Scène II
MAITRE ANDREA, peintre, MESSER MACO, LE SIENNOIS
andrea, au Siennois. — Cherchez-vous un maître maco— Vous savez bien que, moi,je suis son maître le siennois. — Laissez-moi parler, moi qui entend
Je romanesque (2).
maco. — Parle donc maintenant.
andrba. — Répondez, si vous voulez une adresse
le siennois. - Messer Maco, docte in libris, et riche
et de bienne...
andhea. —Au fait, je dis queje vous ferai donnercinq çarhns par mois, et vous n'avez rien à faire.sinon étriller quatre chevaux et deux mules ; porter de l'eau et du bois à la cuis.ne, balayer la maison, chevaucher et nettoyer les vêtements ; le reste du temps,vous pourrez mener jojeuse vie.
maco. — A vous dire le vrai, je suis venu tout exprès pour... r
le siennois. —Se faire cardinal, et s'arranger avec . maco. — Le roi de France.
le siennoh. - Le pape plutôt... Ne vous ai-je pas dit de me laisser parler? v
andhea. — Ah ? ah ! ah !
maco. — De quoi riez-vous, l'homme .' ANDREA.-Je ris de cequevouscherchezunechimere.il
fi) Cf. Pinfrodoetion.
(a) L'italien, comme on le parle dans la Romaine.
LA FfcMMB DE COUR
est bien vrai qu'il faut d'abord se faire courtisan, et puis cardinal. Or, je suis le maître qui enseigne la courtisanerie. J'ai fait monseigneur de la Storta, le Révérendissime de Baccano, le prévôt de Montemari, le patriarche de la Magliana, et mille autres. Et, si cela vous plaît, nous ferons encore Votre Seigneurie, parce que vous avez l'air de faire honneur au pays.
MAC0. — Que dis-tu, Siennois ?
le siennois. — La chose m'arrange, la chose me va, la chose me convient.
maco. — Quand me tendrez-vous la main ? andrea. — Aujourd'hui, demain, ou quand il plaira à Votre Seigneurie.
maco. — Maintenant, il me plaît.
andrea. — De grâce.. .J'irai quérir le livre qui enseigne à devenir courtisan, et je reviens aussitôt vers Votre Seigneurie. Où logez-vous ?
le siennois et maco. — Dans la maison de Ceccolo, Génois.
Andréa.— Parlez l'un après l'autre, car parler deux à la fois n'est pas dans l'ordre.
MAC0. — Ce poltron me fait tomber en faute. le siennois. — Jenesuis point poltron, vraiment ! vous savez bien que j'allais, moi, me faire soldat, et vous ne voulûtes point que je m'exposasse à ce péril.
andrea. — Restez en paix ; car, à Rome, poltron est un nom fait pour les jours de fête. Maintenant, je pars et reviens tout à l'heure.
maco. Comment vous appelez-vous, vous ? andrea. — Maître Andrea, au cœur plus pur que le ciel. Je me recommande donc à Votre Seigneurie. maco. —Portez-vous bien.
le sirnnois. —Revenez tôt !
andrea. — Voici que je suis à voua.
L AHETIN