SCENE VI
Les Mêmes, CATHERINE.
CATHERINE, une théière à la main.
A table I messieurs. Pas de cérémonies! On se place où Ton veut. (A Guillaume qui prend sa droite, tandis queLafontas se met à gauche.) Votre oncle nous abandonne ?
GUILLAUME
Il viendra plus tard, madame. Je lui ai conflé une iQissioi) r
ACTB PREinKR 19
CATHERINE
Le sucre, s'il vous plaît, monsieur Lafontas. Lafontas fait passer le sacre, et elle commence de verser du thé.
PIERRE, aspirant la vapeur qui se dégage •
Sapristi I... Ça vous chatouille la gargamelle.
EDOUARD
En a-t-il des expressions celui-là !
CATHERINE
Il y a de la crôme dans le pot au lait.
GUILLAUME
Devinez Lafontas, quels clients nous avons eus hier après votre départ?
LAFONTAS.
Des serins?
PIERRE
Une cuisinière.
GUILLAUME
Un capitaine en retraite.
EDOUARD
Et le vicomte... Papavoine.
Lafontas lui témoigne qu*il apprécie.
Qu'est-ce qu'ils désiraient ?
EDOUARD
I^a cuisinière, une obligation d^ la ville (te Pfifri?,
20 l'argent d'adtrui
(Comiquement,) histoire de gagner le gros lot, un de ces jours.
LAFONTAS.
Et le capitaine ?
GUILLAUME
Le capitaine, lui, — des soirs, nous bousculions un domino, en prenant de la bière, — n'arrêtait pas de m'assommer, de geindre : le gouvernement n*est pas raisonnable ! S'il nous accordait une retraite plus forte, mon Dieu vous comprenez 1 ça irait encore. Mais j'ai quatre enfants à nourrir, môsieur, quatre garçons et une femme.
CATHERINE
Pauvre homme !
GUILLAUME
Alors, ma Foi, qu'est-ce que vous voulez! on n'est pas de bronze, il y a une quinzaine, je lui ai dit de réaliser son trois pour cent, et de venir me voir» que je lui donnerais du meilleur à la place.
CATHERINE
Bien, monsieur Guillaume!
EDOUARD
Il est accouru, ses petits bleus en main, ses petits bleus couleur du temps.
GUILLAUME
J'ai encaissé les fonds.
LAFONTAS.
Et vous lui avez remis contre ?