‹ L'Arioste comedie historique en un acte en versChapitre 7 sur 35 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

La justice et l’honneur, ces premiers biens des hommes 1 J'ai suivi son exemple et nous sommes amis.

Point de crainte ; il tiendra tout ce qu’il a promis;

Et dès que vos rançons auront été comptées Vous partirez d’ici par moi même escortées.

GIN A

Vrai, bien vrai?

CARLO

Pouvez-vous encor le demander?

Mais dans quel intérêt voudrait-il vous garder? Quel motif, quel prétexte à ce parjure infâme Y

GIN A

La question est bonne. Eh 1 regardez, Madame : 11 me semble à la voir qu’un bandit exigeant Peut vouloir autre chose encor que son argent.

CARLO

Vous croiriez!...

G INA

Je crois tout.

CARLO

Dans quelle erreur vous êtes I La première des lois que nous nous sommes faites,

La loi que notre chef inflexible en ce point Fait respecter toujours avec le plus grand soin.

Est celle qui défend, sous des peines sévères,

D’oser rien attenter contre nos prisonnières.

Sans cette sage loi, de leur honneur jaloux,

Tous les gens du pays s’armeraient contre nous.

Ne redoutez donc rien et prenez confiance.

Cependant j’ai pitié de votre impatience ;

Votre écuyer agit en mauvais serviteur,

Et je voudrais pouvoir stimuler sa lenteur.

PAULA

J'ose mettre en vous seul ma plus grande espérance. Monsieur, ne pouvez-vous aller jusqu’à Florence?

Maître Albin, mon notaire, est honnête et discret,

Et d’ailleurs, nul ne sait ce que vous avez fait.

Contez-lui l’aventure où je suis attachée;

Si ma rançon encor n’a pas été touchée,

Prenez-la de ses mains et me la rapportez.

L’ARIOSTE

GIN A

L’idée est excellente. Eh bien I vous consentez ? Ah! que vous méritiez une chance meilleure!

Faites voire paquet et partez tout à 1' heure.

A revoir. Vous avez ma bénédiction.

CARLO

Il me faut pour partir une permission.

Je vais la demander. J’entends le capitaine ; Veuillez vous retirer et calmer notre peine.

Pour la dernière fois ne craignez rien de nous.

PAULA

Je me sens plus tranquille et je me fie à vous.

CARLO

11 en était ainsi dans notre heureuse enfance,

On vous livrait sans crainte à ma jeune prudence; Je dirigeais vos pas; je surveillais vos jeux.

Vous souvient-il d’un jour où le temps orageux Nous fit chercher abri sous’ un vieux sycomore?

J'v gravai votre nom; ou peut l’y voir encore.

CINA, A Pauli.

Venez.

PAULA, A Carlo.

N oublit z pas que nous comptons sur vous.

(Elle tort avec Giaa, par U gauche.)

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