JEANNE
Tu me Tas prdt6 I'autre jour.
ROGER, cherchant.
Alors... Alors... Tiens... [Les fables de Lafontaine... avec de belles gravures... Voil4 ton affaire.
LA PETITE JEANNE, le prenant.
Merci, grand-p6re.
ROQER9 s'asseyant pour ^crirot
Et ne Tabime pas, hein?
LA PETITE JEANNE, s'installant dans un fauteuil. Non, grand-p6re. (silence. — Jeanne a ouvert le livre.)
Voil^i le loup... Qa, c'est un lion... Ah! un chien... II ressemble A Pyrame... (silence.) Grand-p^re?
ROGER, qui ^crit.
Que veux-tu?
LA PETITE JEANNE
II y a un papier dans le livre.
ROGER, sans lever la tdtd.
Eh bien, jette-le.
LA PETITE JEANNE
Dans lefeu?
ROGER
Oui... dans le feu.
Jeanne se l^ve> et s'approche de la chemin^e. — Au moment de Jeter le papier^ elle le retourne.
LA PETITE JEANNE
Grand-p6re?
ROGER
, Encore?
LA PETITE JEANNE
II 7 a de la chose rouge sur le papier.
ROGER
Quoi?
LA PETITE JEANNE
Tu sais bien... cequ*on fait briller avec la bougie.
ROGER, levant la tdte.
De la cire?
LA PETITE JEANNE
Oui.
ROGER
Montre-moi ce papier.
LA PETITE JEANNE, le lui apportant.
Tiens. (C'est une enveloppe que Roger decach^te. — II en tire un papier pli^ en deux qu'il ouvre. — II le lit et se 16ve
brusqiiement.) Qu'as-tu, grand-p^re?
ROGER, d'une voix alt^i-^e.
Va jouer dans ta chambre, va, laisse-moi.
LA PETITE JEANNE
D6ji?
ROGER
Oui... va-l'en!
LA PETITE JEANNE
J'emporte monlivre?
ROGER, apr^s I'avoir feuillet4.
Oui... Emporte-le.
Jeanne sort avec le livre. — Roger, seul, s'approche de la crois6e» et relit le papier. — II marche a grands pas a travers le salon, s'arrete, puis» reprend sa marche.