‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 59 sur 120 · Carftilaire de Saint-Vincent de Mécon · texte numérisé non relu

Carftilaire de Saint-Vincent de Mécon

de la nef est considérable, nous ne saurions dire pourquoi : elle est d'un mètre. L'arcade qui fait communiquer la nef et le chœur est en plein cintre ; ses sommiers reposent sur des tailloirs très simples présentant comme profil un méplat et un chanfrein. Le mur qui soutient le clocher, et qui sépare la nef et le chœur, a une épaisseur de 85 centimètres.

L'abside, composée d'une partie droite terminée par un hémicycle, est voûtée par un berceau et un cul-de-four plein cintre; elle était éclairée primitivement par trois fenêtres en plein cintre ; une seule est ouverte encore du côté nord; elle a d'ailleurs été remaniée. Dans la partie droite du chœur s'ouvre au midi une arcade qui donne entrée dans une chapelle construite au quinzième siècle, ainsi qu'on le voit d'après le profil des moulures de l'arcade, de celles de la croisée d'ogives et le remplago de la fenêtre qui divise celle-ci en deux formes. Nous n'avons plus à signaler dans l'intérieur, outre la déclivité du sol de l'église qui descend vers la façade, qu'une pierre tombale placée devant l'autel, dans le chœur, et datée de 1485. Dans la chapelle du quinzième siècle est une petite piscine de la même époque.

La façade et l'élévation latérale de l'église ne donnent lieu à aucune remarque; la corniche placée sous le toit de l'abside est portée par des modillons diversement sculptés : têtes grimaçantes, profils d'animaux.

Au-dessus du mur qui sépare la nef et le chœur se dresse un clocher-arcade à deux baies en plein cintre ; la retombée médiane des deux archivoltes repose sur un système de deux colonnettes dont la sculpture des chapiteaux parait remonter à la première moitié du douzième siècle. Ces chapiteaux, qui ont beaucoup d'analogie avec ceux que l'on voit aux clochers de la Vineuse et de Pierreclos, sont à peu près le seul caractère qui permette de dater approximativement l'église.

EGLISE DE FLAGY

Flagy * est situé dans un vallon, au nord-ouest de Cluny, dont une distance de 8 kilomètres le sépare. Ce village dépendait autrefois du bailliage et du diocèse de Mâcon, de Tarchiprêtré du Rousset ^, et de la justice de Tabbé de Cluny. Cité au dixième siècle sous la forme de « Flatgiacus », puis de « Flaggiacus » et enfin de « Flagiacus » 3, son église était placée sous le vocable de saint Thibaud.

L'église de Flagy, très remaniée, n*est intéressante que par son clocher. Elle est à une seule nef plafonnée, éclairée de chaque côté par trois fenêtres en plein cintre refaites. La nef communique avec la travée suivante par une grande arcade en plein cintre; après avoir franchi cette arcade, on se trouve dans la travée voûtée en berceau plein cintre au-dessus de laquelle s'élève le clocher. Le berceau placé sous le clocher se continue au-dessus du chœur et se termine par un cul-de-four qui couvre Tabside semi-circulaire. Les fenêtres de Tabside sont refaites, et le chœur est très remanié. L'abside et la travée placée sous le clocher étaient séparées autrefois : cela se voit fort bien à Textérieur. Il subsiste du côté nord l'ouverture bouchée d'une fenêtre longue et fort étroite.

Le clocher est carré ; ses quatre faces sont semblables ; il se compose de deux étages. L'étage inférieur repose sur un cordon de pierre saillant sur le parement du mur; il est décoré de deux longues baies aveugles, en plein cintre séparées l'une de l'autre et encadrées par trois bandes

1. Canton de Cluny, arrondissement de Mâcon (Saône-et-Loire).

2. Pouillé du qtULtorzième siècle, pablié par M. i'abbé U. Cheyalier.

3. Cartulaire* de Cluny, publiés par Aug. Bernard et Brueli 155, 227, 879, 1458.

verticales; la bande du milieu et chacune des bandes latérales sont reliées à leur partie supérieure par une série de trois arcatures en plein cintre. Au-dessus de cet encadrement se trouve un cordon de pierres saillantes qui sépare l'étage inférieur de Tétage supérieur. Les baies géminées qui ornent cet étage sur chaque face ont leur appui sur ce cordon ; ces fenêtres ont la retombée commune de leurs deux archivoltes en plein cintre sur deux colonnettes placées Tune derrière Tautre. Cet étage est encadré par deux bandes latérales qui montent verticalement jusque sous la toiture. La toiture, très surbaissée, se compose d'une pyramide à quatre pans recouverte en laves.

Ce clocher est construit en pierres d'appareil, et parait remonter, comme le clocher de Donzy-le-Royal, à la première moitié du douzième siècle; toutefois, nous manquons de caractères pour établir sa date d'une façon bien précise.

EGLISE DE TAIZE

Le village de Taizé * est situé sur une hauteur d'où la vue s'étend sur la vallée de la Grosne, à environ un demikilomètre de cette rivière. Au pied du village passe la route qui mène de Cluny à Saint -Gengoux- le -Royal. Taizé dépendait autrefois du bailliage et du diocèse de Mâcon, de l'archiprêtré du Rousset^, de la châtellenie de Saint- André-le-Désert, et de la justice de l'abbé de Cluny qui

1 . Canton de Saint-Qengoax-Ic-Royal, arrondissement de M&con (Saône-et-Loire).

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