‹ L'Arioste comedie historique en un acte en versChapitre 1 sur 35 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PAU LA , G I N A , venant de la gauelie do publie. PA U LA.

Pouvons-nous avancer?

Giru.

Tenez. Ne craignez pas.

Ces messieurs sont en train de prendre leur repas.

PAULA

Que dans ce lieu désert la nature a de grâce.

Et qu'il me semble doux ce vent léger qui passe ! Qu'il sème de parfums dans les airs attiédis !

Oui ; mais ce lieu charmant est peuplé de bandits Qui depuis quinze jours nous gardent prisonnières. Cela gâte pour moi les senteurs printanières.

PAULA

Ah! Gina, quel sujet de nous désespérer I Après un tel malheur de quel front nous montrer?

GINA

Mais je ne trouve pas que nous soyons en faute,

Et nous pouvons toujours marcher la tête haute. Votre père était mort... pardon, ne pleurez pas .. Votre tuteur bientôt instruit de son trépas Nous écrit que pour vous sa maison se prépare Et qu'il faut vous hâter de venir à Ferrare.

Nous partons. Un beau soir, sur le bord du chemin. Paraissent des messieurs l’escopette à la main.

6 L’ARIOSTE

Gros mots du postillon ; temps d’arrêt; peur atroce ; Tableau. Nous descendons tremblantes de carrosse ; On nous conduit ici. Je me lasse à chercher Quel tort dans cette allairc on peut nous reprocher. Au fond, notre clôture est assez tolérable.

Et dans notre malheur rien n’est irréparable.

Ces messieurs les bandits, convenez, entre nous. Qu’ils sont très-gracieux, très-obligeants, très-doux; Que leur langage est pur et leur maintien modeste.

Et qu’ils n’ont abusé ni du mot, ni du geste.

PAULA

11 n’importe. Un soupçon nous suivra, m’entends-tu? On ne voudra pas croire au respect qu’ils ont eu.

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