LA CORALLIEN DE . BUZANCY
Fig. 1. — Echelle stratigraphique représentant la suite des étages depuis le jurassique supérieur jusqu'à la craie blanche.
Pour se faire une idée exacte de la puissance de ces formations, il ‘ convient d'ajouter aux 60 mètres du séquanien les 50 mètres du rauracien roux ou jaune foncé également oolithique qui lui fait suite dans le soubassement, mais n'est visible que près de Buzancy ou sur les rebords orientaux entaillés par le ruisseau de Wiseppe et l'Andon. Régulières, compactes et dures, avec quelques inégalités de résistance dans le détail seulement, les assises séquaniennes du nord-est de l'Argonne favorisent la massivité des ensembles. Le jeu de l'érosion y a déterminé des formes propres aux tables calcaires rigides que l'on rencontre fréquemment dans la partie occidentale de la Lorraine : plateaux arides, drainage en profondeur, hautes vallées sèches, encaissement des cours d'eau, circulation souterraine parfois et résurgences, telles les sources de la Hideuse et de plusieurs affluents de l'Agron. Les roches du portlandien auront, par leur nature, une influence semblable sur le modelé, mais leurs districts se localisent plus au sud et ils sont alors séparés du séquanien sous-jacent par les couches médianes des marnes kiméridgiennes moins perméables.
LE KIMERIDGIEN. — Absent de l'horizon stratigraphique à 10 kilomètres au nord de Grandpré, le kiméridgien vient s'intercaler, à partir du bois de Bourgogne et jusqu'à Cornay, entre les sables verts albiens et le corallien de Buzancy; les nouveaux bancs calcaires, épais de 30 mètres, se substituent également au séquanien pour supporter, vers Romagne et
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Cunel, des lambeaux de l'infracrétacique, qui les masquent partiellement. Par ailleurs, les franges étroites sub-portlandiennes, qui longent l'Aire ou courent de Septsar 1ges à Pierrefitte par Esnes-en-Argonne et Nixéville, n'ont ni la fermeté, ni la vigueur de relief, ni surtout l'extension des deux dépôts encadrants. Le kiméridgien atteint désormais 50 mètres à Dombasle, où il tapisse le fond de la vallée du Wadelaincourt au niveau de nappes phréatiques très fragmentées. Le sous-étage supérieur ou virgulien (J 5b), contenant l'Astarte minima, comprend en effet des calcaires bleus et grisâtres, régulièrement statifiés et de plus en plus marneux vers la base avec laquelle la perméabilité s'atténue. Les facies profonds ne seront mentionnés que pour mémoire, les calcaires roux, durs et cariés du ptérocérien (T 5a) n'intéressant que le voisinage immédiat de la Meuse aux environs du
Jort des Soartelles.
LE PORTLANDIEN (J6). — Sa puissance ne dépasse 60 mètres que tout au sud-est de la région, dans la vallée de l'Aire, en amont de Varennes, où les tables massives se développent sur les deux rives de la rivière et envahissent le pays de la Cousances jusqu'à la Voie Sacrée (1).
Les assises, surmontées à leur tour de plaques albiennes et gaizeuses, g'amenuisent progressivent vers le nord pour se terminer en biseau sur la ligne Cornay-Montfaucon. Elles ne sont pas uniformes et comportent d'abord des lits de calcaires marneux alternant avec une argile calcarifère grise et solidifiée. Dans les carrières de Montblainville ou de Rarécourt, lieux d'extraction de pierre à bâtir et de matériaux pour le hérisson des routes, l'essentiel de la formation revient à un calcarie dur, lithographique
et très compact, d'un blanc éclatant sous le soleil. Il est appelé Lumachelle,
en raison des marbrures de ce nom, formées de débris d'ostracées, qui le
caractérisent ainsi que le kiméridgien.
Le portlandien est certainement, par ses plateaux secs voués à une maigre végétation et aux cultures pauvres, par l'étendue de ses affleurements à proximité de l'Argonne des gaizes, celui des trois calcaires qui traduit le mieux les contrastes de facies entre la fin du jurassique et le
début de la période suivante.