‹ L'architecture romane dans l'ancien diocèse de MâconChapitre 75 sur 120 · Pùuillé du êeizième aiècte, publié par Aug. Bernard · texte numérisé non relu

Pùuillé du êeizième aiècte, publié par Aug. Bernard

3. fiibl. nat. latin 1498, nouvelles acqulsilions, folio 265, recto.

façade, et plaquée à Tendroit où elle se trouve aujourd'hui. On peut d'ailleurs facilement reconnaître que l'encadrement extérieur do cette porte, les pilastres cannelés et le gable obtus qu'ils supportent sont modernes. Ce n'est pas d'ailleurs le seul exemple que nous ayons d'une nef déplacée par rapport au clocher; nous pouvons citer l'église de Chissey.

La travée au-dessous du clocher est voûtée par une coupole octogonale sur trompes en cul-de-four; les murs qui la supportent sont établis au-dessus de quatre arcades en cintre brisé. Deux fenêtres en plein cintre, étroites, profondément ébrasées, placées l'une au midi, l'autre au nord, éclairent le dessous du clocher. L'arcade qui donnait entrée dans l'abside est en cintre brisé, et doublée; ses retombées intérieures portent sur des colonnes engagées munies de bases et de chapiteaux. L'arcade qui donnait accès de la nef dans la travée sous le clocher était analogue à l'arc triomphal que nous venons de décrire. Les tailloirs ainsi que les chapiteaux des colonnes engagées ont reçu des sculptures aussi riches que variées : certains chapiteaux sont à personnages, d'autres sont couverts de feuillages décoratifs. Les bases sont assez curieuses.

La baie de la porte, à l'extérieur, est amortie par un linteau sculpté, surmonté d'un tympan également sculpté, richement encadré par une archivolte ornée dont deux colonnettes à chapiteaux à feuillages refouillés supportent les retombées. Ces colonnettes et cette archivolte sont elles-mêmes comprises dans un encadrement formé par un gable très aplati supporté par deux pilastres cannelés. Nous croyons que ce dernier encadrement, ainsi que certaines parties do l'archivolte ne sont pas anciens. — Sur le linteau est représentée la Cène; les figures des personnages sont mutilées. Au centre du tympan on voit, comme à Perrecy-les-Porgcs et à Anzy-le-Duc, ainsi qu'à la porte de l'église du prieuré de Charlieu, dans une gloire

en forme d'amande, le Christ assis, les pieds posés sur un tabouret à claire-voie, bénissant de la main droite levée, et tenant de la main gauche le Livre de vie : deux anges aux ailes déployées supportent la gloire au milieu de laquelle trône le Christ. Ces figures d'anges sont d'un beau mouvement. D'ailleurs, la sculpture tout entière de cette porte est fort belle et très finement traitée ; elle ne ressemble en rien à la sculpture barbare, maigre et allongée, de la porte du prieuré voisin d'Anzy-le-Duc ; elle ne ressemble pas davantage à la sculpture du tympan de la cathédrale d'Autun. C'est certainement un travail du milieu du douzième siècle, contemporain du porche de Charlieu. — Au-dessus de la porte, on voit dans la maçonnerie la trace de l'arc brisé qui donnait autrefois dans la nef.

Le clocher, construit sur plan carré, présente quatre faces semblables : il se compose d'un seul étage de baies. Au-dessous de cet étage de baies est une série horizontale de petites arcatures doublées, en plein cintre, reposant sur des petits pilastres cannelés soutenus par de petits culsde-lampe. Cette décoration ingénieuse et d'un bel effet, rappelle celle du clocher de Perrecy-les-Forges. — Cette ligne d'arcatures est surmontée par la corniche au-dessus de laquelle est bâti l'étage éclairé. On y voit sur chaque face une grande baie géminée en plein cintre, dont les archivoltes doublées retombent sur des colonnettes ; un faisceau de quatre colonnettes distinctes les unes des autres soutient la retombée médiane ; les archivoltes extérieures sont finement moulurées. A droite et à gauche de cette baie, vers les arêtes, montent deux colonnes engagées dont la base repose sur la corniche renforcée en dessous, à cet endroit, par un cul-de-lampe. Ces colonnettes montent jusque sous la corniche du toit. Cette dernière est portée par des modillons fort simples. Au-dessus s'élève la toiture en forme de pyramide à quatre pans, couverte en ardoises. Cotte pyramide et sa charpente sont modernes.

En somme, ce que nous possédons de Téglise de Saint- Julien-de-Jonzy est de nature à nous faire regretter que le reste soit détruit; la structure intérieure au-dessous du clocher, la sculpture des chapiteaux, celle de la porte, les dispositions du clocher, nous portent à croire que cette construction ne remonte pas plus haut que le milieu du douzième siècle.

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