ACTE TROISlfeME iOl
Tetat oil il se trouve, la nouvelle que j*ai k annoncer a Reynard, peut le tuer net. Hein?
MATHILDE
Pourquoi n'as-tu pas song6 k tout cela plus t6t? Enfin, je n'ai pas de conseils a te donner. Agis a ta fantaisie. Je trouve seulementtes scrupulesun peu tardifs. Tu n*as pas tenu grand compte des miens. J'en avals cependant, quand 11 m'a fallu, sur ton ordre, prendre les lettres. Maisc'^talt mol que tu mettais en avant. Maintenant qu'il faut payer de ta personne, tu hesites.
Tu deraisonnes. Ges lettres nous etalent indispensables.
MATHILDE
Pourquoi ? Si nous ne devons pas nous en servir?
ROUX
Je n'ai pas dit cela. Ecoute. J*ai cherch6 un moyen qui tout en sauvegardant nos inter§ts, me permit de ne rien dire k Reynard.
MATHILDE
Tu Tas trouv6 ce moyen ?
ROUX
Je le crois. Je vais prevenir ta m^re que je sals tout.
MATHILDE
Ah 5a... c'est malin.
ROUX
Eh! oui... Tu ne comprends done pas que grslce
i()% L'ARGENT
^ ces lettres, je peux lui imposer mes volontes, maintenant ? J'aarais prefere sans doute que de bonne grace elle mita ma disposition une partie de sa fortune. J'aurais m^me accepts une &orte de commandite. Elle ne veut pas en entendre parler. Alors, je vais la mettre en demeure de faire refaire le testament par son mari.
MATHILDE
Elle te promeJttra tout ce que tu voudras. Elle gagnera du temps. Mon pere mourra, et nous serous voles. Et si papa ne veut pas toucher a son testament ? Et Laurent d*ailleurs?
ROUX
Laurent ne saura rien. Je lui ai d6ja fait comprendre que je ne voulais pas de scandale. Si je lui dis que je refuse de prevenir son pere, ce n'est pas lui qui ira le mettre au courant de la situation.
MATHILDE
Tu as des malices cousues de fil -blano... Et puis, tout cela est trop aleatoire pour nous.
ROUX
Alors, je proposerai autre chose a ta m^re. Je me ferai signer une reconnaissance... je...
MATHILDE
Nous serons toujours obliges d'attendre la mort de papa pour avoir la fortune?
ROUX
Dame !
MATHILDE
Tandis que nous pourrions I'avoir tout de suite.
AGTE troisiI:me 403
Le divorce prononce, nous serious les maitres ici. Mon p6re nous ferait des avancessi nous en avions besoin, et nous en avons besoin...
ROUX
Nous autres ?
MATHILDE
Oui. Libre & toi de vivre dans la g^ne, si le coeur t'en dit, quand nous pourrions avoir toutes nos aises, mais, moi, je n'entends me priver de rien.
ROUX
Gomme si tu te privais de quelque chose.
MATHILDE
Gertainement. Je n'ai pas de coupe, je n'ai pas de loge dans les theatres. Et ma campagne? Et des bijoux?
ROUX
Je ne suis pas assez riche pour te payer tout cela.
MATHILDE
Tu pourrais P^tre, tu ne le veux pas. G'est justement ce que je te reproche. D'ailleurs, madame Lambert a chevaux et voiture... Son mari est moins riche que toi.
ROUX
Ses amants le sont davantage.
MATHILDE
Enfin, entretenue ou non, elle a de belles toilettes, un Equipage, des diamants.
ROUX
Tu paries comme une sotte en ce moment.
MATHILDE
Ah ! ne me dis pas de grossi^ret^s, n'est-ce pas ? G'est assez d'etre b^te, ne sois pas impoli encore- J'enrage assez de voir tous les plaisirs me passer sous le nez, sans pouvoir en gotlter un seul, grace k ta maladresse, k cequetu appelles tes scrupules-
ROUX
Enfin, tu me conseilles de provenir ton p^re?
MATHILDE
Je ne te conseille rien du tout. Fais ce que tu voudras. Ne t'occupe plus de moi. Je te garantis bien qu'a I'avenir je saurai me debrouiller toute seule.
Elle remonte.
ROUX, la retenant.
Tudis?...
MATHILDE
Rien du tout.
ROUX
Explique-toi, je le veux.
MATHILDE
L4che-moi, tu me fais mal.
ROUX
Je t'engage k surveiller tes paroles. Tu viens de prononcer une phrase maladroite et qu*il ne faudrait pas repeter, tu m'entends ? Quant k ton p^re, puisque tu le veux, il sera prevenu. Je me lave les mains de ce qui pourra arriver. Ge sera par ta faute et celle dota m^re. Si elle t'avait elevee autrement,