BANQUES
L'organisation de la Banque devait prendre forcément en Argentine un caractère international, puisque le commerce argentin est surtout extérieur. De plus, ce commerce est, en grande partie, entre les mains des étrangers, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Espagnols, Belges ou Américains du Nord, ce qui a déterminé sur la place de Buenos Ayres la création de plusieurs groupes de banques appartenant, par leurs fondateurs ou par leurs capitaux, à
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ces diverses nationalités. Chacun de ces établissements est en relations suivies avec son pays d'origine et cherche à grouper autour de lui la clientèle de ses nationaux.
Comme importance et comme organisation, les banques qui opèrent en Argentine ne laissent rien à désirer. Ainsi qu'on le verra par la suite, en additionnant le capital social de toutes ces banques, on arrive à un total de près de 400 millions de francs, valeur nominale, ce qui paraît largement suffisant pour tous les besoins actuels du commerce.
Placées sous le régime de la libre concurrence et disposant d'un capital considérable, elles ont été amenées à donner au commerce des facilités de plus en plus grandes, afin de pouvoir développer leur clientèle et augmenter le volume de leurs opérations. De plus, comme la suppression de la prime de l'or a fait disparaître l'une de leurs principales sources de profit, c'est dans l'extension et le perfectionnement de leurs services courants de banque qu'elles ont dû trouver les compensations qui leur ont permis de maintenir leurs bénéfices.
Ces banques ne sont pas susceptibles de comparaison rigoureuse, car chacune d'elles, exerçant son activité au profit de ses nationaux, doit par conséquent, se plier à leurs usages. Les Banques anglaises, par exemple, ont la clientèle des Compagnies de Che mins de fer, d'un grand nombre de maisons d'exportation ou de Compagnies de Navigation, en raison de liens qui les rattachent avec la place de Londres et ses principaux groupes financiers. La Banque allemande prête principalement ses services aux entreprises industrielles de même nationalité et aux maisons allemandes d'exportation. La Banque française
du Rio de la Plata, grâce à ses relations avec la place de Paris et sa forte situation à Buenos Ayres, est un précieux auxiliaire pour le commerce français en Argentine. Les Banques italiennes se partagent les faveurs de la colonie italienne, qui, par son importance numérique, donne lieu à un gros mouvement de petits capitaux. Le Banco del commercio est en relations directes avec un des grands groupes financiers de Madrid, et facilite les opérations de banque entre les divers pays de race espagnole.
Quant à l'Argentine proprement dite, elle est représentée dans ce concert de banques, d'abord par une Institution d'État, le Banco de la Nation Argenlina, qui, en dehors de ses opérations avec le Gouvernement, possède des services publics de dépôts et d'escompte comme les autres établissements ; puis par le Banco Espahol, qui a pris sur place, depuis quelques années, une importance considérable. Formée avec des capitaux du pays et par des gens du pays, cette banque a su grouper autour d'elle une clientèle de grands propriétaires fonciers, en leur offrant des faci- ' lités de toutes sortes pour les opérations qui se rattachent à la vente des produits du pays.
Nous donnons, dans le tableau ci-après, rénumération de ces banques dans leur ordre de création, avec quelques détails sur leur capital, leurs réserves et leur rendement. Toutefois, en ce qui concerne les banques anglaises qui ont leur siège à Londres, nous ferons remarquer qu'on ne peut connaître le chiffre de leurs opérations en Argentine et le capital qu'elles consacrent à cet objet, ces Sociétés ne publiant qu'un Bilan générai pour l'ensemble de leurs affaires sur les diverses places où s'exerce leur activité.
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