‹ L'argent: comédie en quatre actesChapitre 29 sur 106 · ROUX, MATHILDE · texte numérisé non relu

ROUX, MATHILDE

MATHILDE

Un moyen? quel moyen? II n'y en a pas. II fallait suivre mes conseils. Te voil^ bien avance maintenant

AGTE DEUXIEME 57

Quoi? Quels conseils?

MATHILDE

•Quel conseil? Jo t*avais recomrriande d*accaparer mon pere, de te faire valoir aupr^s de lui.

ROUX

Eh! sacre tonnerre... II n*etait pas question de testament encore. Reynard se portait comme le Pont-Neuf. Et enfin je ne pouvais pas prevoir que ton p^re aurait Tidee saugrenue de. favoriser sa femme.

MATHILDE

Vols si elle a perdu son temps, elle. Elle a su Tentortiller et Tamener habilemept ou elle. voulait.

ROUX., furieux.

Oh! Elle ne tient pas encore notre heritage. Je me charge de secouer ton pere. On ne so moque pas ainsi de moi. J'avais fait de si beaux'projetsi Avec Targent laisse par Reynard, celui que j*ai mis de c6te, et au besoin une petite commandite, j*aurais rachete la part de Laurent, dans la fabrique, dont je devenais seul proprietaire^ J*avais mes coudets franches. J*6tais mon maitre. Je commencais par ne plus fabriquer nos articles de qualite inferieure qui rapportent peu et nous font courir de gros risques. Ton pdre est un casse-cou. II fourre ju&qu*^ trente pour cent de fecule dans nos chocolats a bas "^rix. II nous fera passer en correctionnelle.

MATHILDE, se r^criant.

En correctionnelle? Un proems scandaleux I II ne manquerait plus que cela.

ROUX

J'avais d*autres idees encore, sur des articles k cr^er et k lancer, mais pour les appliquer U me fandrait de Targent, au moins la part qui me reviendrait legitime men t si Reynard n'avait pas songe a tester.

MATHILDE

Avec un peu plus d'habilete, il y a beau jour que tu te serais fait assurer des ayantages particuliers par papa.

ROUX

Ah! je suis pr^t a tout tenter, oui, tout, pour obtenir ce qui m'est du..;

MATHILDE

II faut trouver un moyen pour qu*on te restitae tout ce que ma m^re pent s'Stre fait donner illSgalement.

ROUX

Oui... il le faut.

MATHILDE

Quand je pense qu'il suffirait d*une signature de mon p6re, pour que je puisse enfm humilier toutes mes amies, pour qu*elles ne me narguent pas plus longtemps de leur luxe.

ROUX, qui se prom6n« a grands pas dans le salon^ lea

mains derri^re le dos. ,

Ah! j'y arriverais rapidement ^ mon million, si je po'uvais enfin manoeuvrer comme je Tentends. Et on ne les remue pas a la pelle les millionnairea

Page 1