I. Melchior de VogQé, la Syrie centrait
On oe saurait rien imaginer de plus logique et de plus raisonné que cette composition ou chaque élément a sa fonction nettement accusée, oii Téquilibre résulte des conditions de stabilité des matériaux posés sans ciment et où la décoration n'est qu'une conséquence de la construction» L'effet produit est très saisissant.
FIO. 10 toLIIE trt TOnilMAIIIII (iTmi» CBUTKALVJ.
(Coupe iranivcnale.)
Le chevet a aussi un grand caractère; orné de deux ordres superposés, comme à Baqouza et à Qalh- Louzeh, il est remarquable pJir rharmonîe et la vigueur de ses lignes; Fabside est à pans coupés dont Taréte est ornée decolonnettes, elle forme un demi*dodécagone régulier. Les bases ont un profil qui accuse le vi* siècle et la sculpture des chapiteaux de Tabside, plate et comme découpée, paraît être du même temps.
De même qu'à Qalb-Louzeh,le narthexqui précède la porte principale est d'un grand effet et la large arcade qui lui donne ac^ès, entre les deux tours, est d'un vigoureux caractère.
Cette disposition est fort originale et il est facile d?y reconnaître, en germe, la disposition des façades du moyen âge occidental.
C'est à l'abside surtout qu'apparaît, de la manière la plus évidente, ce lien de parenté qui unit les églises de la Syrie centrale à celles de l'Occident.
Extérieurement^ cette abside est décorée, comme à Qalb-Louzeh, de deux ordres de colonnettes directement superposées; la donnée est encore antique, bien que l'application en soit absolument nouvelle. L'architecte, doué d'un grand sens pratique, a supprimé, les jugeant inutiles, la corniche, la frise et l'architrave qu'un constructeur romain n'eût pas manqué d'intercaler dans sa composition. Néanmoins la colonne est restée antique dans ses proportions et dans le rappon des deux ordres^; mais que le temps et la réflexion fassent litière de ces derniers scrupules, que ce chapiteau et cette base intermédiaires, inutiles, disparaissent ou soient remplacés par une bague, que la longue colonnette ainsi obtenue se rapproche de sa voisine, que les corbeaux de la icorniche se serrent en se découpant, l'abside romane de France ou des bords du Rhin apparaît et sa filiation s'établit.
Le temple de Jérusalem, célèbre à plus d'un titre, 1. Melchior de Vogué, la Syrie centrale.
est ici particulièrement intéressant parce qu^il est un exemple, fort rare au vi* siècle, dfi coupoles en pierre, appareillées normalement.
A cette époque on construisit, dans la Syrie centrale
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VIO. 5a. — LE TRMVtB A i^ROflALBH. (Porte double.)
aussi bien que dans la Palestine, des édifices à coupoles et nous donnons un spécimen curieux de ce genre de construction par le baptistère de Saint-Georges d^Ezra (fig.39); mais ces monuments furent élevés à Timitation des Perses, non seulement dans la forme générale, mais
aussi dans les détails de la construction. Ce mode consistait à bâtir, en rudes maçonneries de briques ou de blocage liées ou recouvertes par d'excellents mortiers et par des procédés rudimentaires, des arcs et des coupoles, non sur des cintres en bois ou en briques habilement coupés ou bâtis suivant les épures d'un appareil savamment tracé, mais sur des formes en terre ou en sable grossièrement établies par des moyens empiriques.
Les coupoles de la porte double du temple de Jérusalem marquent un progrès très sensible et qu'il est utile de remarquer. Elles furent élevées à peu près au même temps que Sainte -Sophie suivant la méthode syrienne, laissant à la
O. H. LE TBMPIB
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(Porte double. — PUn.)
pierre apparente son aspect naturel dans son appareil de construction, sans adjonction de matériaux décoratifs.
« A Jérusalem, la terrasse du Haram (la mosquée d'Omar.) domine, au sud, un terrain désert; les anciennes portes (du Temple) se voient donc mieux de ce côté. Il y en a trois, que l'on nomme, d'après le nombre de leurs baies, la Porte simple^ la Porte triple et la Porte double.
« Elles donnent bien une idée de ce qu'étaient, au temps de Jésus-Christ, ces portes du temple où Jésus et ses disciples se sont si souvent assis à l'ombre, pendant les heures chaudes du jour.
f9 L'ARCHITECTURE ROMANE.
« La porte se compose de deux baies qui s^ouvrent dans un grand vestibule dont les voûtes s'appuient sur une grosse colonne centrale. De ce vestibule partent deux rampes parallèles, séparées par un rang de piliers, qui conduisent à la plate-forme supérieure ^ >
La porte double a été reconstruite vers le vi« siècle. On a ravalé les murs anciens; quatre arcs-doubleaux ont été bandés sur la colonne centrale et on couvrit les quatre compartiments au moyen de quatre coupoles appareillées retombant sur quatre pendentifs sphériques.