LES PROLONGEMENTS VERS L'ORNAIN
__ La masse principale des dépôts gaizeux, alors épaisse de 75 mètres, prend fin brutalement sur le front de Passavant, devant la région des sources de l'Aisne. Néanmoins une succession d'affleurements du même étage, plus modestes certes que ceux de Futeau ou de Vouziers, est encore visible jusqu'à l'Ornain de Revigny.
Ils épousent les contours d'un léger croissant, long de 20 kilomètres et large de 3 à 4 en son milieu. La pointe nord vient se rattacher à Villersen-Argonne aux couches profondes de la formation lenticulaire, tandis que la pointe sud s'effile entre la Vière et la Chée, pour disparaître définitivement près de Vroïl dans les plaines alluviales modernes de ces deux émissaires de l'Ornain. Intercalée entre la craie glauconieuse et le gault, la roche n'est décapée qu'en forêt de Belval et sur le territoire de Nettancourt. Ailleurs, les nappes complexes à graviers et argiles de la Neuville-aux- Bois, de Givry et de Charmont la masquent presque continuellement.
Le rebord du croissant, à peine marqué dans la topographie, et situé fort en retrait par rapport à celui de Waly-Clermont, n'est précédé vers l'est que par deux ou trois lambeaux de faibles dimensions, peu éloignés de l'ensemble et localisés à Laheycourt et Villers-aux-Vents de part et d'autre de la section moyenne de la Chée. Rien ne précise d'ailleurs dans quelle mesure les vastes districts albiens de Triaucourt et les plaques isolées du gault, si proches de l'Aire au bois de la Héronnière comme à Vaubecourt, ont été initialement couverts par des revêtements gaizeux.
En revanche, des placages importants de la craie glauconieuse, épais de 10 mètres environ, reposent directement sur le gault aux alentours des villages de Senard et des Charmontois.
Cette discordance se produit dans une boucle de la rive droite de l'Aisne, à moins de 5 kilomètres au sud de la corniche de Passavant. La craie glauconieuse et les sables verts supérieurs esquissent ici une poussée en direction de Triaucourt, et ont transgressé en avant du pédoncule de la Neuville-aux-Bois.
Les assises de Belval et de Vroïl se composent de qgaizes peu semblables, dans leur aspect et dans leur nature, à celles des carrières du Claon, d'Autry
Liane
et de Bagot. Les blocs massifs de la pierre-morte et leurs rognons n'existent plus à partir de Villers-en-Argonne. Dans les gisements de Bournonville, la roche se présente désormais comme une boue argileuse, de teinte grise, plus ou moins durcie. Les argiles bleues et noires du Chôâtelier, compactes et peu perméables, que l'on a assimilées au « tuf » silicifère de Revigny, ont, elles aussi, un certain nombre de points communs avec la terre des fonds de Passavant, avec la variété noir-ardoise définie par Collet, c'està-dire avec les strates inférieurs de l'étage gaïzeux. AC En aucun cas, ces dépôts du pédoncule méridional, dont la puissance maximum est de 20 mètres seulement, ne sont entaillés par des reliefs comparables à ceux de la lentille principale. SR
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