‹ L'aristocratie en AmériqueChapitre 27 sur 43 · LE CANADA · texte numérisé non relu

LE CANADA

« Nous n'avons point encore parlé de ce pays ; ce n'est pas que notre pensée lui soit demeurée étrangère. Non. Notre pensée et notre cœur sont avec les Canadiens. Ils sont nos frères par l'origine, par le langage, par l'amour de la liberté; ce qui les intéresse ne saurait donc nous être indifférent. D'ailleurs, nous avons â réparer vis-à-vis d'eux les torts des hommes qui nous ont précédé dans la direction du Courrier des États-Unis, ce journal qui se disait français, et qui jeta la pierre à une nation, fille de la France, qui s'était levée (prématurément, sans doute, et c'était là son seul tort ! ) pour la défense de ses droits méconnus et de son indépendance foulée aux pieds. Cette désertion sacrilège d'une cause sainte est une grande tache au passé du Courrier des États- Unisj et nos mains, pieusement patriotiques, s'efforceront de l'effacer. Le Courrier des États-Unis est et

é des Canadiens français; autant qu'il le leur donnera aide et support: en venant à iirront être sûrs de venir sur une terre amie. n main leur cause fraternelle, lui vouer le notre faible zèle, c'est, à nos yeux, un des ds attraits et des plus grands devoirs de la î nous avons entreprise. Nous n'entendons : là, nous faire des fauteurs d'insurrection, peler de la raison du droit à la raison du lin de nous cette pensée ! Notre conviction : que, dans la loi de l'avenir, toute justice ! Toute domination qui n'est basée que sur tout gouvernement qui n'a point pour lui la des gouvernés, tomberont en poussière par ipire de cette grande puissance : la raison î lus d'autre légitimité, d'autre conquête dule celles qui s'appuient sur cette base. Or, et la raison humaines réprouvent également sèment d'une race aux lois d'une autre race, à la première par l'origine, le langage, la les habitudes, les mœurs. Entre les Canales Anglais, toutes ces antipathies existent ; [, il n'y a aucune communion possible, pas lie de l'espérance; l'opposition de leurs 5 les suit et les divise jusqu'au delà de cette irs pensées ne se rencontrent pas même en au ciel, car ils n'ont ni la même foi, ni le >gme, ni la même église. La domination an- )it donc tomber au Canada, car elle a contre

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elle la logique de Tesprit et le sentiment du cœur, ^'homme et Dieu ! Cette domination croulera, et les Canadiens n'ont rien à faire, d'ici là, rien qu'à s*unir, à s'aider, à se coaliser par la pensée et par l'intérêt, à se serrer les uns contre les autres dans leur humble position de vaincus, jusqu'à ce que la main de Dieu, inscrivant l'arrêt de Balthazar aux palais britanniques, ordonne aux humbles de se lever et aux superbes de disparaître. Ce temps est plus proche que nous ne le pensons peut-être; au siècle où nous vivons, les jours sont gros d'événements, les mois valent des années. Vienne une guerre des États-Unis, ou de la France, avec l'Angleterre, et l'indépendance est acquise au Canada. L'Angleterre le sait, et la possession de ces provinces est pour elle une question d'amour-propre, plutôt que de nécessité nationale. Elle les défendra contre les attaques du dehors ou du dedans, tant qu'un intérêt plus grand n'absorbera pas son attention. Mais elle les sacrifiera, du jour où elle sera menacée au cœur par un danger sérieux, par un puissant adversaire. La politique est, en certains cas, au corps des nations, ce que la médecine est à celui des individus; elle a ses amputations nécessaires. Le Canada est, pour la couronne britannique, un membre gangrené que toutes les médications parlementaires ne sauraient plus guérir; elle le coupera, quand il le faudra, pour sauver ce qui est l'âme et le cœur de sa véritable puissance. « Attendez donc, Canadiens, et ne désespérez pas

