Chîfflet
part et d'autre par une fenêtre en plein cintre sensiblement plus étroite que celles de la nef. L'abside est éclairée par trois grandes fenêtres en plein cintre. L'ouverture de ces fenêtres de Tabsidc est encadrée à Tintéricur par un système darcatures en plein cintre (système employé surtout dans les églises bâties au douzième siècle dans le CharoUais et le Brionnais; les exemples sont plus rares dans le Maçonnais), aux retombées desquelles correspondent des colonnettes avec bases et chapiteaux, séparées par un pilastre carré. Ces colonnettes, depuis le socle jusqu'au tailloir, ont 1"'48 de hauteur. Cette ornementation est d'un effet assez riche, et elle est, croyons-nous, caractéristique du douzième siècle. A voir la sculpture des bases et des chapiteaux, ce ne doit pas être toutefois du douzième siècle bien avancé.
Les dimensions principales de Tédifice sont les suivantes :
Longueur totale dans œuvre : 21™43. — Longueur de la nef : 12™35. — Largeur de la nef : 8 mètres. — Épaisseur des murs de la nef : l^OB. — Largeur des contreforts du clocher : 1 mètre.
Si nous passons à l'extérieur, nous voyons que la façade est percée d'une porte en plein cintre ayant i^OO d'ouverture ; en haut du pignon de la façade est une baie allongée et très étroite destinée à éclairer les combles de la nef.
L'élévation latérale est fort simple : on n'y voit pas de contreforts puisque la nef n'est pas voûtée; il n'y a que les trois ouvertures des fenêtres. Du côté méridional, entre la seconde et la troisième fenêtre, est percée une porte sans caractère. Puis on arrive au mur extérieur de la travée qui supporte le clocher : aux deux extrémités de ce mur, des deux côtés de l'église, montent de puissants contreforts qui vont étayer la base du clocher. Du côté méridional, le. contrefort le plus rapproché de l'abside est lui-même cantonné dans l'angle qu'il forme avec le mur de l'abside d'une grosse masse cylindrique en pierres de grand appareil
dont nous ne nous expliquons pas l'utilité ; il y a dans cette masse des assises qui ont 45 et 50 centimètres de hauteur. i Le mur de la travée sous le clocher présente l'ouverture d'une fenêtre en plein cintre, au-dessus de laquelle est un cordon de pierres porté par de^ modillons d'un profil fort simple.
L'abside semi-circulaire est éclairée par trois grandes fenêtres en plein cintre dans l'intervalle desquelles sont placés deux contreforts en forme de colonnes engagées, avec bases, chapiteaux et tailloirs dont la partie supérieure en forme de glacis va rejoindre une bande verticale qui monte jusque sous la corniche du toit. Les chapiteaux sont sculptés d'une façon analogue à ceux des colonnettes intérieures. La saillie des colonnes engagées est de 25 centimètres ; leur diamètre est de 30 centimètres ; la corniche qui porte le toit est soutenue par des petits modillons très simples.
Le clocher monté sur plan carré présente quatre faces semblables ; chaque face se compose d'un seul étage de baies géminées en plein cintre; deux colonnes placées l'une derrière l'autre supportent la retombée commune des deux archivoltes. Au-dessus de ces fenêtres, on voit un cordon, de pierres horizontal sur lequel est posée une haute pyramide en pierres à quatre pans. Nous soupçonnons fort cette flèche ou pyramide en pierres de n'être pas contemporaine de la construction du clocher.
La présence des arcatures qui garnissent l'intérieur de l'abside, les contreforts en forme de colonnes engagées, bien qu'on en trouve des exemples très anciens, les grandes dimensions des fenêtres de l'abside, tout cela nous amène à croire que l'église de Donzy-le-Royal appartient au douzième siècle ; il est à remarquer qu'à cette époque où le dessous des clochers était généralement voûté en coupole, nous trouvons encore à Donzy, comme dans certaines églises du onzième siècle, une. voûte en berceau brisé. Pour
concilier tous ces caractères, nous admettrons que l'église de Donzy-le-Royal a été construite vers le premier quart du douzième siècle.