SCENE IX
REYNARD, ROUX, LAURENT, MATHILDE, MADAME REYNARD, puis JULIENNE.
Madame Keynardenlre par la gaache. Elleesthabillee pour sortir. Un silence. Elie traverse la scene. Au moment ou elle va sortir, Reynard remonte.
REYNARD
Est-il bien sur au moias que le procureur ne poufduivra pas, si on retire la plainte?
MADAME REYNARD
Oh! absolument sur.
REYNARD
Et le journal?
MADAME REYNARD
Ulnt^griU? 11 insurer a une rectification la semaine prochaine. G'est convenu avec le directeur.
REYNARD
Nous echangerons une lettre dans laquelle ilsera specific queje reprends ma liberie d*action si le procureur, ou Miguel lui-m^nie poursuit.
MADAME REYNARD
Oh ! Je veux bien... Alorg, je reste?
ROUX, viveraent.
Mais certainement, vous restez.
AGTE QUATRIEME \b9
MATHILDE
Ote done ton chapeau.
Et ton manteau.
lis raident a les 6ter.
ROUX, a Reynard.
Ah! e'est bien, beau-p6re! (se frottant les mains.) Eufin, nous voila reconcili^s. Ah ! que je suis heureux, que je suis done heureux! (a madame Reynard.) Et vous?
^DAME REYNARD
Oh I moj «,«o«x. (a Reynard.) Gela ne vaul-il pas mieux que de nous fair e jeter des injures a la t^te par des avocats?
MATHILDE
II n'y a .en de si penible que d'etre brouill^s, entre parents.
Nous allouo reprendre notre vie paisible.
ROUX
Nos bonnes habitudes passees. Tons ces ennuis m'avaient rendu malade. II est si doux de former une famille unie, oii l*on s'airae, oii l*on a plaisir k se voir.
MATHILDE, a madame Reynard.
Et toi qui voulais nous quitter. Maintenant que nous te tenons, nous te garderons bien.
MADAME REYNARD
Mais je ne demande qu'i rester. (pause.) II faudra voir Miguel au plus t6t.
ftEYNARD.
Je le verrai d^s son retour. ii est absent pour quarante-huit heures.
MADAME REYNARD
Ahl tu sais qu'ii veut personnellement deux mille francs pour les demarches' qu'll a faites et qu*il doit faire encore Si,upf6s du pro^eur^^r,.
ROCX.
De^ix mille francs !
REYNARD
II ne les aura pas.
MADAME REYNARD
11 faut les lui donner.
Deux mille francs pour avoir d^pos^ une plainte contre nous ?
MADAME REYNARD
Pour la retirer.
REYNARD
Tu les lui donneras, si tu veux, sur les cent cinquante mille francs que je dois te remettre.
MADAME REYNARP.
Pa.« du tout. Tu les lui donneras toi^m/^me.
TO us, ensemble.
I MATHiLDE. ^- Non, ^a n'est pas raisonnable. REYNARD. — Je fle lui donnerai rien, LAURENT. — G'est absurde.
MADAME REYNARD. — Jeue douuerai pas uu SOU.
Roux. — Encore deux mille francs !
REYNARD. — II u'y R rieu de fait.
Julienne entre par le fond.
AGTE QUATRIEME f6i
REYNARD
Quoi?QuYa-t-il?
JULIENNE
Le dejeuner est servi, monsieur.
REYNARD
Bon. (juli«nne sort.) Voyons, ne nous emportons pas. Nous sommes d*accord sur les points principaux. Reste la question des deux mille francs. Nous tdeherons de nous entendre li-dessus. Allons toujours nous mettre a table... Nous reprendrons la discussion aprSs le dejeuner.