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înir! La politique anglaise cherche à neutraliser vivace de votre nationalité par le mélange îDts contraires; on cherche à désunir votre ité en vous unissant à vos ennemis. Tentative Le levain impérissable de votre nationalité tera au sein de la masse dans laquelle on es- )us fondre; séparés jadis, vous allez être tous chés; il y aurait eu peut-être deux luttes, deux ndancesà conquérir pour les Canadas divisés; lais il n'y en aura plus qu'une. L'heure de ffranchissement sera la même pour tous. Mainlonc entre vous le lien qui fait votre force; ce îst votre langage. Défendez-le contre Tattaque ennemis, car il est votre Palladium. Sans lui, 'êtes plus un peuple, vous n'êtes que des indisans lui, vous n'êtes plus une milice, car il )as de milice sans mot d'ordre et d'armée sans u. Vos ennemis le sentent bien; aussi leurs présents tendent-ils à effacer de vos codes et i fronts ce signe inné de votre alliance. Unisjs pour le défendre et le perpétuer. Votre laniToilà votre arche sainte ; qu'il soit pour vous ibole de cette religion humaine dont la patrie l'idole ; qu'il soit à votre ferveur patriotique, îst l'Écriture sainte à la foi du chrétien!

i vous conviant à cette ligue, dont votre passé 3ase et votre avenir le but, ne croyez pas que parole ait en vue l'intérêt exclusif d'une nation comme nous, vous fûtes les fils. Non. La

France n'a pas besoin de conquêtes, au sein du Nouveau-Monde; elle n'en désire pas. Son ambition présente est une ambition plus noble ; sa mission est de briser et non de re forger des fers. La délivrance de ceux qui portent en eux son esprit et parlent sa parole, ne peut être pour elle que Taccomplissement d'un sacerdoce, et non le calcul d'une convoitise. Il ne saurait plus y avoir de colonies sur là, terre libre d'Amérique, il ne peut et ne doit y avoir que des nationalités libres, distinctes, indépendantes I Le seul lien qui puisse rattacher désormais le Nouveau-Monde à l'ancien, c'est la sympathie et la fraternité. C'est celui que la France s'efforcera toujours de maintenir et de [fortifier entre vous et elle ! »

Ce que je [prévoyais alors s'est réalisé. Le gouvernement anglais, désespérant de pouvoir défranciser le Canada et le faire anglais, a essayé de se l'attacher et de le dominer par le Haut-Canada ; seulement, il conçut, en 1867, un plan beaucoup plus large et plus libéral. Ce fut de réunir toutes les possessions de l'Amérique du Nord dans une confédération, ayant à sa tête un gouverneur général nommé par la reine, mais laissant à chacune d'elles le droit de s'administrer à peu près souverainement à l'aide de lieutenantsgouverneurs et de législatures particulières. Chaque province nomme, en outre, des députés aux communes, au congrès central d'Ottawa. C'était tout à la fois hardi et habile ; hardi, parce que c'était presque reconnaître en fait l'indépendance de ces colonies;

habile, parce que c'était rendre presque inutile pour elles cette indépendance de droit. Ce Dominion anglais se compose aujourd'hui de neuf provinces, celle de TOntario, de Québec, la Nouvelle-Ecosse (ancienne Acadie française), le Nouveau-Brunsvrick, rîle du Prince-Edouard, la Colombie britannique, le Monitoba, et les territoires du- Nord-Ouest et le Kecvaton. Le premier usage que le Canada français a fait de sa liberté a été de reprendre l'exercice légal de sa langue maternelle. Par cette concession loyalement exécutée jusqu'à présent, l'Angleterre s'est fait une colonie dévouée, d'hostile qu'elle était. Les idées d'annexion aux États-Unis qui avaient germé pendant longtemps chez les Canadiens opprimés, ont disparu presque entièrement chez les Canadiens devenus libres. Cela ne veut pas dire que cette éventualité ne se produira jamais. Mais si le Canada doit jamais rompre les derniers liens qui l'attachent à l'Angleterre, je crois que l'idée de conserver son individualité et son indépendance absolue, aura plus de partisans que celle d'une fusion dans l'Union américaine ; tel est, du moins, mon sentiment à l'égard du Bas-Canada, Quant à la partie haute, c'est différent. Les Anglais qui l'habitent n'ont pas les mêmes raisons de craindre une absorption par les Américains.

L'Angleterre a eu, du reste, le bon esprit d'envoyer au Canada des gouverneurs qui se sont rendus sympathiques aux Canadiens français. Lord Dufferin,

d'abord, puis, en dernier lieu, le marquis de Lomé, gendre de la reine Victoria, ont montré autant de sollicitude pour les intérêts canadiens que pour les intérêts français. Ils ont affecté de parler la langue française, dans toutes les cérémonies auxquelles ils ont présidé dans le Bas-Canada.

