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LA VALLEE SUPERIEURE DE L'AISNE ENCAISSEE DANS LES GAIZES

La plaine d'inondation. — Entre Villers (cote 145), Senuc (cote 105) et Voncq (cote 96), où un coude vers l'ouest annonce, avec le cours moyen, son entrée dans les plaines du Rethelois, l'Aisne divague sur le fond alluvial d'une vallée aux paroïs gaizeuses, maintenant trop grande pour elle.

Les méandres de déversement aux capricieuses arabesques, les zones moarécageuses asséchées ou non et les bras morts ne multiplient. Le profil d'équilibre est presque réalisé. Si la pente reste sensible dans les sections encore étranglées de Châtrices et de Lançon, elle se ralentit près du confluent de la Dormoiïse d'abord, en aval de Senuc ensuite, où les parcs installés sur le remblaiement moderne s'épanouissent jusqu'à Challerange, couvrant ainsi en largeur plus de 1.500 m. ;

Villers - Servon - Senuc - Brécy- | Vouziers- Servon Vouziers Voncq

La puissance des matériaux lentement accumulés qui, dans les proportions d'un tiers environ, comblent partiellement le berceau rocheux, atteint 10 m à Villers, 12 à Verrières et 15 à Vienne-la-Ville. Ces alluvions récentes regroupent, sous forme de sables fins et d'argiles imperméables d'une part, de caiïlloutis gaizeux et de débris de grès d'autre part, la plupart des ‘éléments lithologiques rencontrés en Argonne. Sur une coupe verticale, la: nappe est cependant plus régulière que celle de la Biesme à La Harazée et le matériel beaucoup moins grossier.

Le sondage du Moulin de Haut de Verrières indique, en effet, à 100 m de la rivière, la superposition de deux séries semblables, sinon identiques,

Lavoie

nr

dans leur composition et comprenant chacune plusieurs lits parallèles (1) :

ns du Zéro naturel terre végétale : de —6 boues argileuses jaunes boues argile grise compacte à argiles molles CE graviers.et rognons gaizeux ; argiles grises ês — 6 graviers de gaize —12

Moulin de Haut

Fig. 8 — Profil de la vallée basse dans l'hypothèse dune to A Verrières le zéro naturel est à la cote 138,5.

Un autre sondage, celui du Pré Lignon de Saint-Thomas où l'on retrouve la même disposition, semble confirmer l'existence effective d'une terrasse fossile vers —6 m à partir du niveau actuel des berges de l'Aisne. R. Thillois, qui tient cette hypothèse pour fondée, ayant recueilli, sur le territoire de Sainte-Menehould — au lieu-dit Les Hazelles —, une dent d'elephas primigenius dans la moitié inférieure des alluvions, la première étape du remplissage serait donc postérieure ou au plus tôt contemporaine de la fin de l'Acheuléen.

En revanche, sur une rive comme sur l'autre, aucune trace de terrasses à + 5 et + 15 m au-dessus de la plaine d'inondation. Leur absence constitue une des différences essentielles entre l'Aisne de Sainte-Menehould

‘ou de Senuc et l'Aiïire de Varennes ou de Saint-Juvin.

Emplacement du cours d'eau. — Creusée dans les assises gaizeuses au nord de Villers, la vallée de l'Aisne décrit, durant la traversée de l'Argonne, toute une série de sinuosités. Nombreux et pressés les uns contre les autres en amont du confluent de la Biesme, plus largement ouverts ensuite, les méandres encaissés accusent pour la plupart une topographie mûre, conforme au sens actuel des écoulements. Leur déplacement vers l'aval, au cours d'une vigoureuse attaque des eaux courantes sur les flancs des lobes de rive concave, «a réduit ces derniers à un simple pédoncule effilé. Il en est ainsi des petites croupes sur lesquelles sont installés les villages de Châtrices et de La Neuville-au-Pont. Près de Verrières même, dans les prairies du Haldron, le recoupement a été réalisé. À Sainte-Menehould, le

travail était si avancé que le simple aménagement d'un chenal en bordure

des fossés protégeant la forteresse moyenâgeuse a permis de séparer définitivement la butte du Château des hauteurs comprises entre l'Aisne et son affluent l'Auve.

(1) Collet : Géologie de l’arrondissement de Sainte-Menehould, commune de Verrières.

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Entre Condé-les-Autry et Senuc, la rivière dessine un vaste arc de cercle en direction de l'est, s'enfonçant ici au cœur du massif des gaizes dont elle scinde les affleurements en deux parties sensiblement égales. Sur toute la longueur de cette boucle, la phase d'élargissement dans LC roche en place, telle que nous l'avons définie à Châtrices ou à Saint- Thomas, est désormais inscrite au sein du berceau lui-même. Très nettement profilé, le replat de la rive droite, que suit à l'altitude de 155-160 m la route de Lançon à Senuc, supporte une grande quantité de petits cailloux roulés de quartz, de quartzites-grès et de grès roses de Châtrices. |

Perpendiculaire à la pente générale des couches, le cours d'eau est, dans son orientation, parallèle au talus des craies. Mais, contrairemt | à ce que nous pourrions attendre d'un relief monoclinal, il ne s'agit nullement d'une subséquence immédiate. En effet, une bande de terrains tendres, faciles à déblayer, s'étend entre ce front et l'Aisne dont l'enfoncement dans la gaize dure et perméable a nécessité un très puissant burinage. Faut-il donc parler de surimposition? Si une telle affirmation semble pour le moins prématurée, il est toutefois permis de supposer que la rivière a pu s'installer, à l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui, sur un modelé différent de celui que nous avons sous les yeux.

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