes avec bases et chapiteaux ; la retombée commune des deux archivoltes repose sur un système de deux colonnettes placées l'une derrière

l'autre. Au-dessus de ces baies, le mur présente encore une

ligne de carreaux posés à plat et se présentant par leur angle en dents de scie pour former une succession d'ombres et de clairs. Au dessus c'est la toiture, couverte en laves. Cette toiture affecte la forme d'une pyramide très basse, à quatre pans, forme presque uniquement adoptée dans toutes les églises de cette région aux onzième et douzième siècles.

L'église se termine enfin par une abside demi-circulaire^ présentant les trois ouvertures de ses fenêtres (celle du milieu seule a été respectée) ; on y remarque l'absence de contreforts. L'abside est voûtée en cul-de-four, recouverte à l'extérieur par des laves posées directement sur les reins de la voûte.

L'église de Massy nous paraît en somme, et dans son ensemble, appartenir au onzième siècle; cette conclusion s'impose quand on considère la voûte en berceau plein cintre placée sous le clocher, l'exiguité des ouvertures de la nef, l'analogie frappante que l'on découvre entre la construction du clocher et celle de la partie inférieure des tours de la façade de Saint-Philibert de Tournus, analogie qui serait plus évidente encore si le crépissage qui recouvre toute la maçonnerie ne nous en cachait l'appareil.

ÉGLISE DE VINZELLES

Vinzelles*, village situé sur le penchant d'une montagne^ à 7 kilomètres sud-ouest de Mâcon, faisait partie du bailliage et du diocèse de Mâcon, et de l'archiprêtré de Vaurenard 2. C'était la première baronnie du Maçonnais.

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