Le marquis de Lorne a même eu une idée très galante envers cette dernière province en formant le projet de fonder une Société royale du Canada^ qui serait une espèce d'Académie, dans laquelle les deux provinces seraient représentées à nombre égal par leurs littérateurs les plus renommés. Ce plan paraît lui avoir été suggéré par le succès très réel que le Canada a obtenu dans l'exposition internationale de géographie, tenue à Venise en septembre 1881. De nombreux prix y ont été décernés aux cartes et dessins de la commission géologique et aux auteurs de voyages et explorations géographiques, entre autres à M. Faucher de Saint-Maurice pour ses « Promenades dans le golfe Saint-Laurent », ses trois croisières dans le même golfe, et les souvenirs de voyage de « Québec à Mexico », de combats et de bivouacs, car M. de Saint-Maurice a été soldat, soldat volontaire dans l'armée française pendant la guerre du Mexique, en 1864. Le comte Viola, rapporteur de l'exposition de Venise, a félicité, au nom de la commission, les Canadiens « sur les progrès rapides et incomparables qu'ils ont fait faire à la géologie ».

A peine rentré à Québçc, à la, ^uite de cette bril-,

ampagne, M. Faucher de Saint-Maurice a )elé par le marquis de Lorne qui lui a fait \ son projet de création d*une Société royale ada. Il désirait que Télément français y fût înt représenté, et il chargea M. Faucher de laurice de lui présenter une liste des Canarançais qui pourraient en faire partie. Une { eut lieu à Montréal, à l'université. Mon-Gill, oms y furent soumis au choix du gouverneur, ffre indique le développement qu*a pris la des lettres françaises dans le Bas-Canada îndant, pour en avoir la mesure, il faudrait y les noms des écrivains et historiens décédés, ie F.-X. Garneau et d'autres. Le marquis de avait mis pour condition que chaque sociélevait avoir publié au moinb un livre; à e temps de là, le choix du gouverneur fixé sur dix-neuf littérateurs en dehors de Saint-Maurice.

i-ci, chargé de présider la première séance ection des lettres françaises tenue à Montréal, ciéré, dans un discours spirituel, les noms et es des vingt académiciens du Canada fran- ,n voici la liste.

norable F.-V. Chauveau, auteur d'un roman:

s Guérin, fait dans sa jeunesse, et devenu plus iputé de la province de Québec, puis ministre ;truction publique, sujet sur lequel il a écrit B rempli de documents précieux. M. Chauveau

a débuté dans la carrière politique comme correspondant secret de mon journal, le Courrier des États- Unis, à la suite de Tinsurrection canadienne.

L'honorable juge Routhier, auteur d'un livre A travers l'Europe et de Causeries du dimanche, P MM. Louis/îPréchette, le poète couronné récemment par l'Académie française ; Tabbé Casgrain, auteur des Légendes canadiennes, de la Jongleuse, etc.

Napoléon Bourassa, originaire de TAcadie, auteur de Jacques et Marie et qui est tout à la fois écrivain, peintre et sculpteur.

M. Oscar Dunn, dont le nom écossais cache une nature profondément française, auteur de Dix ans de journalisme et d'un glossaire canadien français, cité avec beaucoup d'éloges par Francisque Sarcey, dans ses études de linguistique.

Paul de Gazes, auteur de Notes sur le Canada, dont j'ai parlé plus haut et qui lui ont valu les éloges de la commission internationnale de Venise.

Hector Fabre, journaliste, chroniqueur très fin, devenu sénateur.

Joseph Marmette, auteur de Vlntendant Bigot, du Chevalier de Mornac et de François de Bienville, ces anciens preux de la Nouvelle France,

MM. Le Moine Suite et Tassé, auteurs de beaux livres sur les mêmes époques.

Les abbés Bois, Verreault, Tanguay et Bégin, archivistes et historiens.

Pamphile Le May, romancier, traducteur de YÈvanoréline de Longfellow.

