‹ L'Arétin français [electronic resource]Chapitre 34 sur 43 · PARODIE · texte numérisé non relu

PARODIE

DE L'ENTREE D'OROSMANE DANS Zaïre

Innocente Rosette, avant que Vhyménée

Joigne h jamais nos coeurs et notre destinée,

]' ai cru sur votre con, sur mon vit, tour à tour,

Devoir, en droit jouteur, vous parler sans détour. Des bougres effrénés, dont la liste est très ample, Les exécrables moeurs ne sont point mon exemple, Ils disent que le cul, favorable au plaisir, Offre un champ plus étroit et plus doux à saisir; Que du premier anus se formant une gaine, Les vits les plus fluets s'y trouvent à la gêne, Et qu'au sortir du con, un athlète éreinté Se ranime à l'attrait de cette nouveauté; Mais, cristalline à part, sa suite est trop cruelle: On arrête, on enferme, ou l'on rôtit pour elle. De Loyola je sais qu'un tas de sectateurs, De la fange des culs pourceaux inquisiteurs, Faisant à leurs excès servir l'autel de trône, Affectent du Ponant l'empire et la couronne; Les monstres! ils seraient par un choix plus heu-

( reux

Maîtres du clitoris, « s'ils l'avaient été deux ». M'enculer avant l'âge était leur folle envie, Pour éloigner de moi cette secte ennemie, Le ciel vengeur arma mon père d'un gourdin; Mon oncle également leur frotta le grain, Et moi, leur dévouant une haine éternelle, Je marche au con d'un pas qui jamas ne chan-

( celle.

Que dessous leurs bonnets, vers nos culs attirés, Leurs yeux roulent sans fin, de luxure altérés; Que la trompette encore, à l'égal du tonnerre, De leur renom fameux étourdisse la terre, je n'irai point, en proie à ces sales amours, Aux jeux du culetage immoler nos beaux jours. J'atteste ce téton et mon vit qu'il enflamme De ne pas me frotter au con d'une autre femme (i) De rester votre amant bien plus que votre époux, De ne verser enfin mon foutre que pour vous. Ne croyez pas, non plus, qu'à mes doigts je confie Les plaisirs réservés à ma femme chérie: }' abhorre du poignet l'usage injurieux Oui détourne du con par un art odieux. Je veux, je veux vous foutre autant que je vous

( aime

Ou me fier à vous pour me branler vous-même. Après un tel aveu vous connaissez mon cœur, Vous voyez qu'en vous seule il a mis son bonheur, Vous comprenez assez quelle affreuse amertume Corromprait de mon vit la salutaire écume, Si vous n'abandonniez à ce membre parfait Qu'un immobile con, acteur froid ou distrait.

(i) Variante.

Je vous aime, Rosette, et {attends de votre âme De ne pas prendre un poil du con d'une autre

( femme,

De vous montrer l'amant, de vous cacher l'époux, U?î amour qui réponde à ma brûlante flamme. Mon indomptable vit ne fait rien qu' ardemment: Je me croirais foutu de foutre faiblement. De plus d'une façon je sais foutre et refoutre, Du palais de Vénus j'ai la maîtresse poutre, Si de la même soif, votre con se sent pris, Je vous enconnerai; mais c'est a ce seul prix! Et de ce trésor vif l'enceinte amoureuse Me foutra bien malheur, s'il ne vous rend

(jouteuse (i).

(i) C'est le pronom féminin (elle) qu'il fallait employer; mais, par égard pour M. de Voltaire, on a fait dans ce vers la même faute de langue qui est dans le sien.

Page 1