MADAME REYNARD, LAURENT, MATHILDE
puis IRMA.
Madame Reynard et Mathilde sont a droite. — Elles boivent leur cafe au lait. — Laurent est a gauche, etendu
2 L'AKGENT
sur le canap^. -^ ll siffle Tair de la Favorite : « Un ange, une femme inconnue... »
MADAME REYNARD
As-tu fini de siffler?
Je n*ai rien a faire.
MATHILDE
Occupe-toi de la maison. Essaie de te rendre utile, au lieu de rester touie la sainte journee les mains dans les poches...
MADAME REYNARD
Ou de prendre des culottes a ton cercle. Tu pourrais nous economiser les deux cents francs de Sicard.
Parbleul Je vais enfiler des manches ve^tes et m'atteler a la correspondance. Pendant que tu y es, maman, enyoie-moi k Tusine, remplacer Bousquet, comme surveillant. Je fabriquerai le chocolat si tu veux.
MADAME REYNARD
Ne fais pas Tidiot.
MATHILDE
Tu n*es bon a rien, on le sait du reste.
LAURENT, tranquUlement, sans aigreur.
Mathilde, ma grande soeur, on ne s'occupe pas de vous, laissez-moi done tranquille.
ACtt'. fABMlER 3
MAtHILDE.
Ah! mon mari est bien b^te de s*6chinef a faire prosperer la maison.
Roux est pay6.
MATHILDE, ironique.
Ouii Six mlUe francs par an.
MADAME BEYNAHD, a Mathilde.
Et dix pour cent sur les benefices.
MATHILDE, a Laurent*
Enfin quand notre pauvre p6re mourra, tU prendras ta part d'Mritage.
A moins que tu ne pr6f6res me voir aller tout nu, comme un petit Saint Jean.
MATHILDE
Alors, tu devrais t'inqui6ter un peu plus de nos affaires.
. Laurent se remet a siffler. — Irma epou8s6te les meubles dans le salon du fond.
MADAME REYNARD, Tappelant*
Irma, emportez ces bols.
IRMA,familidre.
Est-ce que vous sortez ce matin?
MADAME REYNARD
Non.
MATHILDE
Mais si. Nous devons aller avec M. de Saint-R6gis, visiter la villa de tnadame Joffre.
MADAME REYNARD
Tiens... Je Tavais oublie.
IRMA
Venez-vous vous habill^r?
MADAME REYNARD
II est neuf heures a peine... J'ai bien le temps... Vous me sortirez ma robe noire, a dentelles,
IRMA
Oh! vous allez Tabimer k la campagne, oii tout doit.etre humideen ce moment. Mettez plutot votre robe de laine.
MADAME REYNARD
Oui... vous avez raison... ([rma sort. — AMathilde.) Ton p6re ne tardera pas a rentrer.
MATHILDE
Le docteur I'attendait ehez lui, a huit heures et demie. Papa et mon mari ont pris la voiture.
MADAME REYNARD
Je lui ai recommande de rentrer au plus vite. G'est aujourd'hui sa premiere sortie. Qu'aura dit le medecin? Pourvu qu'aucun malheur ne menace Jean!
' MATHILDE
Mais non, pere ne risque rien. G'est un coup de sang qu'il a eu le mois dernier. Voila tout. Va, tu as 6te plus eprouvee que lui.
MADAME REYNARD
Oui, je me croyais fichue avec mon foie malade. Mais ces deux mois passes a Vichy, en compagnie de Ternant, m*ont presque retablie.