)oléon Legendre, auteur de petits livres pour ace. •

rchand, député au parlement et vaudevilliste ) heures de loisir.

es vingt littérateurs canadiens français, le mareLorne a ajouté un nombre égal de littérateurs ants anglo-canadiens ; ce qui porte le chiffre des >res de la Société royale à 40, comme ceux de lémie française. Cette coïncidence n'a pas man- Têtre Tobjet de certaines épigrammes. « Cer- 1 personnes, dit M. de Saint-Maurice, et certains aux ont excercé leur verve sur nous, nous arant à l'Académie française. Je n'ai pas besoin us dire ici, Messieurs, ce que tous vous pensez le moi. Il n'y a qu'une seule académie au monde, l'Académie française. Notre société n'est qu'une 3n dont les débuts sont modestes. » Le Présia ajouté : « Nous sommes un jeune peuple, nous sommes un peuple de travailleurs. Voyez i se passe autour de nous. Notre horizon s'é- , notre pays grandit. De la Colombie anglaise à ouvelle-Écosse, une voie ferrée, qui comptera le une des merveilles du xix® siècle, va faire, n territoire à nous, le raccordement entre le Pae et l'Atlantique. Notre marine marchande ocle troisième rang parmi celle du monde entier, î commerce fixe l'attention du capital étran-

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ger... En avant! Courage et espoir dans l'avenir I »

De pareilles paroles sont douces à entend la bouche de descendants de Français. Par le qu'ils ont conclu avec une Société française de pour rétablissement d'un Crédit foncier canadi par les arrangements commerciaux qu'ils chercl faire avecnotregouvernement en dehors, ou plu sus de ceux qui existent entre la France et VA terre, les Canadiens essaient de se rattacher d^ en plus à leur ancienne patrie. Ils publient 34 naux et revues écrits en français et qui se pari comme suit : Province d'Ontario, à Ottawa ; pn de Québec 3 1 dont 8 dans la ville de Québec et < celle de Montréal ; dans le Maritoba, détacl Canada et pas un seul dans la Nouvellc-Écosse, ancienne Acadie ! Mais la ville de Shédiac, dî Nouveau-Brunswick a un Moniteur canadien, c pour consoler ses voisins déshérités. En somi Canada est une province que nous reconqi moralement au delà des mers.

La Louisiane en ferait autant, si elle était lit ses mouvements. Mais elle est prisonnière di américain dont le protectionnisme exagéré la forcément tributaire des industriels du Nord. î exportations y ont diminué, notre langue y a serve sa suprématie, et les Louisianais pour eux aussi, fonder, s'ils le voulaient, une sociét( crivains distingués en tous genres. J'en ai nommé deux, M. Alfred Mercier, auteur d'un r

Tique, intitulé VHabitatian Saint'-Ybar y et abbé Adrien Rouquette, prosateur et poète de lier ordre, écrivant dans les deux langues, et L reçu jadis les encouragements des Chateauid et des Lamartine.

ont été devancés l'un et l'autre dans la carrière ettres par M. Charles Gayarré, auteur d'une hisremarquable de la Louisiane, et qui, par d'autres s, a mérité d'être regardé comme le doyen des ateurs louisianais par l'âge et le talent, pourrais en citer beaucoup d'autres qui ont hodepuis quarante ans la presse française de la siane, MM. Cyprien Dufour, Placide Canonge, [ Limet et autres que j'ai été heureux de trouver [ne auxiliaires dans ma tâche patriotique. Ces îs sont un souveniraffectueux que je leur adresse.

gUEL EFFET PRODUISIT NOTRE REPUBLIQUE I A NEW-YORK.

J'ai déjà dit que les Américains avaient sans enthousiasme la nouvelle de la procla.m la République en France. Était-ce jalons:

mais ils ne nous croyaient pas mûrs pour vernement. Ils croyaient même que nous ni rions jamais. Cela me parut une impertinenc relevai vivement.

