ACTE TROISIÈME
KATE
Ça, c'est vrai, je suis coupable.
TAMISEY.
Pourquoi ne m'avez-vous pas répondu?
KATE
Je voulais répondre, mais les matinées sont d'un court! On ajuste le temps de dormir.
TAMISEY.
Kate, vous ne m'aimez plus.
Vous répétez toujours la même chose.
TAMISEY.
C'est que je regrette l'époque où je n'avais pas droit de vous la dire, cette chose. Êtes-vous libre demain ?
KATE
Non, pas demain. C'est mon jour de réception.
TAMISEY.
Après demain ?
KATE
Mercredi ? c'est le jour de madame Tamisey.
TAMISEY.
N'y allez pas.
KATE
Ce serait inconvenant.
1 08 l'argentî^d'autrui
TAMISEY.
Eh bien, jeudi, vendredi. On s'arrange, on se débrouille, que diable!
KATE
J'ai rendez-vous jeudi avec ma couturière, et vendredi, nous montons, une bande de dames, sur la colonne Vendôme. Je vous écrirai.
TAMISEY, avec amertume
Compte là-dessus, mon bonhomme t
KATE
Vous êtes de mauvaise humeur, monsieur Tamisey.
TAMISEY.
Ai-je tort? Soyons raisonnables! Je frappe chez votre mari, et qui ai-je le déplaisir d'y rencontrer?... Vous... dans ce bureau! quand vous savez parfaitement, qu'après la Bourse, je suis dans le mien.
KATE, elle s'iigace.
Si je n'ai plus mén^e l'autorisation de venir chez mon mari ! si c'est de lui que vous êtes jaloux I
TAMISEY.
C'est de lui, en effet... depuis le soir où je vous ai reconnus au Bois.
• KATE
Nous prenions l'air.
TAMISEY.
On ne prend pas l'air avec son mari.