Chap. xy, fig. 11, 12 et
•oo L'ARCHITECTURE ROMANE.
un certain nombre d^églises et de chapelles singulières par leur forme, qui est ronde où approchant du rond. Elles dérivent d'édifices dont Fidée première remontait à Tantiquité chrétienne, quoique plusieurs d^entre elles aient été prises plus d^une fqis pour des monuments païens... Le Saint-Sépulcre, dont la conquête fut le but de la première croisade, n^était plus Téminente et magnifique basilique que Constantin avait fait bâtir sur remplacement assigné par la tradition au tombeau du Sauveur. Deux fois reconstruit, après deux destructions, Tune par les Perses, Tautre par les Arabes, il avait reçu, dès le VII* siècle, la forme qu'on lui voit encore aujourd'hui : celle d'une rotonde avec bas côté étage; seulement cette rotonde, que les modernes ont coiffée d'une coupole en maçonnerie, reçut d'abord et garda pendant toute la durée du moyen âge un chapeau de charpente en forme de cône tronqué et ouvert à son sommet. Par là, le Saint-Sépulcre ressemblait aux temples hypèthres de l'antiquité. Son plan, d'ailleurs, n'était pas une nouveauté. Des rotondes avaient été construites pour l'exercice du culte chrétien avant le sac de Jérusalem par les Perses : témoin Sainte-Constance* et Saint-Étiennele-Rond, à Rome, et notre Saint-Germain-l'Auxerrois de Paris, qui commença par être une église ronde, et 'bien d'autres encore. On ne peut donc pas dire que le Saint-Sépulcre renouvelé ait été la première église bâtie en rond; mais il est certain que, sous cette forme, elle devint un type qu'on imita dans toute la chrétienté.
I. Le plan de Sainte-Constance ressemble à celui du Panthéon d' Agrippa, avec l'adjonction à l'intérieur d'une double colonnade.
HISTOIRE ET CARACTÈRES. Mi
L'histoire nous apprend qu'on en fit en France, au XI* et encore au xii« siècle*, beaucoup de copies sur une grande échelle. Elles ne durèrent pas, car nous voyons à leur place des églises dans la forme ordinaire, par conséquent reconstruites. La disparition de ces églises, construites par les architecte» romans à Pinstar du Saint-Sépulcre, résulte des vices de construction de leur couverture. Tantôt, en effet, on voulut les coiflfer de coupoles qui s'écroulèrent, tantôt on chercha à éluder la difficulté de construire une coupole en les recouvrant, comme le Saint-Sépulcre de Jérusalem, d'ouvrages en charpente ; mais ces ouvrages furent la proie des flammes et entraînèrent dans leur ruine le bâtiment lui-même. Pourtant deux de ces essais, Saint-Bénigne de Dijon et Péglise de Charroux, ont subsisté jusque dans les premières années de ce siècle, grâce à ce que la plus grande partie de leur diamètre avait été donnée au bas côté, tandis que la rotonde centrale y était extrêmement exiguë et, par conséquent, plus facile à couvrir; encore celle de Saint-Bénigne fut-elle hypèthre. Les imitations en petit, qui se sont conservées, permettent de conjecturer ce que furent la plupart de ces grands édifices*. »
Parmi les églises rondes les plus intéressantes, il faut citer: le Saint-Sépulcre de Neuvy (Cher), commencé en 1045, abandonné à la hauteur du premier étage et achevé un siècle plus tard; Saint- Bonnet-la-Rivière (Corrèze),dont la rotonde intérieure, de 10 mètres en-