Les événements qui se passaient en Franc( réveillé en moi la nostalgie du pays endormi travail qui m'intéressait et m'avait valu, presse américaine, une situation aussi flattei mon amour-propre que profitable à mes inté révolution m'attirait comme tout ce qui est ; et mystérieux. Il se trouva précisément qu'un liste français de la Nouvelle-Orléans, M. Arp frit de m'acheter mon journal, à la condition

serais le correspondant parisien. Mes liens avec rAmérique ne seraient donc pas rompus. En outre, mon successeur conservait dans sa rédaction Eugène Masseras, que j'avais fait venir de Paris, et qui était devenu, depuis quelques années, mon collaborateur dévoué. Entre lui et moi, il y avait parfaite communion d'idées. Quant à son talent, il en donné la mesure à Paris, dans la France, dont il a été le rédacteur en chef, pendant la période écoulée entre Arthur de la Guéronnière et Emile de Girardin, et dans la Revue nouvelle j où il est aujourd'hui le principal auxiliaire de cette femme d'esprit et de cœur qui s'appelle Julliette Adam.

Pouvant ainsi conserver, en quelque sorte, une double collaboration dans mon ancien journal, j'acceptai les offres qui me furent faites, et je suis resté jusqu'à ce jour, sauf quelques lacunes, le correspondant politique du Courrier des États-Unis, devenu après quelques années, la propriété de M. Charles Lassalle, l'ancien chef de mon imprimerie et qui par conséquent était aussi l'un des miens.

Mon départ fut l'objet de manifestations les plus sympathiques, non seulement de la part de mes compatriotes, mais aussi des journalistes américains. Les conflits qui s'étaient élevés entre eux et moi, à mon début, s'étaient calmés, et les natifs eux-mêmes avaient fini par respecter mon indépendance. Us avaient accepté mes jugements souvent très sévères, trop peut-être, avec une tolérance qui ne se retrou*

verait pas ailleurs. Cest une justice et un honneur que je dois leur rendre. Le président des États-Unis lui-même, M. James Buchanan, m'envoya, avec ses adieux, la lettre suivante d'introduction auprès de M. Richard Rush, alors ministre des États-Unis à Paris.

« Washington, 4 mai 1848.

« Mon cher Monsieur,

« C'est pour moi un plaisir de vous présenter le porteur de la présente, M. F. Gaillardet, qui était dernièrement le propriétaire et rédacteur du Courrier des États-Unis. Vous connaissez sans aucun doute le talent remarquable qui a caractérisé ce journal sous la direction de M. Gaillardet. Je crois pouvoir vous dire que vous trouverez dans son ancien rédacteur l'intelligence combinée au plus haut degré avec la bienveillance, l'amabilité et des manières accomplies. Puis-je le recommander à votre gracieuseté et à votre attention.

< Recevez mes respects, etc.

« Votre ami, « James Buchanan. »

M. C.-J. IngersoU, membre du Congrès, écrivait à M. Rush dans des termes plus expressifs et plus flatteurs encore.

« A M. Rush, ministre des État-Unis, à Paris.

« Washington, 14 mai 1848.

« Cher Monsieur,

« Je donne spontanément à M. F. Gaillardet cette lettre pour vous, que peut-être il connaît déjà. Comme il quitte ce pays pour aller vivre en France et y reprendre ses travaux de littérature et de publiciste, j'ai cru que je devais vous exprimer, comme à un ami et à un compatriote, ma profonde conviction des avantages que le ministre américain en France peut trouver dans le talent supérieur de M. F. Gaillardet comme écrivain, et dans les connaissances, rarement égalées, qu'il a de notre politique et de nos hommes d'État. Ces qualifications sont combinées en lui avec des sympathies tout à la fois françaises et américaines, aussi inflexibles que sincères. Aucun journal américain que je connaisse n'a été conduit avec un talent et un succès plus eminents que son Courrier des États-Unis. Ses travaux dans la presse française peuvent être de la plus haute importance pour les relations intimes que les derniers événements de France peuvent mettre notre légation à même de faire tourner au plus grand avantage des deux pays. Je suis sûr que vous pouvez vous entendre avec M. Gaillardet comme pour ainsi dire, avec un collègue.

« Je suis tout à vous.

€ C.-J. Ingersoll,

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J'arrivai en France sous d'assez tr Quelques semaines après mon insta j'y fus témoin de l'insurrection de j début douloureux pour mon métier dant. Mais j'ai passé par des phase reuses encore, qu'il m'a fallu relater lecteurs du Courrier des États-Unis a^ dont je me suis fait une règle invarial peut-être quelque jour, en volumes série de lettres qui sont une histoire d( dernières années écrite au jour le jour des événements intérieurs et extérieur suis présentement qu'à mon arrivée et

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